dimanche, 06 avril 2008

[Portrait] Le blogueur

Les nouvelles trouvailles technologiques nous permettent chaque année de repousser un peu plus les limites de bêtise humaine. Il y a en ce moment les baladeur mp3 que l'on porte autour du cou. Les vaches ont une cloche, les bœufs un lecteur mp3, avec dedans 99,9% de contenu illégalement téléchargé... Mais il y a bien pire que ça.

Quand Internet explosa vers 1998/99, il était de mise de créer sa propre page perso, racontant sa vie avec de nombreuses photos illustrant son bonheur familial (marié par dépit, deux gosses qu'on a pas réellement voulus...), sa réussite (enfin un CDI et 1000€ par mois net, il va pouvoir se lancer dans trente ans de crédit pour une cage à lapin plantée dans un champ de patates...) ou ses orgasmes en direct pour les plus coquins. Maintenant que ces fameuses pages persos au code bancal, truffées de fautes, de gifs animés, de couleurs baveuses et dont le compteur n'a jamais dépassé plus de deux chiffres en cinq ans (seuls les Japonais produisent encore, et avec le plus grand sérieux, des sites sous cette forme), ont rejoint la panoplie du parfait ringard, il fallait trouver quelque chose de mieux pour inaugurer ce nouveau millénaire. C'est chose faite : voici le blog.

Véritable phénomène de société, ce qui nous démontre une fois de plus à quel point nous sommes malades et névrosés, les blogs sont des journaux intimes virtuels, mais publics cette fois-ci. Et oui, avant, les journaux intimes à l'ancienne se tenaient sur un carnet de papier. Les nunuches solitaires étaient leurs plus grosses clientes. Jour après jour, se mettant en mode < CALIMERO ON >, notre future maniaco-dépressive couchait sur son papier bleu ciel, à l'encre sentant la framboise, ses angoisses existentielles (« Bouh, que vais-je avoir comme cadeau pour mon anniversaire ? »), ses nombreux films faits sur un garçon vu de très loin (« il m'a parlé aujourd'hui !!! Il m'a dit: « Pousse-toi! », je suis sure qu'il veut qu'on couche ensemble tous les deux, hi hi hi! »), ses découvertes du sexe (« avec trois doigts, c'est encore meilleur ! ^^; »), quelques poèmes merdeux et autres collages de photos de chanteurs à la mode découpées fébrilement dans un Ok-Podium. Elle fermait ensuite à clé ce confident muet puis le planquait sous son lit, priant inconsciemment que sa mère ne le découvre un de ces jours en passant l'aspirateur dans sa chambre au papier peint dégoulinant de motifs roses. C'était grotesque, mais personne n'en entendait jamais parler. Le mot intime prenait tout son sens. Terminée la pudeur désormais ! Les blogs ont un grand point commun avec la télé réalité : le déballage de la vie privée devant tout le monde ! Le principe n'a tout de même pas trop changé: journal intime de papier ou blog virtuel sur le web, c'est le même appel au secours qui s'en dégage. La solitude, le besoin de parler, d'exister, de se confier et le manque de communication en général, se soignent à coup de blog de nos jours.

Les blogueurs se livrent intégralement. Leur prose est une sorte de miroir de leur âme. En les lisant, on comprend de suite à quel point ils se font chier dans la vie. Il s'en dégage un incroyable sentiment de vide, de gâchis, de perte de temps. Un trou noir abyssal qui vous aspire le cerveau. Ils ne sont rien, il ne se passe rien dans leur quotidien mais ils tiennent tout de même à le faire savoir au reste de la planète ! Une raconte ses derniers achats en fringues ou maquillage, l'autre affiche ses dessins moches que personne ne voudra jamais ; un utilisateur lambda expose les photos de ses amis qu'il voit tous les jours à la fac, untel raconte ses rêves faits pendant la nuit... La même réflexion revient à la lecture de ces vortex virtuels : « Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre ???? ». Quand on a rien à dire, on devrait fermer sa gueule, disait Coluche. Si ce judicieux conseil était appliqué à la lettre, les blogs n'existeraient pas, et ça nous ferait des vacances. Peut-être que cela nous priverait aussi de quelques nombreux fous rire et autres sentiments de pitié devenus si rares dans notre société insensible.

Pour meubler les pixels vides entre deux phrases aux fautes indescriptibles, nos blogueurs adorent poster des photos prises avec leur numérique reçu à Noël. On flashe tout : la portée de clébards fraîchement nés, la chambre, un goûter minable entre loseuses, le panneau de publicité municipal en face sous la neige, certaines vont même jusqu'à prendre en photo ce qui passe à la télé. 20 ans de technologie numérique pour en arriver là...
Qui est le public de notre blogueur ? Lui-même déjà, c'est lui qui fait le plus tourner son compteur en se rendant des dizaines de fois par jour sur son blog afin d'y lire d'éventuels commentaires. Ensuite, son entourage le plus proche. Ses rares amis de classe, sa famille, et basta ! On tourne sur moins de 10 personnes et les commentaires ne sont que des private jokes à deux balles... Fascinant!

Le blog ne dure pas bien longtemps, moins d'un an en moyenne. Il est très vite abandonné par manque d'envie. L'excitation de la nouveauté s'est émoussée et puis surtout, écrire, même en SMS, c'est chiant pour notre blogueur. Il préfère nettement causer dans son téléphone. Celui qui inventera les blogs vocaux sur portable fera fortune auprès des cons. Parfois, il l'abandonne brutalement et kille le compte après avoir lu des commentaires sévères sur sa non-existence et/ou ses dents jaunes. Il expose sa vie sur la place publique mais espère secrètement que personne ne la lira...
Le seul désavantage majeur des blogs classiques est le manque de choix de polices de caractère. Avec de l'Arial ou du Verdana, les pauvres filles ne peuvent pas faire de petits ronds, voire même de petits cœurs, sur les i comme elles ont l'habitude de le faire depuis toujours dans leurs rédactions. Qu'importe ! un lien menant au trailer du prochain Walt Di$ney ou le site officiel d'Harry Potter et la connerie humaine refait de nouveau surface. Chassez le naturel...

Les blogs les plus hallucinants sont chez Skyblog, une filiale de Skyrock. Il était clair que vu la provenance, la clientèle n'allait pas être des prix Nobel. Skyrock participe activement depuis quelques années, et avec succès, à la lobotomisation de la jeunesse d'aujourd'hui. Les parents-beaufs regardent TF1, leurs gamins-beaufs écoutent Skyrock. Des holocaustes quotidiens de neurones...
On trouve chez eux le plus incroyable ramassis de dégénérés de la nouvelle génération revendiquant haut et fort leur inculture crasse. Skyblog est la poubelle virtuelle de la jeune génération : pleine de déchets nauséabonds et non recyclables. Au cours de nos pérégrinations, jamais nous avons vu, pour l'instant, un Skyblog intelligent, avec du fond et une bonne maîtrise du français de la part de son créateur, jamais (et c'est pour cela que nous sommes certains, malgré nos comptes skyblogs, à vouloir changer la donne.. le public n'est malheureusement pas forcément prêt à lire des choses intéressantes ou instructives, visiblement) ! Admirez la finesse des slogans de leurs bannières de pub pour des services téléphoniques surtaxés: « T'as envie de choper ? », « Micro-pénis, poitrine trop plate, tu te trouves mal foutu(e), qu'en pensent les autres ? », « T'es pudique ou exhibo ? », « T'es premier(e) de la classe et personne te parle ? »... Pour Skyrock, avoir de la culture est une honte. Ça doit même être un critère de non sélection pour devenir animateur chez eux quand on les entend le matin... Génération d'abrutis et également de voleurs puisque neuf fois sur dix, les articles postés sur les Skyblogs sont des copier-coller effectués sans accord et venant de portails et autres sites originaux. De toute façon, avec Skyrock, qui est la radio du rap, les voleurs ne pouvaient pas être bien loin...

Paradoxe total ! Le blog est fait pour raconter sa vie mais ceux qui en tiennent un n'en ont pas du tout. Quant aux autres qui en ont une, ils n'ont pas le temps de la déballer car trop occupés à la vivre.

vendredi, 15 février 2008

[Portrait] La fan de Tokio Hotel

Les 10 commandements de la fan de Tokio Hotel :

- En gothic lolita, tu t'habilleras.
- Le visual rock, tu aimeras.
- Harry Potter, tu liras.
- Un Skyblog, tu tiendras.
- Le vrai rock, tu ignoreras.
- Sur des mangas yaoi, tu te toucheras.
- A la Star Ac, tu iras.
- « Biiiiiiiiiiiiiiiiiiill », tu crieras.
- De cadeaux ridicules, tu le couvriras.
- Ton cerveau, tu flingueras.


Cette charte doit être signée et appliquée par toute fan qui se respecte. Si elle ne le fait pas, elle sera alors considérée comme une fausse fan et ce sera pour elle la punition suprême, car la fan de Tokio Hotel est sûre et certaine que Bill vérifie toutes les signatures, le soir, après le concert...
Il faut aussi dire qu'elle est persuadée qu'il la connaît, conserve tous les cadeaux qu'elle lui offre et lit toutes ses lettres mais qu'il est trop timide pour lui dire qu’il l’aime aussi, sinon il serait déjà venu l'enlever de chez ses cruels parents habitant un petit loft vétuste de huit pièces en plein cœur du 16ème arrondissement de Paris...

La fan de Tokio Hotel a entre 8 et 14 ans. Si elle a plus, ce qu’elle est irrémédiablement foutue et surtout très vilaine. Fantasmer sur des idoles quand on découvre ses premières traces sanguinolentes dans sa culotte Hello Kitty, c’est normal. Mais quand on est en âge de choper une mononucléose et qu’on continue à perdre ses eaux devant la photo d’un palmier humain, c’est qu’il y a un problème. Et le problème vient souvent du manque de sex-appeal de la fan : obèse, sac d’os, boutonneuse, sans courage, capricorne, etc... Ça aide pas à se trouver un petit copain. Au moins, le poster de Bill ne lui dira jamais qu’elle est un tromblon imbaisable. Amusant de constater que cette absence de sex-appeal la mènera un jour ou l’autre au sexe à piles...

La fan de Tokio Hotel ne connaît du groupe que Bill Kaulitz. C’est l’avantage d’être le chanteur : toujours devant la scène et aucun instrument à transporter après le concert. Les autres membres ne sont là que pour la décoration pour elle. Et puis, ils sont moches.
Bill Kaulitz. Le nouveau phénomène des cours de récréation des écoles primaires et de quelques collèges. Phénomène n’est pas un mot exagéré, car c’en est vraiment un, mais de foire. Entièrement osseux et creux, son corps offre une très faible résistance au vent, c’est son plus gros point faible, en dehors de sa lobotomie, c’est pour ça qu’il ne va jamais donner de concert en Bretagne. Ça souffle trop là-bas.
Se faisant maquiller et coiffer par des entreprises de BTP, Bill change d’apparence suivant l’habileté du type chargé de faire fonctionner la bétonneuse... Un véritable caméléon ! Parfois, on croit avoir affaire à la petite sœur de Brian Molko, d’autres jours à Gohan devenu gothique... Plus généralement, et surtout au réveil, Bill ressemble à une flaque de vomi de porc, séchée.
Bill n’est pas un chanteur mais un mime. Personne ne l’a jamais entendu chanter en vrai vu que ses fans hurlent sans arrêt en concert, couvrant ainsi sa voix. C’est bien peinard pour lui, il n’a qu’à faire semblant de chanter, ses copains derrière semblant de jouer, et attendre comme ça pendant une heure en exhibant ses os. Ce sont les fans qui font le spectacle et elles payent pour ça !
Bill, c'est un peu une sorte de nouveau Michael Jackson qui, au lieu de devenir un monstre en s'éclaircissant la peau à coups d’acide de batterie, en devient un autre en enchaînant les séances d'UV et en compensant la petitesse de sa boîte crânienne par un volumineux chignon qui ferait pâlir de jalousie Tahiti Bob (désolé Michael, la comparaison s'arrêtera là, toi au moins t'avais un talent hors du commun). D’ailleurs, sa coiffure est un mystère, comment peut-elle bien tenir ? Produirait-il lui-même son gel, un peu de la même façon que dans le film "Mary À Tout Prix" ? Elle semble incroyablement dure. On raconte qu’un jour, Bill imitait un singe ayant une crise d’épilepsie (d’autres appellent ça « danser sur du hip hop ») et qu’il s’est mis à tourner sur la tête. Après sa performance, on découvrit que le parquet était entièrement poncé ! D’ailleurs, Valérie Damidot préconise désormais dans ses émissions d’utiliser uniquement Bill pour les surfaces difficiles à décaper !... Bill étant allemand, on peut le dire clairement question bricolage : boche, du travail de pro !...

La fan de Tokio Hotel croit toujours que ce qu’elle aime représente le summum d’un style précis. Par exemple, Harry Potter est de la grande littérature. Elle n’a jamais ouvert un autre livre de sa vie (ni aucun Harry Potter d'ailleurs, sûrement) mais, pour elle, on ne peut de toute façon pas faire mieux que JK Rowling, la nouvelle Enid Blyton...
Même chose pour la musique. Tokio Hotel fait du rock pur et dur pour elle. Elle ne connaît rien d’autre question rock qui décrasse. Les Ramones ? Les New York Dolls ? Biyûden ? Jamais entendu parler ! Et puis quelle importance ? La musique est, de toute façon, très secondaire chez elle. Ce ne sont pas ses oreilles qui fonctionnent le plus mais ses yeux. Ben oui, ce qui l’intéresse dans un CD, ce n’est pas la galette argentée numérique, délivrant l'insignifiante musique, mais le livret avec, si possible, plein de photos du chanteur ou du bassiste qui la fait ruisseler par tous ses orifices naturels...
Enfin, cerise sur le gâteau, Tokio Hotel, et surtout Bill, sont pour elle les représentants d'un nouvel ordre anti-société, de véritables anarchistes, peut-être même communistes, plus forts encore que les punks et qui sauront la délivrer de la tyrannie de ses parents ! Jamais elles n'iront voir l'envers du décor. Et derrière Tokio Hotel, qu'y a t-il ? Oh, surprise ! L’une des plus grosses majors du disque ! Quelle marque d'indépendance ! Tokio Hotel, le groupe des trous rebelles !...
Tokio Hotel touche aussi les hommes. Homosexuels refoulés pour la plupart, qui, au lieu d’assumer, préfèrent se cacher en s'identifiant à Bill et autres châtrés de la Jpop. Ils peuvent ainsi vivre ce qu'ils sont tout en conservant une vitrine acceptable pour leur entourage.

2Be3, Backstreet Boys, Tokio Hotel... Chaque pays nous aura, un moment ou à un autre, pollué avec un boys band ridicule fabriqué de toutes pièces et conçu pour faire brailler nos petites sœurs. Mais ce n’est pas grave, dans moins de deux ans, ils rejoindront la cohorte des groupes totalement has been et oubliés. Bill Kaulitz sera en cure de désintoxication pour soigner sa grave dépendance au Candy Up, perdra ses cheveux par poignées et aura fait son coming out, signant ainsi l’arrêt de mort de sa carrière. Et ceux, et surtout celles, qui se moqueront de lui plus tard, auront été les mêmes qui avaient la foune en larmes devant lui à l’époque de sa splendeur et qui, en bons hypocrites, conservent toujours à la cave des piles entières de posters et autres magazines de leur Billou chéri parce qu’elles n’arrivent pas à les jeter.

dimanche, 27 janvier 2008

[Portrait] Le "danseur" de Tecktonik

Les cons ont toujours eu leur danse. Celle des canards, la chenille, du tapis, la queue-leu-leu, la macarena, la lambada etc. Ça ne manque pas et ça se renouvelle selon les modes.
Destinées le plus souvent aux campings pour permettre à leur clientèle de déchets humains de secouer leurs panses pleines d’alcool bon marché, entre deux concours de t-shirts mouillés, ces rituels gesticulants se trouvent le plus souvent réservés à une faune dont la jeunesse n’est plus qu’un lointain souvenir.
Laissant de côté ces tristes spectacles, leurs enfants ont trouvé LEUR danse bien à eux : la tecktonik ! D’ailleurs, à les écouter, c’est plus qu’une danse, c’est une façon de vivre ! On nous avait déjà fait le même coup avec le disco en 76…

Erigée en phénomène de société par des médias paresseux, dont le moindre buzz sur le Net se termine en tête de gondole du journal de 20h, la tecktonik est pratiquée par toute une bande de macaques qui ont enfin trouvé un zoo accueillant.
Le danseur de tecktonik se voit de loin. Il porte généralement beaucoup de couleurs flashy, avec une nette préférence pour le rose tapette et la pisse fluo. Ses t-shirts sont moulants et aussi serrés que les slims, ces fameux jeans qui rendent stériles... A ses pieds, des baskets Converse, histoire de se la jouer rebelle de Châtelet. Non content d'être vestimentairement ridicules, ces gens-là s’affublent de pseudonymes incroyables d'originalité : Bogoss-TCK, TCK-Devil, TCK-OUILLE etc. Notez également qu’ils s’appellent comme ça entre eux !...
Ajoutez à cela une coiffure emblématique, la fameuse crête enduite de gel fixation « BTP », que l'on porte généralement avec un mulet et parfois quelques touches de maquillage bon marché. Le mâle tecktonik ressemble en fait beaucoup plus aux mignons d’il y a quelques siècles. Si en plus il a un tatouage tribal, alors là, c'est le top du top du rebelle original, insoumis et indomptable, et ça veut dire en plus qu’il est majeur. Ça déchire !...

Généralement, la danseuse de tecktonik est plus jeune de trois ou quatre années que son mâle et elle vient de découvrir les serviettes hygiéniques en même temps que le Metropolis, boîte de beaufs à la puissance 1000 et digne certains soirs des pires « dancings » des campagnes les plus reculées.
Habillée en petite pute fashion, elle paie son entrée avec le blé de papa/maman, qu’elle dira avoir volé mais qui n’est que son argent de poche hebdomadaire, et se dépêche d’avaler son Smirnoff Ice offert avant de descendre au sous-sol de la boîte chercher quelque chose de plus consistant à se mettre derrière la cravate et qui la fera carburer toute la nuit. Ben oui, la tecktonik, ça demande de l’énergie quand même et quoi de mieux que les produits chimiques de synthèse pour ça ?…
En les voyant tous piétiner la piste de danse, on constate également les méfaits qu’a provoqués le DDR sur la jeunesse actuelle…

Nous sommes des profanes, nous ne pouvons donc pas dire à quoi sert la tecktonik. Eux seuls le savent. Sur leurs Skyblogs, ils exposent en langage SMS leur philosophie. - « On é la pour kiffé ! » comme dit Jeyjey, figure emblématique et acnéique, trop heureux de rebondir après avoir raté ses études, et qui vient nous présenter son « crew » dans toutes les émissions qui daignent l’inviter, souvent pour se foutre de sa gueule ; sans oublier ses vidéos sur Youtube où il se désarticule tout seul dans sa chambre de 1m² sur une exquise moquette violette. Le bon goût l’accompagne partout lui…
N’oublions pas non plus Lili Azian, brave génisse aux cuisses de rugbyman qu’elle ne nous prive jamais de dévoiler, ainsi que d’autres parties de son corps, en bonne exhibitionniste qu’elle est. Ça muscle sec de danser toute la journée ! Mais ce n’est pas grave, quand la mode de la tecktonik sera passée, c’est-à-dire le mois prochain, elle pourra toujours planquer ses gros jambons à son boulot. C’est l’avantage des caissières de supermarché, on ne leur voit que le haut.

Tous ces paumés sont narcissiques au possible, comme tous les complexés. Intérieurement creux, ils ne peuvent que compter sur une vitrine extérieure pour exister. Ils adorent se montrer, se faire applaudir, entendre des compliments, être vus et enviés. C’est leur moteur.
De la même façon que les candidats de la Star Ac ne sont pas nés pour être chanteurs, les « figures » de la tecktonik ne sont pas nés être danseurs. Ils s’en foutent de ça, ce n’est pas une vocation chez eux mais uniquement un moyen afin de devenir riches et surtout célèbres ! C’est ça leur seul et unique but à tous ces pouilleux. La gloire et tout ce qui va avec !
Les danseurs de tecktonik ont beaucoup en commun avec les cosplayers. Ils ont fait du ridicule un mode de vie mais, comme eux, n’essayez même pas de leur dire qu’ils sont grotesques. Pour eux, ils sont des dieux. Ils sont beaux, intelligents et sont l’élite de la jeunesse. C’est du premier degré total. Leur seul argument contre leurs détracteurs est : - « Essayez de le faire ! » Non merci, nous avons le sens de la dignité nous.

A ce propos, comment danser la tecktonik ? Grande question existentielle que se pose la plupart des p’tits beaufs de nos jours. Jpop Trash vous donne gratuitement le mode d’emploi infaillible pour cela. Oubliez la technique, tout est une question d’imagination.
Mettez-vous d’abord dans l’ambiance avec leur zik, qui n’est qu’une purée délayée de synthés. Trois accords en boucle pour la ligne de basse, une mesure en quatre temps, 150 BPM, une grosse boîte à rythme dessus, quelques effets et hop ! Vous avez de la tecktonik. Mélodie ? Y’en a pas. Harmonie ? Y’en a pas. Des sons clairs ? Y’en a pas. Mais qu’importe ! On n’est pas là pour écouter, juste pour se trémousser et pour cela, le beat suffit. N’importe qui avec un clavier cheap à 100€, sans savoir lire une seule note de musique et n’ayant aucun sens du rythme, peut faire de la tecktonik. Il suffit juste d’avoir les bons programmes, l’ordinateur fait tout à votre place. Cette dysenterie électronique n’est rien d’autre que la digne suite de la techno sous Amiga du début des années 90, les 2Unlimited et autres Snap qui nous ont tant pollué les oreilles et le reste.
Bon, maintenant que vous avez l’ersatz de musique, vous pouvez danser. Alors c’est très simple. Vous allez imaginer que vous êtes dans une manifestation et que les CRS chargent. Ils tentent de vous donner des coups de matraque mais vous, vous êtes plus rapide que l’éclair alors, vous essayez de les éviter. Ces mouvements d’esquive forment les oscillations de base de la tecktonik pour votre corps. Soyez mou, flexible, comme monté sur ressort. Associez à cela des mouvements des bras et des mains comme si vous deviez vous protéger la crête de coups que vous ne pourriez éviter. Vous savez, cette position-réflexe qu’ont tous les gosses battus dès que leurs parents s’approchent d’eux trop vite et par surprise. Essayez de suivre le bruit des « poum tchak poum tchak », répétez tout ça à l’infini, ou tant que la musique tourne, et admirez le résultat dans votre miroir. Ça y est, vous voilà transformé en danseur de tecktonik ! N’attendez plus ! Enfilez votre tenue de con, enduisez-vous les cheveux de votre morve et courrez vite au Metropolis. On va enfin vous aimer !...

Kiffeurs des villes ou des champs, même race de cons ! On distingue tout de même le danseur de tecktonik de province de celui de la capitale à une seule chose : ses dents. Le campagnard en prendra toujours grand soin. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on habite dans un bled, et que la seule boîte du coin se trouve à 70 bornes, ça fait du chemin à parcourir. L’allée ne posera généralement pas de problème, mais le retour si. Rentrer à cinq en bagnole, avec, en moyenne, deux grammes d’alcool dans le sang chacun, en se prenant pour Sébastien Loeb sur une petite route qui serpente et en pleine nuit, c’est la roulette russe et certains d’entre eux termineront leur fiesta dans le fossé après plusieurs tonneaux. Voilà pourquoi les danseurs de tecktonik provinciaux prennent tant soin de leur dentition : par précaution et permettre ainsi une identification plus facile de leurs cadavres ravagés par le médecin légiste.

Avec à peine quelques mois de vie au compteur, la tecktonik a déjà été récupérée par de vieux-jeunes Parisiens qui se sont très vite emparés de la chose et ont développé autour d’elle tout un marché hautement lucratif, vendant pêle-mêle sous ce nom boissons, compilations d'artistes Fruity Loops, salons de coiffure et produit de beauté. La tecktonik est un véritable rêve éveillé pour des commerciaux toujours avides de voler une mode non déposée et de s’engraisser dessus le temps qu’elle durera. Nos kiffeurs ont beau passer à la télé, ils sont toujours aussi fauchés. Ce mouvement qu’ils ont lancé, et qui triomphe actuellement, ne leur rapporte rien. Sur chaque produit vendu estampillé « tecktonik », pas une thune ne leur tombe dans la poche. Ils ne sont que des VRP bénévoles que l’on paie en quart d’heure de célébrité.
Le manque de personnalité de ces imitateurs d’épileptiques sous ecstasy, pantins à la peau grasse ne sachant même pas s'exprimer correctement à la télé car totalement incultes, en bons sous-produits carnés issus des usines d’équarrissage que sont TF1 et Skyrock, font d’eux l'archétype même de la fashion victim cheap et totalement manipulée. Mais eux ne se rendent compte de rien. Pire même, en plus de croire d’être célèbres et adulés, ils pensent également être des précurseurs, trop heureux d’être soutenus par des « stars confirmées », comme Tekilatex, Yelle, nouveau membre du club et ses fringues foutant de la conjonctivite, et même Lorie, la Boa française, dont le public a maintenant dépassé les 10 ans d’âge et qui l’a lâchement abandonnée pour rejoindre le fan club de Tokio Hotel...

On rigole déjà des danseurs de tecktonik à l’heure actuelle alors imaginez ce que se sera dans dix ans quand on retombera par hasard sur leurs photos et leurs clips… Le réveil va être dur pour eux. Tant mieux !