dimanche, 30 mars 2008

[Pratique] Apprenez la guitare avec Panou - Parties III et IV

c55e5ea2492cec2a23a64069f01da6af.jpgIII. S'accorder

On s'en fout, y'a des appareils pour ça.
Et puis de toute façon, si vous n'y arrivez pas, il faut changer d'instrument et c'est tout (comme le gars qui s'est incrusté sur la gauche, là).

IV. Les Accords

La guitare est un instrument polyphonique, c'est à dire qu'elle peut produire plusieurs sons simultanément, c'est ce qui la distingue par exemple de la clarinette (purée, je crois que c'est la phrase la plus sérieuse que j'ai dite depuis 2 ans !). On peut donc jouer des accords, c'est à dire les trucs pas trop compliqués qui vous permettent assez vite d'entonner du Hugues Aufray ou... pas.

Quelques accords faciles :

- Mi Majeur

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- Sol Majeur

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- Fa Majeur

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Quelques accords plus riches :

- Sol mineur

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- Do de majeur

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- Mi-mineur

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Certains accords deviennent franchement techniques :

- Sibm7M7

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D'autres encore sont même carrément réservés à une élite :

- Sol#m7/b5/9èmedim/réb dit aussi « accord de Schengen »

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samedi, 29 mars 2008

[Pratique] Apprenez la guitare avec Panou - Parties I et II

I. Les Origines

Il y a un sacré bail de cela, la guitare fut inventée par les Vietnamiens qui cherchaient à jouer au tennis alors qu'ils n'avaient pas encore trouvé l'objet adéquat. Ils ébauchèrent quelques formes en bois mais l'objet qu'ils avaient alors imaginé était grossier, relativement lourd et surtout troué en son centre, ce qui n'était pas pratique. Afin de masquer cet orifice béant, ils décidèrent d'adjoindre à leur œuvre un cordage ; la guitare était née.
Bien que l'on n'ait pas compris tout de suite l'étendue des vertus musicales de l'objet, elle connut immédiatement un franc succès populaire dans tout le Viêt-Nam. D'ailleurs, quand on demandait à ses habitants ce qui faisait la fierté de leur pays, les mots viêts étaient les suivants : « La guitare et les criques ! »

Quelques années s'écoulent. Quelques siècles, c'est cool aussi. Rapportée d'Extrême Orient par Marc Opolo, le rital qui inventa le tourisme, la guitare arriva à la cour du roi Mario XXIII qui avait financé son long périple. Impatient de découvrir tous les précieux trésors qu'Opolo avait ramenés avec lui, il s'enquit : « Cual a raportato tutti ? » et notre aventurier de répondre, un peu gêné : « Solo guitare... ».

Le Temps fait son œuvre et la guitare devient un instrument prépondérant dans toute la musique occidentale parvenant même jusqu'en Amérique où les progrès bondissants de la science viennent sans cesse améliorer la facture de ce mélodieux objet. Ainsi, vers 1923-1987 apparaît la « guitare Classe X », un modèle révolutionnaire puisque le manche est remplacé par une planche de bois et les cordes par des roulettes : c'est la naissance du skate-board mais nous traiterons de cet autre objet (qui n'influença la musique qu'au travers de groupes tels que Linkin Park ou Sum 41) une autre fois.


II. Généralités

La guitare est donc un instrument le plus souvent en bois. Mais elle ne fait pas pour autant partie de la famille des bois en musique. Car en plus d'être en bois, elle possède 6 cordes en nylon ou en métal, du cuivre par exemple. Cependant, la guitare ne fait pas partie non plus des la famille des cuivres. C'est bien à la famille des cordes et plus précisément les cordes pincées auxquelles la guitare appartient, à l'inverse de toutes les blagues que j'ai pu glisser dans cet article qui, elles, appartiennent plus volontiers à la famille des vents.

Avant tout, pour jouer de la guitare, il est bien évident qu'il faut s'en procurer une. Le plus simple est souvent de s'en faire offrir une à Noël car ça revient ainsi considérablement moins cher.
Quand vous écrirez au Père Noël, faites bien attention à ne pas commander une guitare trop grande.

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Ni bien-sûr une guitare trop petite (ce serait con).

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L'idéal reste le plus souvent les guitares à la bonne taille.

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Attention, si une guitare a des touches blanches et noires, qu'elle clignote et qu'il en sort un son de crin-crin merdique, c'est qu'il s'agit certainement d'un synthétiseur.

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Pour jouer de la guitare, on a recours à d'autres objets bien pratiques.

- le médiator ou onglet, encore appelé plectre mais aussi triangle en plastique, ou bidule.
Il permet à la main droite de gratter les cordes de manière très sonore et rythmée (ex : « waouh, c'est vachement entraînant c'que tu joues Pierrick, tu dois avoir un médiator !... »
Cet objet est fortement conseillé quand on veut se produire devant une assemblée d'amis, pendant la messe dominicale ou pourquoi pas lors d'un concert si vous avez la chance un jour de faire partie d'un orchestre de jeunes.

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- le capodastre ou bidule n°2.
Il permet de...ou plutôt on le met sur la guitare afin de...enfin disons que ça sert en fait à...
Bon, j'avoue, j'ai jamais bien compris à quoi ça servait mais depuis que j'avais vu Maxime Le Forestier en mettre un à sa guitare dans les émissions de télé, j'ai trouvé ça super classe, or, vous verrez plus tard au chapitre consacré à l' « Esbroufe » que c'est finalement ça qui compte le plus.
Le capodastre se place perpendiculairement au manche de la guitare de manière à bloquer toutes les cordes

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Fais attention gros maladroit !!

mercredi, 26 mars 2008

[Vie Quotidienne] Freaks

Parfois, en rentrant de chez ma chère et tendre, je passe devant une maison située aux alentours de la mienne, et il arrive que dedans j'aperçoive un homme, 55 ans peut-être, assis à une petite table, face à la fenêtre. Ses yeux bleus révulsés, sa mâchoire carrée, son nez retroussé, le rendent effrayant, mais traduisent surtout la déréliction dans laquelle le laisse la société. La première fois que je l'ai entraperçu par sa fenêtre ouverte, j'ai vite détourné mon regard ; j'ai alors croisé une femme qui promenait son chien, un bouledogue ; et le chien avait la tête du type que je venais de voir. (Ou l'inverse.)



L'humanité qui me passionne se divise en deux catégories de personnes : les gens que j'ai envie de tuer, et les gens que j'ai envie d'embrasser. On rencontre ces êtres humains un peu partout, dans tous les endroits que l'on fréquente : bus, faculté, travail, boîte à partouze, que sais-je encore, tout ça c'est votre vie.


Il y a un homme, qui emprunte parfois le même bus qu'il m'arrivait d'emprunter passé un temps, pour qui j'éprouve une sympathie infinie. J'ignore son prénom, je l'appellerai Gérard, après tout ça lui va bien, et ça vous en dira déjà un peu sur lui. Gérard doit être âgé d'environ 55 ans, peut-être 60 ; la bedaine dépassant sur la ceinture, il s'habille dans des costumes simples, pantalon gris, polo bordeaux, veste de daim beige. Sa démarche est mal assurée ; il ressemble à Hardy, vu d'un peu loin. Mais c'est en s'attardant sur son visage que l'on accède à toute sa bonhomie : de forme ronde, il porte des lunettes à culs de bouteilles posée sur un pif plutôt fin, aussi inattendu soit-ce. Ses cheveux gris se perdent dans le temps et font des vagues et des remous ; d'aucuns diront que ça lui donne un air de savant fou.


Si j'aborde sa bouche pour finir, c'est parce qu'elle est la première chose que l'on voit chez Gérard ; parce qu'elle est au centre des commentaires physiques que l'on partage en sourdine de son siège ; parce qu'elle fait certainement l'objet de moqueries de la part d'une partie majoritaire de la populace outrancière qui remplit les bus quotidiennement ; parce que, si elle a toujours eu cet aspect, elle a sans doute été à l'origine de brimades cruelles comme seuls les adolescents savent en concevoir derrière leurs boutons et leur obsession pour les chattes.


(Tenez, parmi les gens que j'ai parfois envie de tuer dès la première vision, en tête viennent les pubères, et c'est une pulsion qui ne date pas d'hier, à vrai dire elle n'a jamais été aussi forte que quand je les fréquentais moi-même pour en avoir été un au même moment. Leur voix troncharde, leur manie de se gaver de toutes les merdes possibles, qu'elles soient télévisuelles ou radiophoniques (leur grande passion étant d'écouter les émissions de confessions des radios libres où untel de 17 ans ¾ vient parler de ses pratiques masturbatoires, ou unetelle de 15 ans de ses relations complexes avec ses cops depuis que son copain s'est mis en tête de toutes les tripoter une à une, ou un autre tel de son plaisir à traquer les taches de sang sur les pantalons de ses camarades féminines pour ensuite les charrier sur leurs règles et les défaillances de leur protection, ou à une autre telle de venir cracher sur les mecs qui sont tous des cons — mais comment l'en blâmer, comment lui donner tort ? — ), et leur tendance à se regrouper pour diviser le peu d'intelligence qu'ils ont, m'exaspèrent jusqu'à me rendre fou.)


La bouche de Gérard est difficilement descriptible. A moitié souriante, elle s'ouvre rondement sur des dents disparates plantées de travers, et ses lèvres ne cessent de bouger, donnant l'impression qu'il mâche sa langue, qu'il ne manque par ailleurs pas de sortir de temps à autre pour s'humecter. Parfois le mouvement perpétuel cesse, quelques secondes, pour mieux reprendre, babines, dents jaunes ou grises prêtes à tomber, ouverture/fermeture, sans que cela ne semble provoquer chez lui la moindre gêne.


Indubitablement, Gérard en a souffert à l'école, et peut-être même dans sa famille, face à des parents effrayés d'avoir donné naissance à un monstre. Il a connu les allusions, les insultes directes, les métaphores animalières — hippopotame, poisson rouge —, le rejet certainement des quelques filles pour lesquelles il a pu ressentir quelque chose et qui jamais n'auront voulu poser leurs lèvres douces sur les siennes de peur de se les faire bouffer , et le dégoût de les voir accolées à des bites sur jambes avant de se faire jeter indignement.


Mais quand je regarde Gérard dans le bus, ses yeux ne traduisent jamais les souffrances qu'il a pu connaître. Non pas qu'il les ait oubliées, ni même bien vécues ; simplement il semble être passé par-dessus et, sans doute, survoler celles que pourraient lui faire subir les regards haineux des petites tricoteuses rachitiques qui hantent aujourd'hui les bus de leur hululement caverneux réactionnaire.


Gérard semble mû par une sympathie et une innocence intrinsèques, de celles qui pourraient me faire croire en Dieu et en l'homme.


Je le regarde, un peu fixement, avec un sourire figé qu'il pourrait prendre pour moqueur ; je jette un œil vers son bas-ventre complètement rond, caractéristique des gros ; la fille (16-17 ans) à côté de lui se lève, il rabat ses jambes pour la laisser passer, il lève la tête vers elle lui sourit du peu de dents qui lui reste ; je crains que cela ne provoque chez elle un mouvement de recul, mais non, joie, elle lui sourit franchement à son tour ; tous les humains ne sont pas cruels.


Je voudrais parler à Gérard, lui dire que par le simple contact visuel que j'ai eu avec lui j'ai eu l'impression d'en apprendre plus que par bien des conversations ; je voudrais qu'il me parle, je pense que c'est un homme très intelligent. Hélas il a du louper pas mal d'emplois à cause de son physique, mais voilà, c'est aussi ça la discrimination, celle de toutes ces ultra-minorités, si rares et individuelles qu'elles ne peuvent pas fonder une association d'autodéfense contre le racisme anti-laids.


Je regretterai certainement de ne pas avoir connu Gérard plus que ça.





Alors à l'homme-bouledogue, à Gérard, à John Merrick l'Elephant Man, aux Freaks de Tod Browning, aux trisomiques, aux martyrs d'une société qui n'exige que la beauté, à tous ceux qui subissent le pire racisme de tous, celui qui refuse la laideur, je vous aime, parfois vous me donnez envie de pleurer, de vous prendre dans mes bras en riant, vous êtes ce que l'humanité a produit de plus beau.

Le bon français

Le bon français : concept linguistique élitiste établi par une poignée de gens auto-proclamés détenteurs de la culture française.


Toute personne ne sachant pas parler le bon français n'est pas un bon Français.


Les défenseurs du bon français se repèrent immédiatement dans un débat : à cours d'argument, ils en viennent nécessairement à reprocher à leur opposant d'écorcher la langue française. Car il est vrai que qui n'emploie pas le subjonctif plus-que-parfait est inconditionnellement un moins-qu'imparfait.


La maîtrise du français de ces membres de l'élite est proportionnelle à leur pauvreté intellectuelle : fermeture d'esprit, réactionnarisme, logorrhée qui étouffe toute discussion sous des monts d'une diarrhée verbale adipeuse.


Conséquence : une auto-culpabilisation à outrance des gens qui pratiquent le français. Combien sont-ils, quotidiennement, à s'excuser et expliquer, après avoir dit « malgré que », que cette expression n'est pas française ? Auto-culpabilisation qui n'est finalement que peu importante face à la culpabilisation que les uns font ressentir aux autres.


(Cela dit, « malgré que » c'est très moche.)


On montre sa connaissance du français comme son cul ; et cette connaissance — qui ne repose que sur les décisions de quelques centaines de personnes — est la preuve indéniable que ce qu'on dit est plus intelligent que ce que dit l'autre, parce qu'on le dit de toute manière mieux que lui, pauvre petit impotent linguistique que l'on ne reprend même pas sur ses erreurs simplement pour l'aider, mais plutôt pour l'enfoncer et le traiter implicitement de con.


Cette attitude se nomme pédanterie ; pire encore, elle est une dictature culturelle imposée au peuple par des gens qu'il n'a même pas choisis.


Il y a peut-être derrière ça une bonne volonté, comme il a pu y en avoir une derrière la colonisation ; mais, comme dans le cas de la colonisation, cette bonne volonté camoufle l'idée que l'on appartient à une race supérieure et que c'est un devoir d'aider les inférieurs, sans oublier de les convaincre avant tout qu'ils sont bel et bien inférieurs.


Les défenseurs du bon français sont en outre, parce qu'ils ne se touvent pas encore assez cons avec ce qu'on vient de dire, des réactionnaires patentés. Pas touche à mon français, ou mon dico dans l'nez.


(La phrase précédente est un alexandrin, avec en plus une césure à l'hémistiche, svp. J'en suis fier alors je le dis, même si ça a autant d'intérêt que la récolte des mirabelles — et pourtant les journaux parlent plus de cette récolte que de mon alexandrin ; mais que fait la police ? et qu'est-ce que c'est que cette justice à deux vitesses ? et il faut réformer le système de retraites, et on s'est beaucoup amusés ce soir sur M6 dans le marathon du Rire — quoique personnellement j'ai plutôt fait le marathon du vomi jusqu'à mes chiottes — avec le miraculé mais pas miraculeux — sauf dans le ridicule — Laurent Boyer — dont j'espérais que son accident lui eussent (tiens les emmerdeurs grabataires, le voilà votre subjonctif passé) — et ses invités de choix, en particulier le loser qui a chié Zidane il a frappé entouré de ses pétasses et portant une guitare dont il ne se servait même pas et accompagné d'une chorégraphie honteusement stupide, et ses images inédites déjà vues, allez, peut-être un millier de fois partout ailleurs ; bref rien ne va plus dans le petit écran depuis que la cigarette y est interdite d'apparition. Ca y est, je suis plus dans le sujet là, hein ? )


Ahem.


Donc les règles de la langue française ont été fixées au XVIIIe siècle, à une époque bien plus glorieuse que celle que nous vivons actuellement, où les jeunes ne savent plus parler et où les immigrés font baisser le taux d'alphabétisation — sans pour autant que les intellectuels ne fassent descendre le taux de bétisation tout court —, et personne n'osera remettre en cause toutes ces vérités. D'ailleurs, il estoit tenstant de reviendir au bon vieux françois. Aux gogues le verlan ; et à bas les anglicismes !


La langue française peut bien elle-même dire les choses avec la beauté de ses propres mots, et transformer ainsi faire du shopping en magasiner –terme ô combien plus élégant et joli —. Pas un mot d'origine anglaise n'échappe à l'œil aigu des crevards baveux perdus dans une cause qui l'est autant qu'eux et qui ne mérite pas plus qu'on se batte pour elle que Patrick Bruel ne mérite la Légion d'Honneur — la Lésion d'Horreur, à la limite, pourquoi pas —.


L'anglais n'aura jamais sa place dans notre vocable ! N'oublions pas que la perfide Albion a brûlé Jeanne d'Arc ! Le français c'est le français, c'est la langue de la France et des Français, qui n'ont pas intérêt à se mettre à parler une autre langue, sinon cornegidouille et fichtre. Laisser l'anglais s'infiltrer dans notre langue, c'est laisser le système de pensée Anglais, dégénéré et inhumainement imbécile, prendre le contrôle de nos esprits.


Le Français est une langue qui n'a jamais subit la moindre influence étrangère.

75% de notre vocabulaire est issu du latin ? Bah, c'est une belle langue ça au moins. Belle parce qu'elle est morte. Ce qui ne sera jamais le cas du français.


Le français ne doit pas changer ? Les Français non plus. Vouloir qu'une langue stagne c'est vouloir que ceux qui la parlent stagnent ; c'est désirer que tout se fige, que plus rien n'évolue, que rien ne soit inventé.


Pour les défenseurs du bon français les plus cons, victimes d'une nostalgie qui leur fait apparaître le XVIIe comme une utopie à atteindre, et fermés aux néologismes et tous les termes issus de langues étrangères, ce n'est pas le peuple qui doit faire évoluer la langue qu'il parle ; c'est la langue qui doit empêcher le peuple d'évoluer.


La seule chose vraie est la suivante : toute expression comprise par tout ceux qui parlent le français est française. Le français, c'est les Français ; de l'état de l'un dépend celui des autres, parce que la qualité de la langue que l'on parle détermine la qualité de notre pensée ; et le français tel qu'il était il y a encore 10 ans manque de qualités pour suivre la pensée actuelle.


Personnellement, je m'efforce, assez bêtement peut-être, de respecter dans la mesure du possible toutes les règles à la con, à part peut-être les subjonctifs autres que présent, qui donnent toujours l'air snob.


Je crois qu'il est temps pour moi d'oublier ces règles.


Malgré qu'elles contribuent à rendre la langue plus belle à écouter et à parler que ce qu'elle est sinon sans elles, ces règles sont peut-être possiblement inutiles.


Je croit con peu même fère fit de l'orthographe. Encor que là ça complik quelqu'un peu les choz..


Bon, en fait ça me demande trop d'efforts ; j'abandonne.


Je voulais dire avec ce billet rempli de vacuité — et c'est un paradoxe que j'affectionne — que d'une, je n'emmerderai jamais personne pour une faute ou une formulation dite inconvenante ; que de deux, le petit un ne s'appliquera qu'avec les gens sympas — toute personne qui m'insulte avec des fautes subira les conséquences desdites fautes dans ma réponse, a fortiori si cette personne m'a reproché des fautes ; et que de cinq je ne supporte pas le langage SMS et toute phrase incompréhensible — faut pas exagérer non plus hein.


Voilà.


Tout ça s'avère donc bien inutile, mais j'ai un blog à remplir, moi.

mardi, 25 mars 2008

Nos amies les femmes

Qu'est-ce qu'une femme ? Question plus existentielle et plus humaine encore que celle de savoir si oui ou merde l'existentialisme est un humanisme.

Généralement, les hommes ne comprennent pas grand chose aux femmes. Quant aux femmes, elles font tout pour rester mystérieuses, avec des mimiques étranges, des moues sensuelles, des voix charmeuses, des comportements ambigus, et des déplacement très calculés.

En fait, on apprend aux femmes, dès leurs plus jeune âge, que leur seul objectif dans la vie sera d'avoir un mari et de s'en occuper. En conséquence de quoi il faut séduire, et vite.

Pas étonnant en partant de ce postulat que bien des hommes ne puissent s'empêcher de considérer leurs compléments sexuels comme des objets parmi lesquels ils n'ont plus qu'à choisir celui qui leur convient le mieux.

« Assieds-toi comme ça », « Ne mets pas tes mains ici », « Travaille ta démarche », « Tu n'es pas assez féminine », « Ne mange pas tes ongles, les hommes n'aiment pas ça », « Fais attention à ton poids », sont autant de conseils et d'interdictions dictés aux femmes dès leur plus jeune âge par leurs génitrices et la publicité.

Effectivement, rien n'est plus laid et désagréable qu'une femme qui s'assoit autrement qu'en serrant les jambes, en mettant ses mains sur les cuisses et en amenant doucement et gracieusement son fessier sur le siège. Et il est difficile de tolérer qu'une femme ne fasse pas du 90-60-90, même si on supporte tous le fait que peu d'entre elles correspondent à ces exigences bien légitimes.

Car oui, heureusement pour elles que les hommes sont tolérants ! Il parviennent, au prix d'un incommensurable effort, à outrepasser le dégoût que leur inspire la grande majorité des femmes pour finalement choisir celle qui leur déplaît le moins. C'est une vraie preuve de courage.

Elles peuvent également s'estimer chanceuses que des personnes bien intentionnées veillent sur elles et leur rappellent ce qu'elles doivent faire. Si les magazines qui leur sont destinés ne leur ramenaient pas tous à l'esprit vers le mois d'avril qu'il est temps d'entamer son régime pour être séduisante sur la plage en août, bien des femmes oublieraient de se faire belles et décevraient inévitablement la horde de mâles en bermuda, la couille droite à l'air et les poils pubiens dépassant de toutes parts, qui viennent en pèlerinage sur le sable chaud pour rendre hommage à tous ces seins et toutes ces touffes qui, c'est inscrit dans la déclaration des Droits du Beauf et du Misogyne, n'existent que pour être tripotés ou pénétrées.

Les femmes ne doivent pas oublier qu'elles n'existent pas outre leur cul et leurs nichons ; on se fout de savoir qu'elles ont de l'humour et de l'intelligence.

Par chance, une femme ne pourra jamais, au cours de sa vie, oublier que son corps, et par extension elle-même, n'est qu'une marchandise offerte aux regard et aux mains d'hommes désireux de rendre hommage à sa beauté en la prenant à 20 ans et en la jetant à 40.

Comment faire pour qu'une femme garde cette réalité en tête ? Il faut pour commencer lui mettre sous les yeux dès son plus jeune âge des photos où un canon s'affiche sans complexe dans sa nudité en posant langoureusement. Avantage : puisque les hommes sont gavés aussi précocement des mêmes photos, tout le monde finit par être d'accord sur l'utilité d'une femme : finir à poil. D'un côté parce que c'est le seul moyen de séduire un homme, de l'autre parce que c'est le seul moyen d'être intéressé par une femme. Une femme qui ne donne pas envie d'être déshabillée n'existe pas ; si ses seins sont inexistants, sa valeur marchande l'est tout autant.

Une femme ne doit pas non plus oublier que sans maquillage, son visage n'a aucune chance d'attirer le regard. Le visage de la femme est laid par nature ; seule l'artificialité peut le rendre un tant soit peu agréable. De la même manière, une femme qui a ne serait-ce qu'un duvet sur les jambes a intérêt à les garder cachées ; l'affichage de cet handicap peut être vomitif pour tout homme normal.

Les femmes sont souvent de victime de machisme. Qu'est-ce que le machisme ? C'est une pratique culturelle traditionnelle qui consiste, pour un homme, à affirmer sa supériorité autoproclamée sur la femme en la soumettant à tous ses désirs. Le machisme repose, mais il l'ignore, sur une contradiction fondamentale. Un discours machiste typique ressemble généralement à ça : « T'es une incapable, les femmes c'est fait pour la vaisselle, alors fais la ». Il faut traduire cette sempiternelle sentence comme suit : « T'es une incapable, les femmes seules savent faire la vaisselle, même pas nous parce qu'on ne sait de toute façon rien faire, alors sois gentille et fais la ». Ainsi les femmes peuvent être traitées dans une seule et même phrase de sous-hommes et d'êtres supérieurs.

Le machisme est la réponse naturelle qu'ont trouvé les hommes pour compenser la frustration liée à leur incapacité à satisfaire les femmes. En assujettissant les femmes, les hommes ont cru pouvoir s'en affranchir ; ils ont oublié que, bien souvent, entre l'esclave et le maître, c'est le maître l'esclave.

La plupart des femmes ont conscience de leur pouvoir sur les hommes ; certaines en abusent. Les hommes les traitent souvent de salopes, mais aucun ne rechigne à coucher avec l'une d'elles si elle leur en fait la proposition.

Hélas, la grande majorité des femmes ne sont pas des salopes ouvertes à toutes les propositions. Alors que la grande majorité des hommes sont des obsédés prêts à tout pour sustenter leur pénis. D'où l'existence et le succès de nombreux magazines ornant le haut des rayonnages dans les bureaux de tabac. Une fois ce Petit Testament en mains, l'homme ne se sent plus de joie ; il pourra s'enfoncer dans l'humiliation en branlottant son petit ami entre deux pages présentant le cul d'un mannequin aux regards avides de gens qui baveront par deux orifices simultanément.

Si l'éducation de l'homme par ces magazines se fait assez tôt, ce dernier aura la joie de ne jamais pouvoir coucher avec quiconque, puisqu'il ne rencontrera pas de femme qui tienne la comparaison avec les standards qui ont élevé jadis sa conscience sexuelle et son sexe consciencieux vers les cieux du plaisir avilissant de la masturbation. Il pourra alors se replonger dans ses magazines, et n'en plus sortir.

La vie de la femme est marquée par des étapes inévitables, comme pour tout le monde d'ailleurs.

Premièrement, la femme naît. Oui, c'est incroyable, mais pourtant vrai. Quand elle naît, on peut si l'on est peu perspicace la prendre pour un garçon ; il faut faire attention.

Ensuite elle grandit – c'est encore plus fou, mais la plus grande surprise est à venir –, et sa féminité se dessine plus clairement, plus nettement. Vers cinq ans, elle connaît sa première déclaration d'amour. Déjà blasée par ce qui va devenir habituel pendant toute sa scolarité, elle laisse choir son prétendant en l'ignorant d'une force insupportable.

La primaire est donc marquée par des lettres d'amour à répétition, comme un abonnement à un magazine. La petite fille feint ignorer cette attraction, mais intérieurement il faut bien avouer qu'elle jubile. Manque de chance, elle s'amourache généralement du seul gars qui ne lui a rien demandé, et qui vient d'envoyer une lettre d'amour à une autre fille. Damnède, se dit notre femme en puissance.

Au collège, ses formes se créent, ses seins grossissent et ses fesses s'arrondissent (parfois l'inverse). Par l'orientation du regard des garçons avec qui elle parle, elle comprend vite que leur intérêt se porte sur sa poitrine. Consciente de l'attrait exercé sur eux, mais aussi emmerdée qu'ils n'aiment que ça chez elle, elle se décidera enfin à sortir avec un garçon , pour que ses copines la jalousent, pour pouvoir parler par la suite de son ex, et plus simplement parce qu'elle aussi commence à ressentir de l'attrait pour les mecs (quoiqu'elle ne sache pas trop ce qu'il y a d'attirant chez eux).

Par la suite, au collège comme au lycée, elle enchaînera les relations et les échecs, commençant à se demander si elle trouvera un jour son prince charmant. (Qu'est-ce que le prince charmant ? Le grand fantasme que l'on enracine dans l'esprit des filles dès leur plus jeune âge pour leur faire croire que la vie sera belle et qu'un homme parfait les aimera pour toujours, alors qu'on sait très bien qu'elle en chieront comme tout le monde – si ce n'est plus – et qu'elle se feront sans cesse jeter par un tas de connards.) Le drame de la fille classique est qu'elle apprécie généralement les garçons timides et réservés, mais que ceux-ci, parce qu'ils sont timides et réservés, ne lui demandent jamais rien. En conséquence de quoi elle opte, souvent par défaut et en sachant qu'elle sera déçue, pour le moins naze de ses prétendants.

Au début de ses études, la femme ne se fait plus d'illusion : elle comprend que le Prince Charmant c'est de la pure connerie, que les mecs sont tous des Gueux Affligeants, et jure mais un peu tard qu'on ne la prendra plus comme ça un soir pour la jeter le lendemain matin comme elle-même jette ses serviettes usagées. C'est alors qu'elle pourra faire connaissance, un peu fortuitement, de celui qui ramènera le bonheur dans sa vie détruite par la multiplicité des déceptions.

Sa vraie vie de femme à peu près épanouie débutera alors, pour se conclure vers l'âge de 45 ans, quand son corps, ayant perdu son érotisme, ne suffira plus à celui qui le désirait tant une vingtaine d'années auparavant.

Elle pourra tenter ce qu'elle veut pour retrouver sa beauté d'antan ; elle pourra même espérer que sa beauté du moment, encore admirable, suffise à celui qu'elle aime ; rien n'y fera. Elle se lancera alors dans des régimes en espérant que le matin au réveil ses pantalons soient trop larges pour elle (alors qu'il suffirait d'acheter des pantalons de la taille supérieure pour que ce soit le cas ; pas besoin de maigrir), elle se mettra de l'anti-rides sur le visage et des saloperies sur le cul – parfois même l'inverse – pour éviter d'avoir une peau d'orange, et mangera des machins à 0% de matières grasses pour 100 % de contraintes et d'auto-soumission à une société qui tolère tout sauf une chose, la vieillesse, et qui a pour seule référence une autre chose, la jeunesse, et qui parle de jeunes et de moins jeunes et non pas de vieux et de moins vieux, et qui fait de la vieillesse la tare ultime de l'humanoïde moderne en disant que ça n'est pas grave d'être vieux, et qu'il faut respecter les personnes âgées parce que sous-entendu elles sont infoutues de se démerder par elles-mêmes tant elles sont piteuses dans leur décrépitude et dans le ridicule de leurs pensées et de leurs actions. Les vieux meurent, et pourtant il n'y en a jamais en moins, c'est l'un des paradoxes de la nature ; c'est aussi la logique d'un système qui fait qu'une femme est vieille à 45 ans et que sa retraite sexuelle durera 45 autres années.

Les hommes profiteront alors de 20 années supplémentaires de plaisir, jusqu'à ce que leur sexe refuse obstinément de fonctionner.