lundi, 03 mars 2008

[Vie Quotidienne] Le Cinéma

J'aime le cinéma ; j'espère que c'est réciproque.

Enfin, avec tout ce que je lui file par an, il a intérêt à apprécier ma présence dans ses fauteuils molassons s'offrant ouvertement aux fesses du monde sans la moindre gêne. Ou bien c'est un gros connard, na.

Pourtant, si je suis généreux envers ceux que j'aime, je n'en reste pas moins radin avec le cinéma (faut dire qu'à 9,50 € la place pour avoir droit à 10 minutes de pubs avant le film et seulement 2 bandes-annonces, y a de quoi), et j'aime bien débourser le moins possible dans les séances auxquelles je me rends. C'est pourquoi je consulte systématiquement les tarifs préférentiels dont je peux bénéficier suivant les horaires. J'aime par exemple un cinéma qui annonce dans sa fiche horaire :

"Tarif spécial étudiant (je suis concerné) : 6,2 €.

Toutes les séances de 14 h sont à 4 €, même pour les femmes, les grabataires et les paraplégiques.

Tarif normal en revanche pour les Juifs et les aveugles, surtout si ces derniers sont sourds parce qu'on se demande bien ce qu'il peuvent venir foutre dans un cinéma"


Une fois confortablement installé, c'est-à-dire en ayant pris bien soin de vérifier que personne ne squatérise les fauteuils adjacents, et en ayant également pris bien soin de mesurer la largeur de la pièce et de la reporter proportionnellement à celle de l'écran pour me caler pile au milieu, quitte à devoir me mettre à cheval sur deux places, une fois bien installé, disais-je, je suis bien installé. La majeure partie du temps je prends soin de disposer mon sac dans le fauteuil de gauche et ma veste dans le fauteuil de droite, histoire d'éviter tout installation opportune de ce que les politicards appellent un ''compatriote'' alors que je n'ai jamais demandé à vivre sous le même drapeau que ce mollusque dont la principale activité journalière semble être d'importuner le paisible et tolérant misanthrope que je suis. Evidemment, si ce compatriote n'est pas mon compatriote et s'appelle Megan Fox, ça change beaucoup de choses. Si ce compatriote est un(e) de mes plus chères ami(e)s, ce sont au contraire tous les fauteuils de la rangée que je rendrai inaccessibles aux étrangers afin que celui-ci/celle-ci puisse loger son gras... son gracieux fessier dans les renfoncements proches du mien.

Une fois mis en place, je suis prêt pour le début de la séance. Celle-ci s'ouvre de coutume par les bandes-annonces. Il s'agit généralement du moment que je préfère. Quoi de plus plaisant en effet que cette avalanche d'images lancées à une vitesse épileptique dans le but de nous convaincre que ''notre film, c'est pas de la merde'' ? Nous avons d'une part les chefs d'oeuvre annoncés, dont le film promotionnel ne peut que nous renforcer dans notre conviction intime qu'il s'agit de l'évènement de l'année ; et d'autre part les navets dont on peut ainsi voir tous les meilleurs moments en l'espace de 2 minutes, ce qui nous évitera par la suite de souffir une projection complète de ces indigestes voire vomitives casserollées.

Généralement, quand on va au cinéma, c'est pour voir un film que l'on a envie de voir, ou bien c'est que l'on est très con. À la limite, si l'on va voir un mauvais film, ça peut être parce qu'on veut passer un très agréable moment navet/pop-corn bien fendard entre potes , ou parce que la fille que l'on désire séduire tient absolument à voir ce dernier, mais dans ce cas la question de savoir si cette fille mérite vraiment d'être séduite se pose. Sauf s'il s'agit de Megan Fox évidemment.

Le cinéma reste le meilleur moyen d'apprécier un bon film, loin devant la télé et très très loin devant le résumé soporifique que certains abrutis trop loquaces ne peuvent jamais s'empêcher de faire, gâchant au passage tout effet de surprise en dévoilant d'entrée de jeu par exemple que Bruce Willis est en fait mort dans Sixième Sens. Comment ça fallait pas le dire ?

Néanmoins, des évènements peuvent gâcher la projection.

Un envahissement des accoudoirs par le voisin par exemple, s'il peut-être pris pour une tentative de drague pour le cas où le voisin serait du sexe opposé ou du sexe identique mais attiré, est généralement un élément gênant dans le plaisir (sauf si votre voisin est du sexe opposé ou du sexe identique mais attiré et vous aussi). C'est souvent générateur de guerres psychologiques menées tout en finesse par des regards de biais sur l'accoudoir pour voir si ce connard n'a pas foutu sa patte graisseuse dessus ou plus simplement par une tentative d'imposition de notre membre antérieur à côté du sien - le tout dans l'espoir de voir ce dernier quitter le lieu saint.

Plus gênant est l'imbécile heureux qui se croit obligé de rire plus fort que les autres pour bien montrer qu'il a bien saisi l'humour du film. Il faut généralement être catholique ou très self-mastered pour éviter de lui envoyer son paquet de pop-corn sur la tronche. Et qu'importe si le pop-corn fait plus de bruit que le suscité imbécile quand on plonge la main dedans pour en tirer une poignée et l'enfoncer goulûment dans son orifice oral. Et qu'importe si le bruit provoqué par ledit orifice oral lors de la mastication du maïs pop fait toujours plus de bruit. On est de toute façon toujours bien plus tolérant avec soi-même qu'avec les autres, surtout si on est catholique ou self-mastered.

Il y a parallèlement à ça des vrais plaisirs existant en dehors du cadre limité de l'écran anciennement blanc désormais habité de couleurs et de formes toutes plus diverses les unes que les autres. En tête de ceux-ci, indescriptible est celui que l'on ressent lors d'un film effrayant, lorsque tout le monde sursaute dans la salle, puis se tourne vers son voisin en riant d'un air de dire ''haha je m'y attendais''. Généralement la réaction à avoir à ce moment de la relation avec notre tendre co-spectateur est de lui gueuler ''bouh !'' avant même qu'il ait eu le temps de sourire.

Puis le film se finit. C'est le moment de la sortie, toujours vif en émotion également, parce que si le film a été bon on se sent imprégné de son histoire ; on a alors le sentiment d'avoir vécu nous-même quelque de chose d'effarant que personne ne peut comprendre, et on se sent soudainement tout à fait supérieur au péquin lambda croisé au détour de la rue St Jean.

Si l'on est étudiant, on va alors boire un coup avec ses amies pour s'amuser à enculer les mouches. C'est-à-dire que l'on va se divertir en décortiquant chaque scène, en cherchant chaque message caché dans chaque recoin de plan, et cherchant chaque émotion dans chaque regard de chaque acteur. C'est la chaque-attitude.
On rentre ensuite chez soi, usé comme un cheval fourbu ou comme un académicien ; content de sa journée ; content d'être un branleur.

Et on est surtout fier d'avoir pu tenir aussi longtemps sur le sujet du cinéma après s'être vu lancé à la gueule le défi d'un texte sur ce thème par deux amis cet après-midi à la Fac, tout ça parce qu'à la base on a fait une vanne pas trop naze dont on se rend compte maintenant qu'en fait elle l'était bel et bien (naze).

mardi, 19 février 2008

[Cinema] Dans la Vallée d'Elah

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"Dans la Vallée d'Elah" (In the Valley of Elah) de Paul Haggis (USA) ; avec Tommy Lee Jones, Charlize Theron, Jason Patric, Susan Sarandon, Josh Brolin, James Franco...

Mike Deerfield, de retour d'Irak pour sa première permission, disparait mystérieusement et est signalé comme déserteur. Ne voulant pas croire à la version officielle, son père, ancien policier militaire, part à sa recherche...

Ce qui frappe tout d'abord avec ce second effort de Paul Haggis en tant que réalisateur c'est la sobriété et surtout la dignité avec laquelle il a mené son affaire...

Une sobriété toute eastwoodienne, un terme décidément très à la mode ces derniers temps mais d'autant moins usurpé ici que Haggis est un habitué de l'univers du vieux Clint, pour qui il a signé quelques scénarios récents ("Million Dollar Baby" et le dyptique "Mémoires de Nos Pères"/"Lettres d'Iwo Jima").

Car c'est peu dire qu'avec un sujet pareil on pouvait s'attendre à de torrentiels épanchements lacrymaux. Ou même à une gigantesque guimauve patriotique.
Or, même si l'émotion est présente - et bien présente - et même si la débauche de drapeaux en tout genres (dans le film, sur l'affiche...) ainsi que quelques uns des comportements et remarques des principaux protagonistes peuvent le laisser craindre, il n'en est rien.
Et heureusement...

Que du contraire, même, car tout, au fur et à mesure que se déroule le film, va se conjuguer pour battre en brèche ces premières impressions et les retourner comme de vieilles chaussettes.

Les horreurs du conflit et leurs dommages collatéraux auxquels va être confronté Hank Deerfield, mettant à rude épreuve ses convictions de vieux routard patriote, sont d'autant plus subtilement rendus qu'ils sont évoqués sous le couvert d'un thriller policier totalement captivant.

Et plus l'enquête est rigoureuse, plus le mélodrame qui se monte en parallèle est efficace.

Grâce également, il faut bien le dire, à une réalisation idoine ; à la fois froide dans ses lumières et ses cadrages et sensible par ses gros plans et les silences, qu'elle utilise toujours à bon escient.

Evidemment, plus que l'enquête elle-même, ce sont les dégats produits par la guerre sur les recrues, les séquelles du conflit et les découvertes de celles-ci par un homme jusque là persuadé du bien-fondé des actions de son pays à l'étranger qui sont intéressants.
Mais cette forme passionnante, presque ludique même, permet au scénario de ne jamais pontifier, empêche l'ambiance déjà quasiment mortifère de se plomber d'avantage, bref, fait passer la pilule avec une intelligence et une quasi légereté réellement bienvenues.

Le tout, plus bien évidemment l'interprétation hors norme du décidément gigantissime Tommy Lee Jones (bien entouré également, surtout du point de vue féminin), font de "Dans la Vallée d'Elah" un film âpre et rude, plein d'une rage bouillonnante mais contenue.
Un film qui prend littéralement aux tripes.

Du grand cinéma hollywoodien, au visage magnifiquement humain.
Du cinéma qui, de manière parfois extrèmement littérale, donne une image troublante de l'Amérique à travers la déliquescence de certains de ses mythes et l'effondremment de quelques unes de ses certitudes.

Pas un brûlot politique, non. Certainement pas. Mais pas non plus un pavé moralisateur et gnangnan.

Juste un beau film, digne et bien ficelé.

[Télévision] Desperate moudjahidines

Desperate moudjahidines est une série afghane à succès, qui conte le quotidien de 4 moudjahidines et de leur guérilla, évoluant dans une banlieue pauvre de Kaboul. Leur vie, entre trafic de drogue, islamisme et infiltrations terroristes, est décrite sur un ton caustique qui laisse entrevoir les failles de l'Islamist Afghan Way of Life.

Personnages

Les quatre héros de Desperate moudjahidines vivent dans des bidonvilles plus ou moins délabrés, entre les kalashnikov et les ceintures d'explosifs.


- Hamid :

Hamid est le personage stable de la série. Marié à Djamilah, il exerce la profession de détrousseur d'ONG, pendant qu'elle s'occupe de leurs huit enfants. Hamid est parfois manipulateur pour conserver son poste de chef de foyer mais il a bon coeur. Les autres héros savent souvent se tourner vers lui pour sa logique et son habileté à trouver des solutions.

Après son passage dans l'Alliance du Nord et son combat contre la russie, Hamid a hérité du savoir-faire de la CIA en matière de torture et de manipulation. C'est tout naturellement qu'il devient le recruteur des desperates moudjahidines en enrôlant des jeunes orphelins de Kaboul.

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Hamid

- Omar :

Spécialiste de la culture du pavot, Omar est le réactionnaire de la série. Malgré son apparence dure et son mépris à l'égard des femmes, des homosexuels et des occidentaux, Omar cache une âme sensible et une bonne volonté à toute épreuve. Il est également le fournisseur d'armes de la guérilla chiite/irakienne.

Dans la saison 2, Omar décide de renier son troisième fils, coupable de non-respect du prophète. Il le répudie et décide d'épouser en sixième noce Fatiah, qui est en réalité une espionne israëlienne (voir la saison 3, mais ne gâchons pas le dénouement).

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Omar

- Samir :

Samir est le personnage le plus frivole de la série. Ancien taliban, il est réputé pour ses frasques saugrenues (pendaisons publiques, participation à des lapidations...).

Si Samir n'est pas à proprement parler le leader du groupe, il est celui qui apporte toujours de la bonne humeur, en racontant ses blagues sur les chiens d'infidèles ou en poignardant des femmes célibataires qu'il traite de prostituées.

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Samir

- Cheik Sayd al'Awah Jadar :

Sayd est le foufou de la série. Célibataire déjanté, ancien chef de tribu membre de la Loya Jirga, Sayd élève seul sa fille depuis que sa femme Taslima a péri sous un bombardement américain. Il rencontre des femmes qui le séduisent, mais qu'il est ensuite obligé de lapider, ce qui donne lieu à de nombreux quiproquos.

Sayd est un peu l'étendard de la série, figure du chef de guerre traditionnel ayant sombré dans la folie suite à une vie de violence extrême et n'ayant plus aucun ressenti de la réalité. C'est le personnage le plus sympathique, auquel s'identifient le plus les intégristes afghans.

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Cheik Sayd al'Awah Jadar


Histoire

- Saison 1

Dans la saison 1, nos héros rétablissent la charia de l'école déobandi. Omar détruit des bouddhas pendant que Sayd perd son meilleur ami Massoud.

Liste des épisodes :

- Pilote suicide
- Opium Akbar
- Explosifs à l'école
- Talibang
- KABOUM
- Massoud caustique
- Pakistan en folie
- OTAN en emporte le vent
- Kaboul et Bill
- Kabyle et boum
- Oussama pas l'air solide
- Le fabuleux destin d'une ispèce di counasse
- Tu m'lâche la kalash

Saison 2

La saison 2 est principalement axée sur le financement de la culture du pavot, le soutien aux guerriers irakiens et la guerre contre l'OTAN... Omar lapide un de ses fils pour sorcellerie après avoir trouvé un exemplaire d'Harry Potter, (traduction afghane), Hâri Pottaban à l'école déobandi.

Liste des épisodes

- Karzaï Banzaï
- Camping à Kandahar
- Ben Laden se démène
- Le mollah de la fin
- Zaher Chah ou la vie
- Mort sous les bombes
- You-quaïdi Al-quaïda
- Europe salope
- Ben Laden et les tchétchènes
- Torah pas ma barbe
- Scout à kaboul
- Dans la ligne de Samir
- Merguez explosif
- Jellabah tous les jours
- OTAN pour moi

Saison 3

Abdelwalid, le fils de Hamid, devient héroïnomane ; les quatre héros vivent nombre de mésaventures allant de la concurrence sur le marché du pavot aux problèmes familiaux, en passant pas trop loin des voitures piégées. Suite à l'idée de Cheik Sayd al'Awah Jadar, les quatre amis décident d'ouvrir un forum de discussion islamiste visant à l'instauration de groupes paramilitaires chez les jeunes musulmans d'Europe ( www.lépée-de-l'islam.org/barbe ; pour les hommes... et www.lépée-de-l'islam.org/bourkha ; pour les femmes).

Liste des épisodes

- Pierre qui roule n'Hamas pas Mousse
- Les jours Mossad
- Casbah Bomba
- Ça caille chez Karzaï
- Abou Mantir qui vient de loin
- Moucharrafat
- Benazir Bhutto Pinochet
- Bienvenue au Klash Club
- La secte des turbans volants
- Hamid mange un pavot
- Abdelwalid au pays des merveilles
- La petite couscoussière dans la prairie
- La face caché de la kippa
- Un Kebab à Kaboul
- Pas de bol pour le Hezbollah

Saison 4

Nos quatre amis font face à une concurrence d'un genre nouveau : des islamistes indiens, au style déjanté et aux techniques peu orthodoxes semblent vouloir leurs voler la vedette. Grâce aux ruses de Hamid, les 4 compères arrivent tant bien que mal à s'en tirer. Samir vend du matériel usagé aux canadiens, ce qui augmente drastiquement le nombre de morts par "accident".

Liste des épisodes

- Les badboys d'Islamabad
- Quel cul t'as !
- Shiva te casser la gueule
- Curry Bomb
- Bombllywood
- La delhi explosion
- Cacanada
- Un nain dien à Kaboul
- Samir, dans la mire du Cachemire
- Grotte 17 rue du foulard, Kaboul
- La moussama ben machine
- This is Madness !
- No ! This is Gazaaa !
- Le Delhi planète

vendredi, 15 février 2008

[Portrait] La fan de Tokio Hotel

Les 10 commandements de la fan de Tokio Hotel :

- En gothic lolita, tu t'habilleras.
- Le visual rock, tu aimeras.
- Harry Potter, tu liras.
- Un Skyblog, tu tiendras.
- Le vrai rock, tu ignoreras.
- Sur des mangas yaoi, tu te toucheras.
- A la Star Ac, tu iras.
- « Biiiiiiiiiiiiiiiiiiill », tu crieras.
- De cadeaux ridicules, tu le couvriras.
- Ton cerveau, tu flingueras.


Cette charte doit être signée et appliquée par toute fan qui se respecte. Si elle ne le fait pas, elle sera alors considérée comme une fausse fan et ce sera pour elle la punition suprême, car la fan de Tokio Hotel est sûre et certaine que Bill vérifie toutes les signatures, le soir, après le concert...
Il faut aussi dire qu'elle est persuadée qu'il la connaît, conserve tous les cadeaux qu'elle lui offre et lit toutes ses lettres mais qu'il est trop timide pour lui dire qu’il l’aime aussi, sinon il serait déjà venu l'enlever de chez ses cruels parents habitant un petit loft vétuste de huit pièces en plein cœur du 16ème arrondissement de Paris...

La fan de Tokio Hotel a entre 8 et 14 ans. Si elle a plus, ce qu’elle est irrémédiablement foutue et surtout très vilaine. Fantasmer sur des idoles quand on découvre ses premières traces sanguinolentes dans sa culotte Hello Kitty, c’est normal. Mais quand on est en âge de choper une mononucléose et qu’on continue à perdre ses eaux devant la photo d’un palmier humain, c’est qu’il y a un problème. Et le problème vient souvent du manque de sex-appeal de la fan : obèse, sac d’os, boutonneuse, sans courage, capricorne, etc... Ça aide pas à se trouver un petit copain. Au moins, le poster de Bill ne lui dira jamais qu’elle est un tromblon imbaisable. Amusant de constater que cette absence de sex-appeal la mènera un jour ou l’autre au sexe à piles...

La fan de Tokio Hotel ne connaît du groupe que Bill Kaulitz. C’est l’avantage d’être le chanteur : toujours devant la scène et aucun instrument à transporter après le concert. Les autres membres ne sont là que pour la décoration pour elle. Et puis, ils sont moches.
Bill Kaulitz. Le nouveau phénomène des cours de récréation des écoles primaires et de quelques collèges. Phénomène n’est pas un mot exagéré, car c’en est vraiment un, mais de foire. Entièrement osseux et creux, son corps offre une très faible résistance au vent, c’est son plus gros point faible, en dehors de sa lobotomie, c’est pour ça qu’il ne va jamais donner de concert en Bretagne. Ça souffle trop là-bas.
Se faisant maquiller et coiffer par des entreprises de BTP, Bill change d’apparence suivant l’habileté du type chargé de faire fonctionner la bétonneuse... Un véritable caméléon ! Parfois, on croit avoir affaire à la petite sœur de Brian Molko, d’autres jours à Gohan devenu gothique... Plus généralement, et surtout au réveil, Bill ressemble à une flaque de vomi de porc, séchée.
Bill n’est pas un chanteur mais un mime. Personne ne l’a jamais entendu chanter en vrai vu que ses fans hurlent sans arrêt en concert, couvrant ainsi sa voix. C’est bien peinard pour lui, il n’a qu’à faire semblant de chanter, ses copains derrière semblant de jouer, et attendre comme ça pendant une heure en exhibant ses os. Ce sont les fans qui font le spectacle et elles payent pour ça !
Bill, c'est un peu une sorte de nouveau Michael Jackson qui, au lieu de devenir un monstre en s'éclaircissant la peau à coups d’acide de batterie, en devient un autre en enchaînant les séances d'UV et en compensant la petitesse de sa boîte crânienne par un volumineux chignon qui ferait pâlir de jalousie Tahiti Bob (désolé Michael, la comparaison s'arrêtera là, toi au moins t'avais un talent hors du commun). D’ailleurs, sa coiffure est un mystère, comment peut-elle bien tenir ? Produirait-il lui-même son gel, un peu de la même façon que dans le film "Mary À Tout Prix" ? Elle semble incroyablement dure. On raconte qu’un jour, Bill imitait un singe ayant une crise d’épilepsie (d’autres appellent ça « danser sur du hip hop ») et qu’il s’est mis à tourner sur la tête. Après sa performance, on découvrit que le parquet était entièrement poncé ! D’ailleurs, Valérie Damidot préconise désormais dans ses émissions d’utiliser uniquement Bill pour les surfaces difficiles à décaper !... Bill étant allemand, on peut le dire clairement question bricolage : boche, du travail de pro !...

La fan de Tokio Hotel croit toujours que ce qu’elle aime représente le summum d’un style précis. Par exemple, Harry Potter est de la grande littérature. Elle n’a jamais ouvert un autre livre de sa vie (ni aucun Harry Potter d'ailleurs, sûrement) mais, pour elle, on ne peut de toute façon pas faire mieux que JK Rowling, la nouvelle Enid Blyton...
Même chose pour la musique. Tokio Hotel fait du rock pur et dur pour elle. Elle ne connaît rien d’autre question rock qui décrasse. Les Ramones ? Les New York Dolls ? Biyûden ? Jamais entendu parler ! Et puis quelle importance ? La musique est, de toute façon, très secondaire chez elle. Ce ne sont pas ses oreilles qui fonctionnent le plus mais ses yeux. Ben oui, ce qui l’intéresse dans un CD, ce n’est pas la galette argentée numérique, délivrant l'insignifiante musique, mais le livret avec, si possible, plein de photos du chanteur ou du bassiste qui la fait ruisseler par tous ses orifices naturels...
Enfin, cerise sur le gâteau, Tokio Hotel, et surtout Bill, sont pour elle les représentants d'un nouvel ordre anti-société, de véritables anarchistes, peut-être même communistes, plus forts encore que les punks et qui sauront la délivrer de la tyrannie de ses parents ! Jamais elles n'iront voir l'envers du décor. Et derrière Tokio Hotel, qu'y a t-il ? Oh, surprise ! L’une des plus grosses majors du disque ! Quelle marque d'indépendance ! Tokio Hotel, le groupe des trous rebelles !...
Tokio Hotel touche aussi les hommes. Homosexuels refoulés pour la plupart, qui, au lieu d’assumer, préfèrent se cacher en s'identifiant à Bill et autres châtrés de la Jpop. Ils peuvent ainsi vivre ce qu'ils sont tout en conservant une vitrine acceptable pour leur entourage.

2Be3, Backstreet Boys, Tokio Hotel... Chaque pays nous aura, un moment ou à un autre, pollué avec un boys band ridicule fabriqué de toutes pièces et conçu pour faire brailler nos petites sœurs. Mais ce n’est pas grave, dans moins de deux ans, ils rejoindront la cohorte des groupes totalement has been et oubliés. Bill Kaulitz sera en cure de désintoxication pour soigner sa grave dépendance au Candy Up, perdra ses cheveux par poignées et aura fait son coming out, signant ainsi l’arrêt de mort de sa carrière. Et ceux, et surtout celles, qui se moqueront de lui plus tard, auront été les mêmes qui avaient la foune en larmes devant lui à l’époque de sa splendeur et qui, en bons hypocrites, conservent toujours à la cave des piles entières de posters et autres magazines de leur Billou chéri parce qu’elles n’arrivent pas à les jeter.

[Cinema] Juno

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"Juno" de Jason Reiman (USA) ; avec Ellen Page, Michael Cera, Jennifer Garner, Jason Bateman, Allison Janney, J.K. Simmons...

Juno Mc Guff, 16 ans, se retrouve enceinte des oeuvres de son pote Bleeker. Ado plutôt burnée et sévèrement délurée (ou le contraire), elle va pourtant devoir faire face à une série de situations pour le moins inédites...

Alors donc il paraitrait que depuis le succès surprise de "Little Miss Sunshine", l'année dernière, la mode soit à nouveau aux feel good movies.

Eh ben vous savez quoi ?
S'ils sont tous comme celui-là, on va pas s'en plaindre !

Parce qu'effectivement, pour ne pas se laisser complètement embarquer par "Juno", faut vraiment être fait en métal.
En béton.
Ou être chroniqueur chez "Libé"...

Cela dit, on pourrait aussi, face à l'objet, céder facilement au cynisme ambiant et se dire que ce n'est qu'une machine.
Que le film ne fait qu'appliquer des formules, enfiler les clichés hérité de ses ainés comme autant de perles sur un collier.
Les geeks sont à la mode ? Le petit ami est geek ! Les familles recomposées mais cool le sont aussi ? Rajoutons-en une couche de ce côté-là ! Et ainsi de suite...

On pourrait, mais oui... mais non.

Au vu du potentiel hautement jubilatoire de l'engin, on préfèrera céder à une autre facilité...

Vous savez quoi ?
On va dire que c'est bien.
Très bien même...
Formidable, allez ! Faisons péter les superlatifs !

Et contentons nous même d'énumérer les qualités de la chose !

La réalisation, intelligement discrète - mais quand même bien servie par une jolie photo automnale - a la bonne idée de laisser la parole au script terriblement efficace et roublard (dans le bon sens du terme) de la désormais célèbre ex-strip-teaseuse Diablo Cody (Go, Diablo ! Ça c'est du pseudo !).

C'est simple et ça fonce droit devant !
Toutes les situations "obligées" sont passée en revue : l'annonce aux parents, la tentation de l'avortement (qui donne lieu à la seule séquence un peu étrange du film dont la possible tentation pro-life est heureusement largement désamorcée par le potentiel comique de la chose et le ridicule affirmé de la "militante" que l'on fait intervenir), le choix de l'adoption et des parents qui vont avec, etc, etc.

Les personnages sont tous très attachants, même les plus potentiellement haïssables, en particulier évidemment la Juno du titre, qui mélange habilement white-trashitude et pragmatisme détonnant, tout comme ceux qui l'entourent, d'ailleurs, à l'image de ses très compréhensifs parents.

Les répliques claquent, souvent drôlissimes, parfois émouvantes, toujours justes, en faisant clasher ce qu'il faut de slang et de bons mots pour que ça reste longtemps en bouche, comme un bon vin.
Ouais... Ou une bière fraiche...

Et évidemment, la cerise sur le gâteau c'est l'interprétation !
Avec en tête de gondole la formidable, l'excellentissime, la "y-a-pas-de-mots" Ellen Page, révélation de ce début d'année qui, de Tang Wei à Saoirse Ronan, n'en était pourtant déjà pas avare !
À l'image de son personnage, elle emporte tout sur son passage.
Non seulement les dialogues sortent de sa bouche comme si elle les improvisait à la minute mais tout chez elle donne envie de l'adopter à l'instant !
Même sa façon de marcher ou, tout simplement, de se tenir...

Autour d'elle tout brille également : Allison Janney en belle-doche qui balance, J.K. Simmons (oui : LE Vern Schillinger de "Oz" !) en papa très cool, Jennifer Garner en bourgeoise coincée du derche ou encore Olivia Thirlby, irrésistible en copine grande gueule !

Bref, feel good, ça l'est certainement. On s'amuse, on pleure, on rit, on est à l'opposé exact du Pays de Candy ; y a pas à dire, on est à la fête !

Et même si ce n'est pas politiquement aussi incorrect que ça voudrait bien le faire croire, même si c'est un peu moralisateur sans en avoir l'air, ça fait sufisamment de bien par où ça passe pour qu'au bout du compte on se demande bien ce qu'on pourait lui reprocher, à ce film...

Un peut trop de Belle et Sebastien, peut-être ?

Mouais...

Et encore, savez-vous, et encore...