jeudi, 08 mai 2008

Libertéééé !

Liberté ! d'expression ! Liberté ! d'expression !

C'est con de gâcher sa liberté d'expression en la réclamant.

C'est con de revendiquer la liberté d'expression quand on a rien à exprimer.

C'est comme marcher pour qu'on vous donne des jambes.

Ça fausse le jeu.

Tenez, par exemple, que fais-je actuellement ? En vertu de la liberté d'expression qui m'est offerte via cette page, je débite des conneries au lieu de décoller des bites.

N'est-ce point là la preuve la plus flagrante de mon total manque de morale ?

Ce que je fais là, c'est utiliser la liberté d'expression pour vous dire que la liberté d'expression c'est de la merde. A-t-on déjà vu plus outrecuidant comportement chez un jeune de ma taille et de ma corpulence ? Et même d'une autre taille et corpulence : les obèses comme les affamés peuvent aussi être outrecuidants.

Ah, elle est belle, la liberté d'expression. Tellement belle que tout le monde se l'arrache, tout le monde s'en réclame, tout le monde la revendique.

La liberté d'expression me casse les couilles, alors qu'elle ferait mieux de me masser les mouilles.

Ca n'a pas de sens, hein, ce que je viens de dire ?

Et alors ?! Li-ber-té ! d'ex-pres-sion !

Savez-vous seulement ce qu'est la liberté d'expression, bande de bites ?

La liberté d'expression, c'est ce qui vous permet de vous plaindre de ne pas la posséder.

Elle est à la fois outil et objet de la plainte.

C'est comme le concept de respect de la personne humaine.

« Par respect pour la personne humaine, veuillez ferme la porte SVP ». Voilà ce que je peux lire sur la porte du local à poubelles d'un immeuble à deux pas de chez moi.

Ben ouais, c'est parce que voyez-vous, il suffit d'un rien pour lui manquer de respect, à la personne humaine.

Mais qui est la personne humaine, d'ailleurs au juste du reste ?

C'est tout le monde sauf vous.

La personne humaine, c'est cette personne que vous ne connaissez pas et que vous n'avez jamais vue mais à laquelle vous devez penser pour ne pas la vexer ou atteindre sa foutue liberté.

Personnellement quand je lis ce genre de panneau je n'ai qu'une envie : faire chier la personne humaine.

Après tout, l'homme est destiné à être emmerdé ; ce n'est qu'à partir du moment où il est contrarié qu'il devient drôle.

Regardez-moi : je suis comique à pousser des gueulantes dans le vent, non ?

Dès lors que l'homme se pose en opposition face à une chose où une idée et qu'il exprime cette opposition de manière forte, il est drôle, bien plus que de coutume.

Avouez que ça donne envie d'être chiant, quand même.

Par exemple, ce qui me fait le plus rire, ce sont les blogs qui revendiquent en caractère gras leur envie de liberté d'expression, comme si on était sous une dictature, en oubliant qu'ils sont en train de l'utiliser.

Notez que bien souvent ces blogs utilisent cette introduction pour mieux faire digérer leurs idées débiles et inutiles.

Pourquoi gueuler pour qu'on vous en donne le droit ?

Vous avez le droit de parler, alors fermez-la.

jeudi, 01 mai 2008

LA menace du XXI ème Siècle : les Gens !

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Et hop,voici un billet tiré d'une idée de Jenrathy - que son nom soit gravé dans la roche pour l'éternité - qui a décidé que je vous parlerai d'un terrible sujet : LES GENS !!

Amisanthropes (wow ça commence fort, déjà un jeu de mots tout pourri... ) bonjoir (au moins, que vous lisiez ce billet le matin, l'après-midi ou le soir, ça passe) !

Nous, associables, on aime bien squatter devant notre pc. On est tranquille, on joue, on discute, on achète des trucs, on partage, on découvre de nouvelles choses...

Mais voilà, des fois, il faut qu'on lève notre petit popotin pour faire des choses dans la vraie vie. Et forcément, si on sort de chez soi/sa chambre, on tombe forcément sur des Gens. Oui, "des Gens" !!!

*court dans tous les sens en agitant les bras en l'air*

Parmi la flopée d'actions qui requièrent de sortir et où l'on est susceptible de rencontrer un/plusieurs Gens : faire les courses, aller en cours, aller travailler, aller chez un(e) ami(e), sortir, aller faire le plein (voiture/frigo peu importe), aller au kébab/resto/pizzeria/garage/banque/mairie/gendarmerie/autre part, j'en passe et des meilleures...

Le misanthrope est pourtant rusé, il profite amplement du e-commerce pour se faire livrer les biens de premières nécessité (jeux vidéos, dvd, livres, pizza...) mais voilà, on ne peut pas tout acheter sur Internet. Le misanthrope est alors obligé de sortir de son domicile/antre/grotte/chambre et doit se confronter à l'un de ses plus grands ennemis (avec l'orage, la panne d'Internet et le FBI) : Les Gens.

Les Gens. Un mot bien vague qui représente pourtant la majeure partir de la population of the world ! (tout le monde sauf toi en fait.). Afin de vous préparer lors de ces sorties dans la vraie vie, sous ces dangereux rayons de soleil, nous allons voir ensemble sommairement les différentes formes de gens sur lesquelles vous pourriez tomber lors de vos pérégrinations IRL, et comment y faire face :


¤ Les Vieux (autres appellations : le 3ème âge, papy/mamie, l'ancêtre, etc... ). Le vieux ne travaille plus, il peut donc faire chier le monde à plein temps.

Leurs activités préférées : prendre les places assises dans les transports en commun, passer devant vous à la queue du supermarché quand vous êtes pressé (ils font exprès d'oublier le code de leur carte bancaire en plus, attention), être devant vous au guichet de la banque avec ses anciens francs, vous insulter copieusement tout en vous disant que c'était mieux avant (aussi appelé : Le Bon Vieux Temps).

Comment les éviter/s'en débarrasser : Les vieux ont plusieurs points faibles, on pourrait les classer dans la même catégorie que les zombies (sauf qu'au lieu d'essayer de vous manger le cerveau, ils regardent Derrick) : ils sont lents, ont une vue/ouïe défaillante et sont physiquement peu résistants (attention cependant à ne pas les confondre avec des zombies, vous pourriez avoir des problèmes lorsque vous raconterez votre histoire aux petits hommes en bleus au poste de police).

Utilisez les techniques classiques "j'accélère pour semer mamie et son déambulateur", "Je monte le son de mon Itruc© pour éviter d'entendre papy raconter la guerre des tranchées une énième fois" ou bien "Je brusque un peu le vieux pour lui faire comprendre que je suis pressé" (attention ! Le vieux est fragile, son coeur peut lâcher facilement).

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¤ Le Jeune con, (aussi appelé Pyjama, djeunz, petit con, petit branleur, sale gosse, racaille, sale jeune, petit puceau etc... ). Le jeune est un rebelle. Il n'apprécie pas l'autorité, que ce soit celle de ses parents, profs, des contrôleurs du bus ou bien de la police.

Leurs activités préférées : Occuper les places assises des transports en commun (les salauds ! ils sont de mèche avec les vieux !! ), avec en bonus foutre la merde et écouter sa musique bien fort (voire sur son téléphone portable pour en faire profiter toute la rame de métro / le bus). Il peut aussi vous demander une clope, voire des feuilles ou du feu.

Comment éviter ou se débarrasser d'un jeune con : Le jeune, bien que rebelle sur les bords, reste un petit con qui ne connait rien à la vie. De ce fait, utilisez votre savoir pour l'humilier ou lui faire peur. Par exemple si un petit con vous demande une cigarette, répondez lui "C'est parce que tu fumes que t'as pas de poils à ta petite bite". S'il ne s'enfuit pas en courant, ajoutez un "Petit Con" pour ponctuer votre phrase. Si le jeune n'a toujours pas l'air convaincu, finissez-le avec un "C'est ce qu'ils ont dit à TF1 (ou M6)" (source d'information universelle pour le jeune, avec skyrock et Myspace) et là il fera dans son pantalon, ce petit con.

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¤ Les casse-couilles (brise-ovaire pour les filles) : cette catégorie de Gens est faites pour te faire chier. Il n'y a pas d'autres mots pour le dire, leur objectif est de te pourrir la vie, sucer la moelle de ton temps libre ou pire, de ton porte monnaie.

Dans le groupe des casses-couilles (qui est assez large), on retrouve : Le mendiant, le mec des sondages useless, les éboueurs, les témoins de Jéhovah, La Poste, la caissière dyslexique, la DDE (doués pour faire des travaux au petit matin quand tout le monde part au taff), le connard de la Banque (fonctionne aussi avec le connard des impôts, de la douane, de l'aéroport... Oui y a beaucoup de connards ^^ ), le professeur qui t'aime pas (oui, TOI en particulier. Tu sais pas pourquoi, mais il te hait), les hippies, et encore pas mal d'autres... vous en trouvez à chaque coin de rue de toute façon.

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Le casse-couille est futé, il s'adapte en fonction de ton moyen de transport dans le monde IRL.

Ainsi, si tu conduis une voiture, tu vas te retrouver très probablement avec une voiture de l'auto école devant toi qui fait du 40 en ville et qui hésite à chaque intersection, un camion poubelle (si t'es vraiment chanceux tu l'auras juste à la sortie de ta rue pour qu'il te fasse bien chier un bon moment), des travaux, un accident bien stupide (genre on me rentre dedans et je sors de ma voiture sur la voie de gauche du périph' histoire de bien faire chier le monde), sans oublier le classique mais toujours plaisant embouteillage, rempli de beauf en 4x4, de monospace avec famille nombreuse et du gloglo de base qui cale sans arrêt car il est trop noob pour utiliser son embrayage correctement.

Si vous utilisez les transports en commun, le risque d'aggro est beaucoup plus important. Sans compter les vieux et les jeunes qui prennent toutes les places assises, vous avez aussi des puants (manque d'hygiène important), des clochards, la jeune maman avec sa poussette qui te roule sur les pieds et qui te demande de l'aide pour sortir du bus/metro, la daronne qui fait ses courses et qui se trimballe avec 12 sacs plastiques prêt à éclater, et si vous êtes de sexe féminin, le risque d'aggro est multiplié par 10 auprès des jeunes, pas de bol ("hé miss, t'a un zéro-six ?").
Leurs activités préférées : TE FAIRE CHIER ! Te faire perdre ton temps, ta patience, ton argent, le peu d'équilibre mental qu'il te reste, bref te casser les couilles (d'où le nom).

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Comment les éviter/s'en débarrasser : Si vous voyez un casse-couille s'approcher de vous, sortez vite votre portable et faites style d'être dans une grosse engueulade au phone, genre "Mais putain tu pouvais pas faire attention !! Je te prête la voiture une journée et tu la fous déjà en l'air ! Mais putain c'est pas croyable" en gueulant bien fort et en faisant des flexions des sourcils. Le casse-couille sera intimidé et n'osera pas s'approcher. Si il s'approche tout de même, interrompez la conversation abruptement et sortez un gros "QUOI ?!!?!" dans sa face avec les sourcils descendus jusque sur le nez. Il y a très peu de chance qu'il résiste à cet assaut, mais bon, si le casse-couille ne lâche pas prise, utilisez le très efficace "J'ai pas le temps" d'un ton net et cassant.

Je pense que rien que ces trois catégories regroupent la majeure partie des gens (les animaux et robots ne sont pas compris par contre).


J'ai omis volontairement la Famille, car cela dépend des personnes. Certains sont totalement asociaux et n'ont pas de contact avec leur famille, tandis que d'autres ont un minimum d'intéractions ("on mange", "c'est l'heure", "range ta chambre"... ).

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Pour terminer, voici quelques images récapitulatives pour ne pas se tromper ! A retenir absolument !!

Conclusion n°1

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Conclusion n°2

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Conclusion n°3

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Conclusion n°4

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Conclusion n°5

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mardi, 29 avril 2008

Faut-il avoir peur des jeux vidéo ?

Suite au truc écrit à destination de Michel Denisot, j'ai eu envie de ressortir un article que j'avais écrit en décembre 2006, suite à un débat de feu l'émission "L'Arène de France", présentée par Stéphane Bern, qui se basait sur la question suivante : Faut-il avoir peur des jeux vidéo ?

Essayez donc de vous remettre dans le contexte de l'époque, j'ai laissé ledît texte tel quel (il y aura donc sûrement des évènements qui, depuis, auront bougé, mais ça reste encore - malheureusement - bien d'actualité).

P.S.: Attention, article en haute teneur de guillemets ! ^^


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Faut il avoir peur des jeux vidéo ?

C'est la question qui est posée dans l'émission de Stéphane Bern "l'Arène de France" à laquelle le Grand Marcus (de GameOne) a participé il y a deux semaines et qui sera diffusée ce soir, Mercredi 27 Décembre à 22h40, sur France 2 (mais que j'ai eu le privilège de voir en avant-première, parce que piston, tout ça.. ).

La réponse est oui bien sûr ! **ironie inside**

Et ils étaient pas trop de deux avec Tom Novembre pour mettre en garde la ménagère de moins de cinquante ans et lui conseiller vivement de fermer ses volets, de couper l'électricité et de noyer ses gosses, qui de toute façon n'auraient pas échappé à ce terrible fléau !

Non, sans rire, pour une fois, le débat était plutôt sympa et constructif, et les représentants des "forces obscures" anti jeu vidéo plutôt mesurés et ouverts.
Allez tiens, je vais vous raconter un peu...

Et je vais en profiter au passage pour développer ici les arguments habituels que tous les amateurs de jeux vidéo ont en tête lorsqu'ils assistent atterrés à un débat télévisé sur le sujet.
Parce que je me suis rendu compte que, mine de rien, nous autres journalistes spécialisés (on peut aussi appeler ça "les gars payés pour jouer ") et gamers étions habitués à prêcher des convaincus, mais qu'on prenait finalement rarement la peine de réfuter devant le "grand public" les fausses idées véhiculées par les médias traditionnels, et notamment la télévision, à propos du jeu vidéo.
La seule occasion qui se présente est finalement d'aller "défendre la cause" dans des émissions de débats télévisés, même si ces émissions, qui ne se déroulent que très rarement en direct, sont ensuite souvent montées de manière partiale pour laisser plus de place aux adversaires du jeu vidéo... Pas forcément par méchanceté ou ignorance d'ailleurs, mais simplement parce que, de la même manière que les trains qui arrivent en gare n'intéressent personne, un seul joueur qui va mal est plus "télégénique" que les millions de joueurs qui vont bien.
Alors Marcus a décidé de s'y coller, et je vais essayer dans ce billet de rassurer un peu ceux que le jeu vidéo inquiète...

SI VOUS AVEZ PEUR DU JEU VIDEO, CE QUI SUIT EST POUR VOUS !

Revenons donc à l'arène de France....
Dans le camp des "pour", outre Tom Novembre (grand amateur de jeux devant l'éternel malgré sa mauvaise foi légendaire envers les manettes et l'impossibilité de parer dans Soul Calibur) et Marcus, on trouvait Sandrine Camus la créatrice de l'excellent site gamongirls.com (http://www.gamongirls.com/) que je vous recommande chaudement les filles, Shy'm, la jolie chanteuse de RnB (si si, ça existe) passionnée de jeu vidéo autant que de musique, Nicolas Gaume, l'ex patron du mythique studio de création Kalisto, et Michael Stora, psychologue clinicien toujours partant pour défendre les jeux vidéo et qui les utilise même dans le cadre de thérapies pour aider des adolescents.

En face, dans le camp des "contre", j'ai eu la surprise de retrouver pour la troisième fois sur un plateau de télévision Yves de Vaucresson, qui a sorti son fils du terrible enfer du jeu vidéo en réseau en l'envoyant faire un stage équestre à la campagne (au risque de le rendre accro aux jeux d'Alexandra Ledermann !). ;-)
Comme quoi, quand on cherche à faire témoigner des accros de jeux vidéo sur un plateau de télévision, on en trouve tellement peu qu'on retombe trois fois sur le même témoignage !
Il y avait aussi Sophie, une autre "droguée" du jeu en réseau qui, il y a quelques années, passait trop de temps sur World of Warcraft, mais qui s'en est sortie en rencontrant dans le jeu des joueurs qui sont devenus ses amis dans la vraie vie, et même plus si affinités (elle a aussi rencontré son petit copain dans WOW !)... Du coup, difficile de la compter vraiment dans le camp des "contre".
Même le représentant de "Familles de France", monsieur Bonnet, plutôt ouvert et mesuré, n'était pas contre les jeux destinés aux adultes, mais réclamait simplement une signalétique claire sur les boites de jeux pour éviter que des jeux déconseillés aux moins de 18 ans ne tombent entre les mains de jeunes enfants...

La signalétique existante, avec ses indications des différentes tranches d'âges auxquelles se destine chaque jeu, me paraît pourtant suffisamment claire, mais la journaliste de l'émission a confié que certains membres de familles de France pensaient que l'inscription "18+" sur une boite de jeu correspondait à la note obtenue par le jeu... Faudra juste que quelqu'un prenne le temps de leur expliquer.

POUR LES PARENTS INQUIETS...

Il y avait aussi dans le camp des "contre" Julie Rénaud, animatrice télé et jeune maman, qui s'inquiétait de voir un de ses deux jeunes fils de dix ans ne s'intéresser qu'aux jeux vidéo et craignait de le voir jouer à des jeux pour adultes.

Je suis toujours surpris de voir des parents s'inquiéter du fait que leurs enfants passent "trop de temps" (notion toute relative par rapport au temps passé devant la télé comme on le verra tout à l'heure) à jouer à des jeux vidéo, et se lamenter de leur apparente impuissance devant ce phénomène.
Il est important d'imposer aux enfants un temps de jeu raisonnable et de faire attention à ce que des jeux qui ne leur sont pas destinés (pour adultes) ne leur tombent pas entre les mains, et tout est fait pour aider les parents à assumer cette responsabilité...
Pour commencer, le prix des jeux (60 Euros en moyenne) et des consoles (de 150 à 600 Euros), font qu'un enfant n'a pas les moyens d'acheter sans le consentement d'un adulte.
La signalétique sur les boites de jeux permet de voir immédiatement les tranches d'âges auxquelles ils sont déconseillés, et certaines chaînes de magasins, comme Micromania que je connais bien (pour y avoir bossé), mettent en place des mesures qui permettent d'empêcher un enfant de 10 ans d'acheter un jeu déconseillé aux moins de 18 ans...
Lorsqu'un jeu déconseillé aux moins de 16 ou 18 ans passe en caisse, un programme informatique bloque la vente et affiche un message avertissant le vendeur, qui doit vérifier l'âge de l'acheteur avant de poursuivre la vente.

Par ailleurs toutes les consoles nouvelle génération (Wii, Xbox 360 et PS3) ont un système de code parental intégré qui empêche la console de lire les jeux déconseillés aux moins de 18, 16 ou 13 ans si les parents le souhaitent.
La Wii enregistre même dans un journal de bord intégré le temps passé sur chaque jeu, et le temps total passé sur la console chaque jour !
Le reste est donc juste une question d'autorité parentale et ne relève plus des jeux vidéo eux même...
Je conseille en tout cas vraiment aux parents de s'intéresser aux jeux de leurs enfants, et de les partager avec eux... Vous verrez, c'est pas si terrible que ça ! Une petite partie de bowling en famille sur la Wii c'est imparable !
Sur le plateau de l'arène de France, Tom Novembre expliquait d'ailleurs qu'il partageait avec plaisir l'univers de son fils (notamment en explorant avec lui le monde de Zelda) et que ça lui permettait en retour de l'amener dans son univers à lui.

L'ADDICTION AU JEU VIDEO

Parmi les autres invités de l'émission, dans le camp des "contre", on comptait également un médecin de la Clinique Marmottan (mais pas le Dr Marc Valleur pour une fois !) qui soigne les jeunes accros aux jeux vidéo et se prétend submergé de demandes.
D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec ce Monsieur un jour, sur un forum, et j'en ai profité pour lui demander de m'indiquer clairement combien de patients victimes d'addiction au jeu vidéo l'hopital Marmotant avait traités jusqu'à présent... mais il a refusé de répondre.
Bien sûr, il est important d'aider les personnes en détresse qui trouvent refuge dans le jeu vidéo de manière pathologique, mais j'en ai assez que la télévision tente de faire passer ces cas extrêmement rares pour une généralité, comme si ce risque guettait tous les joueurs.
Heureusement, l'immense majorité des joueurs "s'adonne" aux jeux vidéo avec modération...
Une étude réalisée par la SOFRES en Novembre 2006 montre qu'en France, les amateurs de jeux vidéos jouent en moyenne 5h45 par semaine (moins de 3 h par semaine pour la moitié d'entre eux), alors que les français regardent la télé 3h30 par JOUR (soit 24h30 par semaine !).

http://www.afjv.com/press0611/061122_marche_jeux_video_fr...

Il est quand même assez étonnant de voir que c'est le jeu vidéo qui est considéré comme une addiction alors qu'on passe quatre fois plus de temps devant la télévision sans se poser de questions !

J'étais donc sincèrement curieux de savoir combien de personnes sur les 13 millions de joueurs qu'on compte en France présentaient de réels problèmes d'addiction, mais je n'ai pas réussi à obtenir de réponse de la part du médecin de Marmottan...
Pour que le service de Marmottan, composé, j'imagine d'une demie douzaine de psychologues spécialisés (là encore mon interlocuteur n'a pas daigné préciser leur nombre) soit "submergé de demandes", une vingtaine de cas suffiraient, ce qui représente une quantité négligeable...
"Négligeable" statistiquement, mais pas à négliger pour autant...
Je suis évidemment le premier à prôner la modération en matière de jeux vidéo, et à soutenir toutes les initiatives qui permettent d'aider les joueurs qui s'enferment dans le jeu vidéo.
Je refuse en revanche qu'on dise que ces gens sont malades "à cause du jeu vidéo" alors que l'abus de jeu vidéo n'est finalement que le symptôme d'un malaise profond.
Pour ces rares cas pathologiques, la passion exagérée du jeu vidéo n'est souvent q'un refuge qui permet de fuir une réalité difficile (disfonctionnements familiaux, inadaptation sociale, pression des études, etc.), de la même façon que d'autres trouvent refuge dans les collections de Pin's ou l'amour de Claude François sans qu'on s'en inquiète outre mesure à l'hôpital Marmottan.


L'INTERDICTION TOTALE DES JEUX VIDEO POUR ADULTES

L'autre grand sujet de la soirée c'était le projet de loi déposé au mois de novembre dernier par trois députés - brillants d'habitude - de l'UMP (Bernard Depierre, Lionnel Luca, et Jacques Remiller) visant à interdire totalement en France la vente de jeux vidéo déconseillés aux moins de 18 ans.
Là, les trois gaillards avaient fait fort en balançant carrément des affirmations mensongères pour étayer leurs propos...
Voilà par exemple comment le député Bernard Depierre décrit le jeu Rules of Rose :
"L'action du jeu Rules of Rose se situe dans un pensionnat anglais dans les années 1930. Le but du jeu incarne un sadisme et une perversion inacceptables : il s'agit de violer dans les plus horribles conditions une petite fille puis de la torturer avant de la tuer dans la pire des souffrances. Celui qui aura fait preuve de l'ignominie la plus infâme, la plus répugnante, remporte la partie".
Evidemment il n'est pas absolument pas question de violer ni de tuer des petites filles dans ce jeu, qui est un survival-horror conçu pour plonger un joueur seul dans une ambiance angoissante à la Tim Burton, et en aucun cas un jeu multi-joueurs façon "Mario Party" où chacun rivaliserait de perversion pour faire un score !
A la place de l'éditeur du jeu je porterais plainte pour diffamation.

S'appuyant donc sur des affirmations mensongères, nos trois députés réclament l'interdiction totale des jeux vidéo "violents" déconseillés aux moins de 18 ans.
Or nos trois pieds nickelés, qui s'inquiètent naturellement de la mauvaise influence que peuvent avoir les jeux vidéo violents sur les enfants, font tous les trois partie du groupe d'étude sur la chasse de l'assemblée nationale et ne semblent pas inquiets du fait qu'en France on ait le droit à 15 ans d'avoir un permis de chasse qui vous autorise à avoir une vraie arme entre les mains les mains pour tuer de vrais êtres vivants.
Pire, en Novembre 2002 Lionnel Luca et d'autres députés demandaient la suppression de l'interdiction de chasser le mercredi en s'appuyant sur des arguments qui me semblent quelque peu discutables venant de la part d'ardents défenseurs de la protection de l'enfance face à la violence ...
Je cite :
"Interdire la chasse le mercredi, un jour où les enfants sont libres, contribue à couper un peu plus les jeunes de la nature. La pratique de la chasse est un moyen de mieux connaître la faune, et d'apprendre à respecter certaines règles de protection de notre patrimoine cynégétique. La chasse n'est pas seulement une tradition du monde rural, à laquelle nous sommes attachés, mais également une forme irremplaçable d'éducation à la nature, dans une ambiance de convivialité et d'échanges entre les générations."
Personnellement, je trouve une partie de Mario Kart en famille autrement plus saine et conviviale qu'une battue au sanglier ou la mise à mort d'une biche.
Mais le plus triste c'est que nos adeptes de la non violence (virtuelle uniquement) ont obtenu gain de cause puisque leur proposition a été adoptée en 2003 !
Désormais les enfants de 15 ans peuvent à nouveau flinguer des lapins innocents le mercredi, et avec un peu de chance toucher au passage d'autres enfants qui eux préfèrent faire du vélo dans les bois le mercredi.
Là encore il faudra qu'on m'explique comment on peut considérer que tuer de vrais animaux pour le plaisir est une activité saine qui enseigne le respect de la vie, et en même temps s'offusquer contre le fait qu'on puisse s'amuser à faire semblant de tirer sur quelques pixels représentant la plupart du temps des extraterrestres belliqueux ou de méchants nazis désireux d'envahir le monde.
Comment peut-on croire sincèrement qu'une manette de jeu est plus dangereuse qu'un vrai fusil ? (avec tout ça, vous allez penser que je suis un anti-chasse, alors que pas du tout, je tiens juste à mettre en avant quelques incohérences de raisonnement)
Je suis sûr que nos chers députés ont oublié le temps où eux même jouaient aux cow-boys et aux indiens dans les bacs à sable en prenant un bâton pour en faire un fusil et dégommer des "peaux-rouges" (un bon vieux classique).
Le bâton a été remplacé par des consoles à 400 Euros et les enfants d'aujourd'hui ont heureusement un sens du discernement et un second degré plus développé que celui des générations précédentes, ce qui leur permet de ne jamais confondre le jeu et la réalité.

À l'issue du débat, le public de l'émission, qui votait pour répondre à la question du jour : "Faut il avoir peur des jeux vidéo ?" a répondu non à 62 %.
Au début de l'émission, seulement 57% avaient répondu non à cette même question.
Si les téléspectateurs de l'autre côté du poste réagissent de la même façon ce soir, on pourra alors se dire que pour une fois, une émission de télé aura un peu fait avancer la cause du jeu vidéo !

Sur cette bonne nouvelle chers petits amis, je vous laisse en espérant que vous ayez passé de joyeuses fêtes de Noël !
Je pense que la déferlante de Wii qui s'est abattue dans les cheminées nous promet de sacrés progrès dans le domaine de la convivialité entre les générations !

;-)

[Lettre] Monsieur Denisot

Cher Michel Denisot,

Hier soir, sur le plateau de votre émission Le Grand Journal sur Canal +, l'un des thèmes abordés concernait le lancement de GTA IV, le fameux "produit culturel ou sous-culturel" qui, si l'on en croit la récente couverture du quotidien Libération, titrée avec un rien d'emphase : "Le plus grand jeu de tous les temps", semble attirer l'attention de grands médias généralistes.

Le 28 avril 2008, pour parler de ce jeu vidéo événement vous avez décidé d’inviter : un psychiatre/psychanalyste et un comédien/animateur fan de jeu vidéo. Pas un journaliste. C’est votre choix. Un choix qui, d’emblée, donne cependant une couleur étrange à un débat concernant ce qui ne reste finalement qu’un jeu.

Oui, GTA IV est un jeu violent, subversif, souvent amoral. Ainsi lorsque sur votre plateau Salim Sdiri déclare avoir chez lui les précédents épisodes de GTA, y jouer… et qu’il n’est pas pour cette violence pour des jeunes de « 10… à 16 ans », comment ne pas être d’accord avec lui ? Ca tombe bien, GTA IV ne s’adresse pas à eux. Ce jeu est très justement déconseillé (et non interdit) aux joueurs de moins de 18 ans. La mention est clairement apposée sur la boîte, puisque la norme "PEGI" l'impose. Et cela semble justifié vu le caractère adulte explicitement reconnu par son contenu.

Le faisceau des questions posées alors dans votre émission se focalise sur une thématique unique : faut-il en avoir peur ? Faut-il y avoir une quelconque déviance ? Faut-il y voir le défouloir d’une jeunesse marginale ? Appuyer sur une manette de jeu facilite-t-il un passage à l’acte dans « la vraie vie » ?

Le fait qu’un jeu vidéo soit interactif le rend-il pour autant plus dangereux qu’un media où le spectateur est passif ? Les images et faits diffusés aux journaux télévisés, bien réels, eux, sont-ils moins choquants ou moins perturbants pour un jeune enfant ? Aviez-vous invité un psychiatre lors de la venue du sympathique Sylvester Stallone, qui se transforme pourtant en véritable machine à tuer abattant à coups de mitrailleuse des centaines de soldats dans le film John Rambo (film interdit seulement aux moins de 12 ans). Le célèbre jeu bien réel du cow-boy et des indiens est-il à bannir dans les familles ? Le fait, en bas âge, de se poursuivre armé d’un pistolet à pétard est-il un acte passif ? Brise-t-il la barrière du passage à l’acte potentiel chez les jeunes enfants ?

Tout est question d’encadrement. De mise dans son contexte. De prise de conscience des ses actes, et des conséquences qui en découlent. En d’autres termes : d’éducation. A ce titre, le message est clair : GTA IV ne s’adresse tout simplement pas aux jeunes joueurs. A chacun d’en avoir conscience et de prendre ses responsabilités (vendeurs, parents, acheteurs).

En revanche, GTA IV est riche en références cinématographiques, musicales, urbaines. Références qu’un large public peut comprendre ou serait intéressé de connaître. Un public adulte. Car derrière son action tapageuse, GTA IV est aussi un condensé de liberté, d’expérience numérique uniquement accessible via le media jeu vidéo. Un media qui chaque année touche de plus en plus de personnes dans le monde. Probablement pas uniquement des sociopathes en puissance. Et s’il y avait autre chose derrière le mur des apparences ?

J’avoue ainsi avoir été choqué de l’utilisation du mot « drogué » qualifiant Davy Mourier, caution jeu vidéo de votre débat. Le poids des mots est ici d’importance. Les fans de jeux seraient-ils donc des drogués ? Faut-il forcément être totalement « addict » pour être joueur… en tout cas à ce genre de jeu. Je ne le pense pas. En revanche Pete Doherty, que vous invitiez en octobre dernier sur votre plateau, se drogue. Avec de la vraie drogue. Pas de la drogue numérique. Donne-t-il envie aux jeunes qui l’écoutent de passer à l’acte eux aussi ? Si tel est le risque, vous auriez peut-être dû prévenir les parents au préalable.

J’aimerai aussi connaître la pertinence de la diffusion de la célèbre vidéo du jeune joueur allemand en transe devant son ordinateur. Cette vidéo a fait le tour du monde. Elle est aussi pathétique, que marginale. N’est-ce pas là sombrer dans la caricature facile et stigmatiser là où il n'y a finalement pas lieu à comparaison ?

Pour citer le récent article concernant GTA IV publié par le quotidien Libération : « les ligues de vertu de tout poil ne s’y sont pas trompées, qui ont fait depuis longtemps du label GTA le symbole maléfique d’une industrie de toute façon suspecte ». De toute façon suspecte.

Savez-vous qu’aujourd’hui, en 2008, 30 millions de français se disent joueurs de jeu vidéo ? Savez-vous que désormais plus de 40% de ces joueurs sont des femmes et que la moyenne d’âge du joueur français s’élève à près de 30 ans ? Savez-vous qu’en France les jeux vidéo les plus vendus sont des simulations de foot, de courses automobiles, de calcul mental et d’élevage de chiots ? C’est aussi une réalité du marché du jeu vidéo actuel.

Ne pensez-vous pas qu’à l’image des autres médias, qu’il s’agisse de cinéma ou de littérature, le média jeu vidéo se doit de fournir du contenu pour tous les âges, pour tous les publics, pour tous les goûts ? Des jeux drôles, des jeux matures. De purs divertissements, des aventures épiques. Et qu'à ce titre, GTA IV a toute sa place, pour un certain public ?

Le jeu vidéo, en tant que divertissement de masse, a aujourd’hui près de 40 ans d’histoire. Le jeu vidéo est en train de passer à l’âge adulte. Il n’a jamais été aussi ouvert, riche et varié. Le critiquer n'a rien de criminel. Libre à chacun d'apprécier les jeux, ou pas. Libre à chacun de vouloir en parler, ou pas. Mais le garder constamment dans l'ombre et se contenter d'en parler pour présenter de lui un visage hermétique, anxiogène et finalement si décalé de sa réalité de tous les jours m’étonne et j’avoue, me déçoit, de la part d’une émission si ouverte, libre et impertinente qu’est le Grand Journal que vous animez.

A votre disposition si vous souhaitez prolonger le débat.

dimanche, 27 avril 2008

[Fiction] Face à moi

Et je me retrouve en face d'elle. On s'était dit, ce qui semblait à présent être un temps Jadis, de toujours s'aimer, de toujours rester ensemble, de ne jamais se quitter. De toujours se parler et s'expliquer ce qui pourrait ne plus aller, ce qui pourrait nous nuire. L'Histoire sait ce qu'il en a été. Et elle est là. Un sourire timide au coin des lèvres et elle ne sait pas vraiment quoi me dire ou si elle doit me dire quelque chose. Moi non plus. Nous sommes en face l'un de l'autre, face à face, à quelques mètres di distance. Ca fait ce qui me paraît une éternité que je ne l'ai pas vue.
Depuis ce jour.
Le temps s'était arrêté ce jour là.
Puis c'était la nuit. Elle n'est plus jamais partie.
Son esprit sifflait Take Me à longueur de nuits.
Et ici, pendant que les clochards lancent des balles que leurs chiens ramènent au milieu de la foule, pendant que les plus jeunes révisent encore quelques instants avant l'épreuve à venir, ou que les plus âgés d'entre eux s'entraînent à leurs acrobaties, pendant que les couples amoureux savourent ces quelques instants de solitude, elle est là.
Je n'ai pas fait exprès de me trouver là. Et alors, en regardant son sourire tendre et stressé et son regard brillant d'humidité et de fatigue et ses bras étendus le long de son corps, je me rappelle.
Cette année de passion, où nous étions seuls au monde. Deux personnes sans d'autre point commun que celui de s'être trouvé là en même temps. Ont ressenti les mêmes besoins. Au gré des saisons, nous avons été au chaud, nous nous sommes mutuellement réchauffés, nous avons guéri nos âmes grises grisées. Nous avons pris et repris des couleurs pendant que les jours défilaient à côté de nous, comme un ami, à part. Nous nous sommes découvert malgré le froid, nous avons été des amants inégalés, nous avons chéri partager, nous sommes réconciliés des disputes, avons batifolé dans des parcs et embrassé dans des églises. Nous nous sommes bercés au son des voix des acteurs américains et offerts des monts et merveilles qu'on ne pouvait soupçonner imaginer.
Puis le temps a regrisé malgré le printemps qui pointait, sans que nous nous en apercevions et aujourd'hui je regrette encore de ne pas l'avoir vu venir. Pourtant mon expérience dans le domaine aurait dû me maintenir éveillé et attentif. Mais je m'étais assoupi.
Nous avons mangé des glaces à Rome et critiqué les passants, nous avons déchiré le passé et envisagé le futur. Nous étions nous et les autres. Rien ne comptait plus autour.
Nous sommes des agneaux égarés.
Nous sommes aveuglés.
Et quand je recouvre la vue c'est pour qu'elle se brouille et perdes ses couleurs. Ces couleurs.
Je suis seul au monde.
Elle est seule au monde. Mais c'est cette fois chacun de notre côté. Et elle me renvoie mon rictus gêné. J'hoche la tête en la voyant. Nos regards se détournent. Je regarde l'homme qui hurle après son chien qui va chercher un peu trop près des petits enfants du centre aéré qui se promènent le long de la mare. Je cherche encore de l'autre côté, en passant par ses yeux et ces souvenirs pendant que nous continuons d'avancer sur un sol glissant un groupe de musiciens qui s'ennuient. Je l'entends sangloter quand elle passe à mon niveau. Je bouscule la personne qui se trouve face à moi et qui ne s'est pas écartée. Elle en revanche ne m'entend pas. Ma fierté mal placée me rend discret. Je suis stupide. Elle m'a croisé. Elle est passée.
Elle ne s'est pas retournée.
Le temps n'a pas repris, il fait toujours nuit. Je suis seul au monde. Et elle...