lundi, 31 mars 2008
[Pratique] Apprenez la guitare avec Panou - Parties V, VI, et Conclusion
V. Les Enchaînements Types
Une fois passé le cap de la découverte des accords, le tout est d'arriver à les enchaîner correctement de manière à reproduire des formules harmoniques simples qui, chez de nombreux artistes, sont basées le plus souvent sur le nombre d'or. Il est important de bien réaliser à quel point le choix de ces enchaînements vous permettra de briller en société en lançant quelque mélopée astucieusement choisie dans la discothèque idéale de l'inconscient collectif à n'importe quel moment d'une soirée amicale.
« L'important n'est pas de jouer beaucoup d'accords mais de choisir les bons... » Ghislain des Tambours du Bronx.
Voici donc pour vous ici révélés quelques uns de ces enchaînements types :
- En premier lieu, des enchaînement célèbres du showbiz :
Si-Si (impératrice)

Re-Mi sans Fa-Mi

La-Si (le chien)

Fa-Do

- Ensuite, notons que le football a beaucoup fait pour les enchaînements autour du Mi :
Mido

Milla

VI. L'Esbroufe
Nous voici arrivés au chapitre le plus important de cet exposé. Rien de tout ce qui a été énoncé auparavant n'aura effet si vous n'appliquez pas en parallèle les conseils fondamentaux sur la guitare qui vont suivre.
Sachez bien ceci si vous ne deviez retenir qu'une chose : la guitare, c'est que d'la gueule. Pour paraître un tant soit peu crédible quand on joue de la guitare à n'importe quel niveau, il faut connaître les attitudes, les gestes, les phrases, les habits qu'il faut adopter pour faire classe : c'est l'Esbroufe.
Fini les « Ce morceau, il est trop difficile pour moi, j'y arriverai jamais... », à bas les « Merde, j'ai fait une fausse note ! », sus aux « Maman, Maman, j'ai un concert samedi, faut vite que j'travaille ma guitare ! ». Voyons quelques éléments qui vous permettront d'oublier toutes ces tracasseries futiles.
- Le Look
Oubliez complètement les fondamentaux sur l'habillage que votre mère vous a inculqués depuis votre tendre enfance. Devenez un objet de désir en ouvrant par exemple votre chemise d'un ou deux boutons supplémentaires, en arborant au besoin une chaîne en métal précieux, n'ayez plus peur de prendre un pantalon quelques tailles en dessous au niveau des hanches et quelques tailles au dessus sur le plan de la longueur (notez que dans le cas des jeunes, vous pouvez complètement laisser tomber votre pantalon de manière à faire apparaître votre caleçon-shorty Calvin Klein. Attention, ça ne marche pas du tout avec les slips kangourous blancs).
Jouez le mystère en cachant vos yeux derrière une paire de lunettes noires quels que soient le temps ou l'éclairage.
Il est également impératif pour être un musicien crédible de se mettre à fumer, même si c'est pour crapoter des Royale menthol, pourquoi pas des cigarettes de drogue mais ça revient nettement plus cher.

- L'Attitude et les Gestes
Vous n'êtes plus n'importe qui : vous êtes musicien. C'est à dire que vous avez le pouvoir, la gloire, les femmes (l'argent, c'est différent, y'a pas mal de problèmes avec le changement de statut des intermittents et tout, mais ce n'est pas le sujet de toute façon). Donc, il faut que vous soyez désagréable, pédant, et que vous preniez un air tourmenté en permanence. En effet, imagineriez-vous Tom Yorke, le chanteur de Radiohead vous faire la bise en rigolant et en vous racontant qu'il a marché dans une merde de chien le matin même. Réponse : non. Ne soyez pas bons-hommes, vous vivez désormais dans votre monde et vous savez que les gens qui ne comprennent pas votre musique, votre art devrais-je dire, ne sont que de la crotte d'agneau.
Il est temps cependant de passer à l'acte car la foule, si petite soit elle (2 dames peuvent être une foule si elle sont accompagnées de 3 rois), vous réclame un morceau.
Après vous être fait prier un bon moment, choisissez l'endroit idéal. S'il est évident qu'il s'agit de la scène et des spotlights lors d'un concert, le choix est beaucoup plus subtil si vous êtes dans l'appartement du copain d'un copain. Recherchez un endroit où tout le monde puisse vous voir et vous entendre, qui soit joliment éclairé (lumière tamisée qui masque l'énorme point noir sur le coin du nez) et assez près des boissons comme le canapé par exemple.
Là, saisissez-vous nonchalamment d'une guitare et pendant que les filles viennent s'asseoir autour de vous (je dis « fille » car il est vrai que l'esbroufe à la guitare est une science à 98 % masculine), faites semblant de vous accorder en marmonnant quelques excuses rapport au froid et aux doigts engourdis mais nous y reviendrons dans le paragraphe suivant.
Le spectacle commence : grattez volontairement les 2 ou 3 accords que vous aurez pu apprendre en fermant les yeux (même si vous avez les lunettes de soleil), secouez la guitare en suivant plus ou moins le rythme de la chanson et -secret des secrets- couvrez au maximum le son de la guitare en poussant des cris ou des borborygmes bruyants comme « Yeah », « Allez », « C'mon », et même des « Awaguédoufoy » (plus risqués). Certains guitaristes tentent de couvrir le son malhabile voire franchement faux de la guitare en chantant par dessus mais c'est un exercice risqué. Il vaut mieux dans ce cas se lancer dans une sorte de solo en plaçant la main gauche au milieu du manche, en tirant fortement sur les cordes et en psalmodiant des « Wouh » énergiques avec une voix efféminée.

Quand vous interprétez des chansons, il est très important de vous mettre dans la peau du personnage de la chanson que vous êtes en train d'interpréter, tout en respectant les principes sus-énoncés de l'esbroufe :
- Pour « Le petit ourson »

- Pour « Pas de bras » (je ne sais pas si cette chanson existe, mais ça vous donne une idée)

- Pour « Anti-social »

- Les Excuses
A partir de maintenant, vous avez toujours raison. Quoi que l'on vous dise, répondez n'importe quoi mais avec un aplomb déconcertant et en ayant l'air infiniment convaincu de ce que vous avancez. En effet, comme vous devenez la star du moment, un tas de questions vont fuser : « T'as un groupe ? », « C'est pas trop dur d'apprendre la guitare ? », « Qu'es-ce que tu penses du dernier Lorie ? ». Soyez flous et distants dans vos réponses pour entretenir la magie : « J'avais un groupe mais j'ai préféré arrêter avant... », « J'ai pas vraiment appris la guitare, c'est plutôt elle qui m'a apprivoisé... », « Lorie, c'est d'la merde »(d'une manière générale, dénigrez tous les styles de musique que vous êtes incapables de jouer à la guitare).
Ensuite, abordons les moments où le public pourrait émettre une quelconque réserve quant à votre talent pur :
- Il n'y a plus de fausses notes mais des « harmonies modernes »
- Il n'y a plus de trous de mémoire dans la partition mais des « respirations musicales »
- Il n'y a plus d'erreurs rythmiques mais des « breaks freejazz » ou des « mesures à 3, 5 temps »
- Il n'y a plus de morceaux moches mais des « chansons qu'il faut voir sur scène pour les apprécier vraiment » ou des « chansons qu'il faut écouter sur disque » (si vous êtes sur scène)

N'hésitez pas non plus à répondre ou même déclamer sans qu'on vous le demande des phrases à forte valeur symbolique, que ni le commun des mortels, ni vous-même d'ailleurs, ne puissiez complètement expliquer :
- La musique n'est ni rouge, ni bleue, elle est plutôt le contraire...
- Jouer, c'est monter pour mourir comme l'aigle et renaître descendre comme le phénix...
- L'instrument mais la musique dit toujours la vérité...
VII. Pour conclure
Nous avons tenté de débroussailler ensemble quelques uns des travers que vous rencontrerez en vous frottant au monde merveilleux de la guitare mais rien ne vaut bien-sûr l'apprentissage par la pratique, devant des vrais gens puisque tout le propos que nous avons tenu se dirigeait uniquement dans ce sens dans la mesure où l' Esbroufe par exemple ne présente un intérêt que très limité si l'on reste tout seul chez soi.
Je vous souhaite donc un apprentissage pavé de joies et de rencontres dans le monde merveilleux de la musique.
L'auteur tient à remercier Pierrick, son poto, qui s'est prêté au petit jeu des photos avec joie et sensualité... RrrRr, grand fou va !

22:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : pratique, apprentissage, guitare
dimanche, 30 mars 2008
[Pratique] Apprenez la guitare avec Panou - Parties III et IV
III. S'accorder
On s'en fout, y'a des appareils pour ça.
Et puis de toute façon, si vous n'y arrivez pas, il faut changer d'instrument et c'est tout (comme le gars qui s'est incrusté sur la gauche, là).
IV. Les Accords
La guitare est un instrument polyphonique, c'est à dire qu'elle peut produire plusieurs sons simultanément, c'est ce qui la distingue par exemple de la clarinette (purée, je crois que c'est la phrase la plus sérieuse que j'ai dite depuis 2 ans !). On peut donc jouer des accords, c'est à dire les trucs pas trop compliqués qui vous permettent assez vite d'entonner du Hugues Aufray ou... pas.
Quelques accords faciles :
- Mi Majeur

- Sol Majeur

- Fa Majeur

Quelques accords plus riches :
- Sol mineur

- Do de majeur

- Mi-mineur

Certains accords deviennent franchement techniques :
- Sibm7M7

D'autres encore sont même carrément réservés à une élite :
- Sol#m7/b5/9èmedim/réb dit aussi « accord de Schengen »

15:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pratique, apprentissage, guitare
samedi, 29 mars 2008
[Pratique] Apprenez la guitare avec Panou - Parties I et II
I. Les Origines
Il y a un sacré bail de cela, la guitare fut inventée par les Vietnamiens qui cherchaient à jouer au tennis alors qu'ils n'avaient pas encore trouvé l'objet adéquat. Ils ébauchèrent quelques formes en bois mais l'objet qu'ils avaient alors imaginé était grossier, relativement lourd et surtout troué en son centre, ce qui n'était pas pratique. Afin de masquer cet orifice béant, ils décidèrent d'adjoindre à leur œuvre un cordage ; la guitare était née.
Bien que l'on n'ait pas compris tout de suite l'étendue des vertus musicales de l'objet, elle connut immédiatement un franc succès populaire dans tout le Viêt-Nam. D'ailleurs, quand on demandait à ses habitants ce qui faisait la fierté de leur pays, les mots viêts étaient les suivants : « La guitare et les criques ! »
Quelques années s'écoulent. Quelques siècles, c'est cool aussi. Rapportée d'Extrême Orient par Marc Opolo, le rital qui inventa le tourisme, la guitare arriva à la cour du roi Mario XXIII qui avait financé son long périple. Impatient de découvrir tous les précieux trésors qu'Opolo avait ramenés avec lui, il s'enquit : « Cual a raportato tutti ? » et notre aventurier de répondre, un peu gêné : « Solo guitare... ».
Le Temps fait son œuvre et la guitare devient un instrument prépondérant dans toute la musique occidentale parvenant même jusqu'en Amérique où les progrès bondissants de la science viennent sans cesse améliorer la facture de ce mélodieux objet. Ainsi, vers 1923-1987 apparaît la « guitare Classe X », un modèle révolutionnaire puisque le manche est remplacé par une planche de bois et les cordes par des roulettes : c'est la naissance du skate-board mais nous traiterons de cet autre objet (qui n'influença la musique qu'au travers de groupes tels que Linkin Park ou Sum 41) une autre fois.
II. Généralités
La guitare est donc un instrument le plus souvent en bois. Mais elle ne fait pas pour autant partie de la famille des bois en musique. Car en plus d'être en bois, elle possède 6 cordes en nylon ou en métal, du cuivre par exemple. Cependant, la guitare ne fait pas partie non plus des la famille des cuivres. C'est bien à la famille des cordes et plus précisément les cordes pincées auxquelles la guitare appartient, à l'inverse de toutes les blagues que j'ai pu glisser dans cet article qui, elles, appartiennent plus volontiers à la famille des vents.
Avant tout, pour jouer de la guitare, il est bien évident qu'il faut s'en procurer une. Le plus simple est souvent de s'en faire offrir une à Noël car ça revient ainsi considérablement moins cher.
Quand vous écrirez au Père Noël, faites bien attention à ne pas commander une guitare trop grande.

Ni bien-sûr une guitare trop petite (ce serait con).

L'idéal reste le plus souvent les guitares à la bonne taille.

Attention, si une guitare a des touches blanches et noires, qu'elle clignote et qu'il en sort un son de crin-crin merdique, c'est qu'il s'agit certainement d'un synthétiseur.

Pour jouer de la guitare, on a recours à d'autres objets bien pratiques.
- le médiator ou onglet, encore appelé plectre mais aussi triangle en plastique, ou bidule.
Il permet à la main droite de gratter les cordes de manière très sonore et rythmée (ex : « waouh, c'est vachement entraînant c'que tu joues Pierrick, tu dois avoir un médiator !... »
Cet objet est fortement conseillé quand on veut se produire devant une assemblée d'amis, pendant la messe dominicale ou pourquoi pas lors d'un concert si vous avez la chance un jour de faire partie d'un orchestre de jeunes.

- le capodastre ou bidule n°2.
Il permet de...ou plutôt on le met sur la guitare afin de...enfin disons que ça sert en fait à...
Bon, j'avoue, j'ai jamais bien compris à quoi ça servait mais depuis que j'avais vu Maxime Le Forestier en mettre un à sa guitare dans les émissions de télé, j'ai trouvé ça super classe, or, vous verrez plus tard au chapitre consacré à l' « Esbroufe » que c'est finalement ça qui compte le plus.
Le capodastre se place perpendiculairement au manche de la guitare de manière à bloquer toutes les cordes


Fais attention gros maladroit !!
13:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pratique, apprentissage, guitare
mercredi, 13 février 2008
[Pratique] Mini tutorial : Comment faire un reportage de journal télé pourri

Les journaux télé c'est formidable, grâce à eux tous les jours à 20h on a droit à notre mini film d'horreur pour de vrai. Il n'y a pas une seule seconde de répit entre les terribles émeutes pleines de vilains assoiffés de sang qui brûlent des voitures, le prix du baril qui s'envole tellement qu'on va tous devenir le tiers monde et le réchauffement climatique qui va nous obliger à apprendre rapidement la brasse... avec un tel régime les seules personnes qui peuvent rester optimistes carburent au Prozac. Mais là où c'est vraiment génial c'est qu'il y en a pour tous les goûts, pas de jaloux ; ainsi, si vous aimez bien les Chicken Nuggets et bien vous l'avez dans l'os avec le H5N1, ou encore si vous êtes un mioche c'est rebelotte dans les fesses avec les jouets en plastique Chinois pleins de mercure qui tue ! Avec un peu de chance on apprendra bientôt que taper sur un clavier provoque une gangrène des doigts, ou que regarder un beau paysage trop longtemps ça fait tomber les yeux, méfiance !
Mais attention, bien faire flipper les gens n'est pas chose aisée, il faut arriver à toujours voir le côté négatif des choses, à manipuler les propos des gens et savoir faire de beaux montages branquignoles qui sèment le doute et la paranoïa. C'est pourquoi j'ai décidé de faire ce petit tutorial pour aider tous les futurs reporters à faire de beaux sujets bien merdiques qui feront flipper dans les chaumières.
BIEN CHOISIR SON SUJET
La première étape, et aussi la phase la plus importante de tout reportage merdique qui se respecte : trouver un bon sujet ! Pour ça la règle est simple : « plus ça fait peur, mieux c'est », il n'y a donc pas 36 solutions pour trouver l'inspiration, il faut passer toutes les dépêches (AFP et compagnie) au filtre « Dépression +4 », les saupoudrer d'un soupçon de « Paranoïa + 2 » puis les laisser mijoter quelques minutes dans une grande marmite de « Complot international qui nous veut trop du mal, surtout dans les fesses ». Une fois cette petite recette effectuée il ne reste qu'à trier le tout et choisir les dépêches qui feraient chialer même un hérisson bulgare dopé aux LSD (Les hérissons bulgares, surtout les drogués, sont du genre à faire la fête après avoir vu toute leur famille mourir noyée dans une flaque de vomi, c'est vous dire leur résistance). Pour bien comprendre cette « recette à la flipette » je vous propose un exemple fictif tout simple :
- Dépêche de l'agence « On-népréssé » : Le fabriquant de Claviers "TNAM" a dû rappeler une partie de ses claviers de type "IHDINDIEN". Ceux-ci auraient un défaut dans la fixation des touches, elles se détacheraient si l'on appuie trop fort dessus.
- Passage à la moulinette « Arg Paranoia » : Le scandale des Claviers "TNAM" ! Suite à un défaut de fabrication les touches des claviers de type "IHDINDIEN" se détachent et risquent de crever un œil des utilisateurs !! Le danger est réel et si vous devenez borgne faudra pas venir pleurer avec l'oeil qu'il vous reste et dire qu'on vous aura pas prévenus. Certaines sources, qui ont préféré rester secrètes par peur de représailles, parlent même d'un possible complot d'Al Qaida !
Bon là c'est un peu exagéré (sans déconner ??!), faut être légèrement plus subtil, mais c'est l'idée. En plus tout y est, le complot, les salauds de terroriste et notre quotidien mis en danger par un objet anodin pour accroitre encore la paranoïa.
Pour être aussi efficace que possible, l'idéal est bien entendu de choisir uniquement des sujets technologiques histoire de maximiser le nombre de personnes qui n'y entravent rien et qui auront donc plus facilement peur. Ba oui, la peur de l'inconnu ça marche toujours très fort, comme nous le prouvent sans cesse les beaux reportages ayant pour thème l'Internet de tous ses dangers.
Bien évidement certains sujets fonctionnent bien mieux que les autres, en voici quelques classiques qui font toujours leur petit effet :
- La menace terroriste qu'on sait pas quand elle arrivera, ni où, mais qui fait très très peur aux experts. L'avantage de ce thème est que l'on peut faire un sujet en partant de zéro très facilement, il suffit de citer un agent qui, comme il est secret, veut rester incognito et qui va dire qu'une menace terrible nous pend au pif. Pour parfaire le tout il ne reste plus qu'à ajouter quelques vidéos avec des sous-titres en arabe (dans l'inconscient collectif : écritures bizarres avec un alphabet pas comme du français de France qui sent bon de la bouche = salauds de terroristes... bien sûr il ne faut surtout pas traduire les textes, on pourrait s'apercevoir que c'est juste Polo qui demande à son pote Dédé sur MSN s'il veut faire une partie de Solitaire en réseau), et le tour est joué.
Voici un exemple en vrai de vrai
Tout y est c'est magnifique : la CIA, Internet (le Mal absolu), et bien entendu des vidéos avec plein d'écritures étranges. C'est tout un art de faire peur avec presque que du vent quand même (je dis presque parce que bon oui les terroristes existent mais c'est pas Jojo le citoyen lambda qui va pouvoir les arrêter donc pourquoi effrayer tout le monde avec ? C'est un peu comme dire « Attention tu peux mourir d'une astéroïde sur la gueule » certes c'est vrai mais même en regardant tout le temps le ciel on ne peut pas l'éviter alors pourquoi s'angoisser d'avance de ce qui ne nous est pas encore tombé dessus, qui ne nous tombera probablement jamais dessus et qui reste quasi inévitable si le destin a décidé de faire chier !!).
- Les salauds de chinois qui font rien que piquer le entreprises des braves Français et qui se préparent à nous péter la gueule. Ce sujet marche bien vu qu'on connaît finalement peu de choses de la Chine, ça permet de raconter tout et n'importe quoi, c'est chouette.
- Les cours de la bourse en chute, là encore c'est un bon sujet vu que personne y pige grand chose à ces histoires de gros sous et de CAC 40 qui vaut même pas 40. Et puis voir des gens brailler dans des salles gigantesques pleines d'écrans, ça fait toujours son petit effet.

- Enfin, sujet très à la mode, le réchauffement climatique. Là il suffit de parler de la moindre tempête « qu'on n'en a pas une comme ça depuis 20 ans » dixit Jean-Robert le doyen d'un village paumé, et hop, flipette garantie pour pas cher. Tiendez un exemple, désolé c'est encore TF1, j'essaie de chercher du côté d'autres chaines mais ils arrivent pas à faire aussi violent dans la nazerie : ici
Là encore tout y est, le « OMG il fait 13°C » et le témoignage d'un apiculteur du Puy de Dôme, que demande le peuple (qui a dit « de la crédibilité ? »).
Bref, avec tout ça il y a de quoi remplir facilement un JT par jour.
COMMENT TRAITER SON SUJET
On peut le traiter de sale con mais ça ne fait pas avancer les choses...
CHOIX DES IMAGES :
Ça c'est relativement simple à faire, il suffit juste de choisir autant que possible les images les plus trash possible. Par exemple si le sujet est sur une guerre obscure dans un pays bizarre, il faut balancer un maximum de cadavres, et s'il n'y a aucune image de cadavres à disposition il est possible, au choix (voire en combo), de montrer des traces de sang sur les murs/routes, d'aller dans un hôpital filmer des mutilés ou des opérations de l'appendicite voire carrément rechopper des images d'archives... après tout, un cadavre dans un pays d'étrangie ressemble tellement à un autre cadavre. Ensuite il ne reste plus qu'à saupoudrer le tout d'images de soldats qui tirent ou qui roulent dans leurs gros blindés pleins de testostérone et vous avez un beau sujet d'investigation plein de danger qui contiendra plus de violence que n'importe quel jeu vidéo, le tout à 13h pour bien s'ouvrir l'appétit.

Si votre sujet porte sur de la finance, à vous de faire péter les images de graphiques avec une pente qui descend dans les tréfonds de la Terre pour bien montrer à quel point on est mal barrés. Des images de courtiers en bourses qui chialent ou qui font dans leurs frocs en matant des chiffres obscurss ça marche toujours également.

Pour le reste je vous laisse vous débrouiller c'est relativement facile une fois qu'on a pigé le principe.
LES TEMOIGNAGES :
Point extrêmement important, les fameux témoignages micro-trottoirs qui ne servent à rien d'autre qu'à remplir un reportage avec plein de gens qui parlent pour ne rien dire. À vous donc de faire péter les experts en rien du tout, qui vont confirmer que « Oui oh la vache on est trop dans la merde quoi ! », les braves gens qui vont parler de leur voisin qui est coupable (bah oui, la présomption d'innocence on s'en torche les fesses bien joyeusement dans les médias) du triple meurtre sauvage de 5 hamsters du galapagos et qui vont tous dire systématiquement la même chose « Ah bah je comprends pas, il était gentil et discret pourtant, je suis trop surpris dedans mon corps !! On peut plus faire confiance à personne ma bonne dame »... bref, plus ça sert à rien, mieux c'est.
Il est aussi possible de facilement manipuler ce que disent les gens en coupant aux bons endroits leurs interventions. Ainsi, interrogez un expert en sécurité informatique sur les dangers du net et il vous répondra : « Mouhahahahahaha, certains disent que l'on peut facilement rendre malade des gens en leur envoyant un virus informatique mais c'est du gros n'importe quoi, c'est strictement impossible ! ». Ensuite, il suffit de sélectionner uniquement « On peut facilement rendre malade des gens en leur envoyant un virus informatique », et hop !!
AUTRE ASTUCE :
Une astuce bonus ; pour faire flipper dans les chaumières il existe une technique très utilisée et fort simple : L'exemple qui sert de généralité !! Bien sûr il faut s'arranger pour trouver l'exemple le plus extrême possible, pourquoi se contenter d'une coupure au doigt quand on peut avoir un écorché vif ?? Ensuite cet exemple permettra de dire "Vous voyez que c'est hyper dangereux INTERNET/LA GUERRE/LES CHINOIS DU FBI" et de conclure par un "PERSONNE N'EST A L'ABRI". Cet technique s'illustre magnifiquement dans ce reportage de France 2 sur « internet c'est trop dangereux, même qu'on en meurt !! », comme ça pas de jaloux !
Saletés de geeks qui aiment pas qu'on leur coupe Internet ! Si c'est arrivé à un gars ça veut dire que personne n'est à l'abri, FEAR !!
Voilà, avec ces quelques petits conseils (c'est pas un mini tutorial pour rien, flemme oblige) vous devriez être en mesure de pondre deux trois magnifiques reportages sur UN DANGER X qui menace LES HONNETES GENS/LA FRANCE/LE MONDE de UNE MORT AFFREUSE/UNE LENTE AGONIE/AUTRE TRUC DOULOUREUX QUI FAIT MAL !!

Non, cette image n'a aucun rapport avec le billet...
23:24 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pratique, reportage, télé, pourri



