mardi, 19 février 2008
[Télévision] Desperate moudjahidines
Desperate moudjahidines est une série afghane à succès, qui conte le quotidien de 4 moudjahidines et de leur guérilla, évoluant dans une banlieue pauvre de Kaboul. Leur vie, entre trafic de drogue, islamisme et infiltrations terroristes, est décrite sur un ton caustique qui laisse entrevoir les failles de l'Islamist Afghan Way of Life.
Personnages
Les quatre héros de Desperate moudjahidines vivent dans des bidonvilles plus ou moins délabrés, entre les kalashnikov et les ceintures d'explosifs.
- Hamid :
Hamid est le personage stable de la série. Marié à Djamilah, il exerce la profession de détrousseur d'ONG, pendant qu'elle s'occupe de leurs huit enfants. Hamid est parfois manipulateur pour conserver son poste de chef de foyer mais il a bon coeur. Les autres héros savent souvent se tourner vers lui pour sa logique et son habileté à trouver des solutions.
Après son passage dans l'Alliance du Nord et son combat contre la russie, Hamid a hérité du savoir-faire de la CIA en matière de torture et de manipulation. C'est tout naturellement qu'il devient le recruteur des desperates moudjahidines en enrôlant des jeunes orphelins de Kaboul.

Hamid
- Omar :
Spécialiste de la culture du pavot, Omar est le réactionnaire de la série. Malgré son apparence dure et son mépris à l'égard des femmes, des homosexuels et des occidentaux, Omar cache une âme sensible et une bonne volonté à toute épreuve. Il est également le fournisseur d'armes de la guérilla chiite/irakienne.
Dans la saison 2, Omar décide de renier son troisième fils, coupable de non-respect du prophète. Il le répudie et décide d'épouser en sixième noce Fatiah, qui est en réalité une espionne israëlienne (voir la saison 3, mais ne gâchons pas le dénouement).

Omar
- Samir :
Samir est le personnage le plus frivole de la série. Ancien taliban, il est réputé pour ses frasques saugrenues (pendaisons publiques, participation à des lapidations...).
Si Samir n'est pas à proprement parler le leader du groupe, il est celui qui apporte toujours de la bonne humeur, en racontant ses blagues sur les chiens d'infidèles ou en poignardant des femmes célibataires qu'il traite de prostituées.

Samir
- Cheik Sayd al'Awah Jadar :
Sayd est le foufou de la série. Célibataire déjanté, ancien chef de tribu membre de la Loya Jirga, Sayd élève seul sa fille depuis que sa femme Taslima a péri sous un bombardement américain. Il rencontre des femmes qui le séduisent, mais qu'il est ensuite obligé de lapider, ce qui donne lieu à de nombreux quiproquos.
Sayd est un peu l'étendard de la série, figure du chef de guerre traditionnel ayant sombré dans la folie suite à une vie de violence extrême et n'ayant plus aucun ressenti de la réalité. C'est le personnage le plus sympathique, auquel s'identifient le plus les intégristes afghans.

Cheik Sayd al'Awah Jadar
Histoire
- Saison 1
Dans la saison 1, nos héros rétablissent la charia de l'école déobandi. Omar détruit des bouddhas pendant que Sayd perd son meilleur ami Massoud.
Liste des épisodes :
- Pilote suicide
- Opium Akbar
- Explosifs à l'école
- Talibang
- KABOUM
- Massoud caustique
- Pakistan en folie
- OTAN en emporte le vent
- Kaboul et Bill
- Kabyle et boum
- Oussama pas l'air solide
- Le fabuleux destin d'une ispèce di counasse
- Tu m'lâche la kalash
Saison 2
La saison 2 est principalement axée sur le financement de la culture du pavot, le soutien aux guerriers irakiens et la guerre contre l'OTAN... Omar lapide un de ses fils pour sorcellerie après avoir trouvé un exemplaire d'Harry Potter, (traduction afghane), Hâri Pottaban à l'école déobandi.
Liste des épisodes
- Karzaï Banzaï
- Camping à Kandahar
- Ben Laden se démène
- Le mollah de la fin
- Zaher Chah ou la vie
- Mort sous les bombes
- You-quaïdi Al-quaïda
- Europe salope
- Ben Laden et les tchétchènes
- Torah pas ma barbe
- Scout à kaboul
- Dans la ligne de Samir
- Merguez explosif
- Jellabah tous les jours
- OTAN pour moi
Saison 3
Abdelwalid, le fils de Hamid, devient héroïnomane ; les quatre héros vivent nombre de mésaventures allant de la concurrence sur le marché du pavot aux problèmes familiaux, en passant pas trop loin des voitures piégées. Suite à l'idée de Cheik Sayd al'Awah Jadar, les quatre amis décident d'ouvrir un forum de discussion islamiste visant à l'instauration de groupes paramilitaires chez les jeunes musulmans d'Europe ( www.lépée-de-l'islam.org/barbe ; pour les hommes... et www.lépée-de-l'islam.org/bourkha ; pour les femmes).
Liste des épisodes
- Pierre qui roule n'Hamas pas Mousse
- Les jours Mossad
- Casbah Bomba
- Ça caille chez Karzaï
- Abou Mantir qui vient de loin
- Moucharrafat
- Benazir Bhutto Pinochet
- Bienvenue au Klash Club
- La secte des turbans volants
- Hamid mange un pavot
- Abdelwalid au pays des merveilles
- La petite couscoussière dans la prairie
- La face caché de la kippa
- Un Kebab à Kaboul
- Pas de bol pour le Hezbollah
Saison 4
Nos quatre amis font face à une concurrence d'un genre nouveau : des islamistes indiens, au style déjanté et aux techniques peu orthodoxes semblent vouloir leurs voler la vedette. Grâce aux ruses de Hamid, les 4 compères arrivent tant bien que mal à s'en tirer. Samir vend du matériel usagé aux canadiens, ce qui augmente drastiquement le nombre de morts par "accident".
Liste des épisodes
- Les badboys d'Islamabad
- Quel cul t'as !
- Shiva te casser la gueule
- Curry Bomb
- Bombllywood
- La delhi explosion
- Cacanada
- Un nain dien à Kaboul
- Samir, dans la mire du Cachemire
- Grotte 17 rue du foulard, Kaboul
- La moussama ben machine
- This is Madness !
- No ! This is Gazaaa !
- Le Delhi planète
11:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : television, desperate moudjahidines
lundi, 21 janvier 2008
[Television] L'obsession comique
TELEVISION : L'OBSESSION COMIQUE
Samedi 24 novembre, TF1 nous annonce pour son prime time une soirée placée sous le signe du rire avec un nouveau Top 50 du rire. C’est l’occasion de revoir, mis bout à bout dans un ordre arbitraire allant du moins bon vers le meilleur, cinquante extraits de films, émissions ou sketches déjà vus mille fois. Mais Jean-Luc Reichmann est évidemment en mesure d’expliquer pourquoi il n’est pas gênant de ne voir que des choses déjà bien connues : on ne s’en lasse pas. C’est toujours aussi drôle. Il faudrait être fou pour ne pas — ou ne plus — en rire. Comment résister en effet à Louis de Funès dans la Grande Vadrouille, à Marie-Anne Chazel dans Le Père Noël est une ordure ? Et Coluche n'est-il pas notre plus grand comique ?
Après le clown d'hôpital, le clown d'émission
Le comique, c’est l’obsession qui semble tarauder la télévision en ce moment, et plus encore à mesure que le moral des Français se dégrade. À peu près toutes les émissions se dotent de leur clown payé pour venir perturber leur bon déroulement en y mettant son grain de sel, le piquant qui permettra surtout à l’animateur de changer de sujet lorsque le débat s’enlisera. Les "humoristes" recherchés en ce moment, ce sont ceux que Jamel a malheureusement révélés dans son Comedy Club sur Canal+ : Thomas Ngijol vient faire ses vannes au Grand Journal de Denisot, et Fabrice Eboué, derrière un ordinateur, fait de l’humour sur les SMS que les téléspectateurs envoient à l’émission T’empêches tout le monde de dormir — pourtant, le simple fait d’envoyer un SMS pour participer à cette émission a quelque chose d’humoristique. Même les présentateurs de JT affichent un ravissement béat — voir à ce sujet Elise Lucet au 13 heures de France 2 — lorsque, après avoir rappelé que dans trente ans la Terre aura explosé, ils peuvent passer à une page plus légère avec le nouveau spectacle d’Untel. Untel est le plus souvent un des humoristes que la télévision adore qualifier d’impertinents simplement parce qu’ils critiquent un peu le pouvoir politique.
En promouvant perpétuellement des humoristes et en étant le média principal leur permettant de se faire connaître, la télévision digère ceux qui sont en mesure de l’attaquer, et leur fait prendre part au système. En glorifiant à outrance l’impertinence — qui n’est rien d’autre, dans le système télévisuel, que l’accident que produit une personne lorsque, oubliant d’être conne, elle commet un excès de pertinence — la télévision nullifie ses effets subversifs et la transforme en une institution au panthéon de laquelle on trouve Droit de Réponse, la regrettée émission de Polac, mais aussi Coluche, les Nuls, les Inconnus, ou encore les Guignols (mais pas encore Groland).
L'humour contre lui-même
L’humour est porté aux nues pour être mieux gardé sous contrôle et à distance. Privilégier Titof, c’est s’épargner Pierre Desproges. Et plus encore qu'à l’humour présent, c’est à l'humour passé que l'on voue un culte. Il est toujours de bon ton, lorsque se termine l’extrait où Thierry Le Luron fait chanter à tout un public L’emmerdant, c’est la Rose, d’avoir avec soi un comique du calibre de Didier Gustin pour regretter, l’air contrit, qu’aujourd’hui il ne soit plus possible de dire les mêmes choses. Pourtant, en rediffusant ces instants cultes, on reconnaît qu’il est toujours possible de tenir de tels propos. Mais on évite de prendre le risque de les tenir soi-même, et surtout de les adapter à notre époque. La mort de Jacques Martin, en septembre, a été l’occasion pour certains de nous abreuver d’images du Petit Rapporteur et d’assouvir leur besoin de dire quelque chose d’un peu rebelle sans avoir à l'assumer. Tout le monde s’accorde, dans une belle communion, pour pleurer le temps béni où tout était permis, sans jamais expliquer par la faute de qui plus rien ne l’est aujourd’hui. Sans compter l’un des grands avantages de l’humour passé : à force d’être exploité, si tant est qu’il ait eu un semblant d’impertinence, il n’en a plus aujourd’hui. L’esprit rebelle qui pouvait l’habiter à l’époque n’est rien d’autre, aujourd’hui, qu’une pensée conformiste. Lorsqu’un humoriste comme Coluche est aimé de tous, que lui reste-t-il de subversif ? Personne, pas même un des personnages politiques qu’il a pu ridiculiser, n’oserait dire du mal de lui. L’impertinence aujourd’hui, ce serait d’affirmer que Coluche était un con. Mais qui pourrait le faire, puisque Coluche a su trouver le meilleur moyen de légitimer tout ce qu’il pouvait dire de choquant en se lançant dans l’humanitaire ?
L'humoriste poussant une longue plainte pudiquement cachée sous la morsure cinglante de son humour ravageur, pour paraphraser Desproges, est adoré de tous. Jean-Marie Bigard, qui vient de faire paraître un livre, Rire pour ne pas mourir, dans lequel il révèle l'assassinat de son père, ne sera sans doute plus jamais vu comme un gros dégueulasse par ses détracteurs. Et les décédés Michel Serrault et Jacques Martin ont eu droit tous deux, suite à leur mort, à des éloges mettant bien souvent l'accent sur la blessure secrète que cachait leur masque de clown — avec l'avantage pour Martin que l'homme responsable de sa blessure soit aujourd'hui à la tête de l'Etat.
On est en droit de se demander ce qui coince et fait croire à tout l’univers télévisuel qu’un humour vraiment impertinent doit être évité. On pourrait rejeter la responsabilité sur Sarkozy et les craintes qu’il inspire mais ce serait, comme d'habitude, précipité et totalement absurde. Il faut plutôt regarder du côté des dirigeants et de ce qu’ils pensent devoir fournir aux téléspectateurs pour les attirer en masse. Visiblement, aux yeux de certains, un humour véritablement impertinent diviserait trop pour régner. Pourtant Groland connaît un succès croissant, même après quinze années d’existence. Et paradoxalement, le public semble unanimement regretter que la télévision ne prenne pas le risque de ne pas plaire à tout le monde.
00:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : television, humour, comique, obsession



