dimanche, 25 mai 2008
Service technique
Amis internautes, j'ai récemment pris connaissance d'un terrible problème auquel fait face une personne de mon entourage proche.
Ladîte personne, ne pouvant pas s'en sortir d'elle même, décida d'appeller une assistance technique.
Voici ce qu'il s'y dit. Je vous laisse lire la chose, c'est terrifiant...et puis, ça pourra peut-être vous aider à y faire face avec plus de serennité le jour venu.
TEMOIGNAGE :
Il y a un an et demi j'ai changé ma version Fiancée 7.0 par la version Épouse 1.0 et j'ai observé que le programme a lancé une application inattendue appelée Bébé 1.0 qui prend beaucoup d'espace dans mon disque dur.
Dans la notice, cette application n'est pas mentionnée.
D'autre part, Épouse 1.0 s'auto-installe dans tous les autres programmes, et se lance automatiquement dès que j'ouvre n'importe quelle autre application, parasitant l'exécution de celle-ci.
Des applications telles que BièreentreCopains 10.3, NuitdeBringue 2.5 ou DimancheFoot 5.0 ne fonctionnent plus.
De plus, de temps en temps se lance un programme occulte (virus ?) appelé Bellemère 1.0 lequel soit plante le système, soit fait que Épouse 1.O se comporte de manière totalement inattendue.
Je n'arrive pas à désinstaller ce programme, et ceci est très irritant, surtout lorsque j'essaye d'exécuter l'application DimancheCâlin 3.0
Il semblerait également que certaines fonctionnalités aient des bugs.
Par exemple, la commande Petite_pipe_du_samedi.exe qui ne s'active jamais.
J'envisage de revenir au programme que j'avais avant, Fiancée 7.0, mais le processus de désinstallation d'Épouse 1.0 me semble fort complexe, et je ne mesure encore pas bien les risques que cela peut comporter pour les autres applications comme Bébé 1.0, qui je l'avoue est très convivial.
Pouvez-vous m'aider ?
Un utilisateur démoralisé.
RÉPONSE :
Cher Utilisateur,
Votre plainte est très fréquente parmi les utilisateurs, mais elle est due la plupart du temps à une erreur basique de conception :
Beaucoup d'utilisateurs passent de n'importe quelle version de Fiancée X.O à Épouse 1.0 avec l'idée fausse que Épouse 1.0 n'est qu'un programme de divertissement et utilités.
Cependant, Épouse 1.0 est bien plus que ça : il s'agit d'un OPERATING SYSTEM complet, créé pour contrôler et gérer tout vos applications.
Il est presque impossible, malheureusement, de désinstaller Épouse 1.0 et revenir à une version Fiancée X.O, car il y a des applications occultes dans ce système qui feraient que Fiancée X.O se comporterait comme Épouse 1.0, donc vous n'y gagnez rien.
Même problème avec Bellemère X.O.
Ces programmes sont d'anciennes générations, desquels dérivent Épouse X.O et entraînent souvent des problèmes de compatibilité.
Avec un peu de chance, ils finissent par être victime d'un virus et disparaissent au bout de plusieurs années.
Certains utilisateurs ont essayé de formater à nouveau tout le module, pour installer ensuite les programmes Fiancée Plus ou Épouse 2.0, mais cela leur a créé plus de problèmes qu'avant (bien lire dans la notice, au chapitre Mises en garde, le paragraphe Pensions alimentaires et Garde partagée des enfants).
D'autre part,si vous installez la version Fiancée 8.0, n'essayez pas de passer par la suite à Épouse 2.0 parce les problèmes générés par ce nouveau système sont encore pires qu'avec Épouse 1.0. Bien qu'il existe une version Épouse 3.0 et même 4.0, ces programmes sont réservés aux spécialistes, d'un coût extrêmement élevé et nous les déconseillons pour l'utilisateur normal.
Si tous ces systèmes échouent, nous vous conseillons d'opter pour des programmes tout à fait différents comme Célibat 1.0 ou Tarlouze 5.3 ; mais je vous conseillerai plutôt de garder Épouse 1.0 et de le manipuler du mieux possible.
Personnellement, j'ai installé Épouse 1.O et je vous suggère tout spécialement d'étudier attentivement toute la partie de la notice concernant les Erreurs Générales.
Épouse 1.0 est un programme très sensible aux commandes et fonctionne en mode protégé contre les erreurs.
Cela signifie que vous devez assumer n'importe quelle erreur qui pourrait se produire quelle qu'en soit la cause, car Épouse 1.0 considère toujours qu'une erreur provient d'une mauvaise utilisation de votre part.
Une des meilleures solutions est l'application de la commande Faire_des_excuses.exe dès qu'apparaît le moindre problème ou que le système se bloque.
Evitez aussi l'utilisation excessive des touches ESC ou SUPPR, car vous devrez après utiliser la commande : Faire_des_excuses.exe/fleurs/All pour que le programme refonctionne normalement.
Épouse 1.0 est un programme assez intéressant, mais qui peut générer un coût élevé, s'il est mal utilisé.
Je vous conseille d'installer un software additionnel pour améliorer la rentabilité d'Épouse 1.0, comme Fleurs 5.0, Bijoux 2.3 ou bien SéjourauClubMed 3.2.
Vous pouvez aussi vous servir de Ouimonamour 8.0 ou bien de Tuasraisonmachérie 14.7.
Vous pouvez les télécharger sur Internet, leurs résultats sont assez satisfaisants.
N'installez jamais Secrétairenminijupe 3.3, Petiteamie 1.1 ou Bandedepotes 4.6.
Ces programmes ne fonctionnent pas dans l'univers d'Épouse 1.0 et pourraient causer des dommages irréversibles dans le système,
Pour la fonctionnalité, Petite_pipe_du_samedi.exe elle ne s'activera qu'après l'exécution d'autres commandes comme Collier_en_diamant.exe ou La_faire_picoller.exe
Bonne chance .
Le service d'assistance technique.
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vendredi, 23 mai 2008
Plus belle la vie
La vie, c'est le plus important. Sans la vie, on peut dire qu'on serait tous morts (ok, ok, à quelques exceptions près, si vous voulez).
La vie, c'est ce à quoi les gens tiennent les plus mais ce à quoi il pensent le moins. En fait, on s'attache à la vie quand on sent qu'on va la perdre.
Comment s'attacher à la vie ? vous demandez-vous.
Comment faire pour ne pas se laisser surprendre par la mort quand elle arrive sans crier gare ? Ou, du moins, comment faire pour que la mort crie gare quand elle arrive derrière vous avec le dessein de vous empaler sur la lame aiguisée de sa faux meurtrière et sournoise ?
C'est simple.
Attachez-vous un panneau dans le dos, posant cette question fort simple : d'où partent les trains ?
La mort étant très joueuse, elle ne pourra s'empêcher de crier gare avant de vous pourfendre.
Voilà un problème astucieusement réglé, et à moindre frais.
La vie c'est donc l'essentiel ; il faut la sauvegarder. Ou plutôt, il faut sauvegarder sa vie. Si les gens arrêtaient de jouer les héros pour sauver des personnes en détresse et passer au JT ensuite, plus nombreux seraient les vivants.
La vie est marquée par un début, et une fin. Le début s'appelle la naissance ; la fin s'appelle la vieillesse.
Après la fin, c'est la mort. Après la mort, les thèses divergent : certains représentants en bonheur, que l'on appelle Eglises, donnent dans leurs modes d'emploi des avis très différents : pour La Bible™, si l'on a été sympa pendant toute sa vie, la mort sera du sympa puissance mille pour les siècledésièclamens ; pour Le Coran™, de jolies jeunes femmes peu farouches nous attendront afin de nous faire connaître les cimes du plaisir sexuel. Evidemment, d'autres modes d'emplois donnent d'autres versions.
Selon certaines personnes n'ayant manifesté aucun intérêt pour ces entreprises de bonheur sur Terre et dans l'Air, personnes que l'on appelle athées, la mort n'est suivie de rien. Que dalle. Cette perspective les réjouit au plus haut point, parce qu'elles pensent que se donner l'air de celui à qui on ne la fait pas, donc pessimiste et déjà roué aux dangers de la vie, les rend bien plus intelligentes aux yeux de ceux à qui elles s'adressent.
De la naissance à la vieillesse, le corps connaît une expansion sans limites pendant une vingtaine d'années, avant d'entamer une décrépitude qui peut durer cinquante années.
Contrairement à ce que l'on a pu vous dire pour vous tromper, la vie ne ressemble en rien à un fleuve, encore moins à une cigarette ou à n'importe quelle connerie. La vie ne ressemble en fait à rien ; la vie est abstraite. Elle est partout ; elle est nulle part. Elle est et n'est pas. Elle vit et meurt. La vie va, la viva, Aviva.
La vie est un long malheur entrecoupé de brèves phases de bonheur. On comprend moins alors pourquoi les gens s'y attachent tant.
Parfois, avec un peu de chance, plus belle peut-être la vie. C'est vrai qu'on n'est vraiment rien sans elle, qu'on soit noir, ou même blanc (ça peut exister, des gens blancs, faut juste être préparé avant d'en voir un). N'y allons pas par un, ni deux, ni trois, ni quatre, ni cinq, mais par six, oui, six, chemins : il faut habiter à Marseille, dans un quartier en carton-pâte, avoir le pouvoir de se diffuser sur France3, être un acteur de quatrième catégorie, et connaître en une journée ce qu'une personne normale connaît en une année, donc en clair, pour reprendre une phrase d'un Lou Reed sous amphés, pouvoir dire : « Ma semaine nique votre année ».
La première chose que l'on apprend, dès le début de notre existence, c'est qu'il faut gagner sa vie. Comment gagner sa vie ?
La vie ne se gagne pas au babyfoot ou sur Mario Kart ; la vie se gagne à la sueur du front. Car détrompez-vous : on ne gagne pas sa vie en naissant ; ce serait trop simple.
On peut considérer que l'on a gagné sa vie quand on meurt dans un lit.
On peut considérer qu'on a perdu la vie dans deux cas : premièrement, si elle a disparu et on ne sait pas où elle se trouve ; deuxièmement, si on meurt dans un caniveau ou dans une carcasse de voiture, ou à moins de soixante-dix ans, ou dans une geôle, ou en tombant d'un vélo à l'arrêt, ou en menant une grève de la fin pour faire comprendre la difficulté de sa situation.
Il est plus facile de perdre la vie que de la gagner ; il est encore plus facile de perdre la vie quand on cherche à la gagner.
Plus une vie a été dure, plus elle a de la valeur. Entre un homme qui a subi des violences de ses parents et un type choyé jusqu'à sa vingt-cinquième année par papa et maman avant de se trouver un poste de fonctionnaire, il y en a un qui est indubitablement meilleur que l'autre, parce que l'autre n'a pas eu la chance de vivre une expérience traumatisante dès son plus jeune âge.
Avoir eu une enfance difficile, c'est un véritable atout pour la vie future : à moins d'être devenu attardé mental à la suite des coup reçus, on peut écrire un bouquin pour raconter son calvaire. Notez que la barrière imposée par le retard mental peut être franchie ; de nombreuses personnes médiatiques ont réussi à outrepasser leur handicap pour accoucher d'ouvrages autobiographiques sur leur enfance malheureuse.
Il paraît que les hommes naissent et vivent libres et égaux en droits. On peut légitimement en douter. Moi, par exemple, je peux difficilement tolérer l'idée que Daniela Lumbroso soit mon égale et ait les mêmes droits que moi.
La vie est une affaire bien trop complexe pour que l'on puisse en parler sans avoir connu préalablement la mort. De même que si la nuit n'existait pas, nous ne saurions pas ce qu'est le jour, nous ne pouvons pas savoir ce qu'est la vie tant que nous n'avons pas expérimenté la mort.
J'ai à ce propos demandé à Martin Luther King, décédé notoire, ce qu'était la vie pour lui, maintenant qu'il pouvait la comparer à la mort. Sa réponse fut cinglante mais juste : «Etant donné le nombre de noirs morts en esclavage, j'en vois plus en une heure au paradis qu'en une vie sur terre. Donc ma vie était plutôt naze, oui ».
C'est sur cette phrase pleine de vérité que nous pouvons conclure.
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lundi, 19 mai 2008
[Poursuite] Sur un chemin de campagne (Partie 2/2)
En fin d'après-midi Michel se rendit compte qu'il y avait sans doute mieux à faire que de s'affaler devant sa télévision pour la soirée. Ceci pris en note, il décida qu'il allait sortir en boîte. Après tout il y rencontrerait peut-être une fille. Et puis qui sait, peut-être serait-elle belle. Et en plus il la séduirait possiblement. Vu cette accumulation de probabilités excitantes, il n'y avait pas de raison de tarder. Michel mangea donc rapidement un steak avec des pâtes puis s'apprêta consciencieusement, coiffure soignée, boutons d'acné éclatés mais pas trop visibles (ouf), chemise noire et plus beau jean, irrésistible sans contestation possible. A 21h30 il quittait son domicile au volant de la voiture parentale, et se mettait en route vers l'Eclair, seule boîte de nuit des environs mais par chance boîte de nuit à la programmation musicale respectable, rock de bonne qualité. Il roula hâtivement, accompagné par la magnifique musique de Beirut qui l'étonnait toujours même après une dizaine d'écoutes... quel génie ce Zach Condon, à dix-neuf ans sortir un album comme Gulag Orkestar ça demande du talent, en voilà une bonne, une vraie musique d'enterrement, enfin pas l'enterrement d'une simple personne aimée, en fait plutôt l'enterrement d'un peuple juif ou tzigane tout entier exterminé, génocidé sur l'autel de va savoir quelle folie. Toute cette beauté alors qu'au fond le soleil se couchait et teintait le ciel de rose orangé, ça l'émut sacrément, Michel.
Il pénétra dans l'Eclair à 22h30, une heure de route c'était le minimum pour relier son domicile et cette boîte, et encore fallait-il rouler vite. Il s'installa à une table avec un verre de vin et commença d'inspecter les environs... allez coco tu vas t'en trouver une, de nana. Il faut dire que Michel avait un vide sentimental à combler depuis sa séparation d'avec Aurélie, survenue trois semaines plus tôt et provoquée par lui-même suite à une paranoïa aigüe construite autour de suppositions inventives, consistant à faire d'Aurélie une cocuficatrice experte. Assez vite il en repéra une, de fille... voilà ta chance mon bonhomme ne la manque pas... il se leva avec son verre et alluma une cigarette - avec ça elles tombent toutes à coup sûr -, et se dirigea vers elle d'un pas tentant d'être assuré. Il lui proposa de lui offrir un verre et, oh, surprise, elle accepta, même qu'elle avait l'air assez enjouée à cette idée. Michel, ton charme est donc bien réel. Longtemps ils discutèrent - elle s'appelait Marie -, elle commanda un Martini et lui juste un Coca, il fallait rester sérieux pour reconduire ensuite. Assez vite ils se sentirent, comme on dit, en phase, d'accord sur les idées politiques, d'accord sur les goûts littéraires et musicaux, d'accord sur les riches les pauvres et le racisme... études différentes mais centres d'intérêt similaires, fumeurs tous les deux, tout pour se plaire dites-donc.
La soirée s'écoula paisiblement...
À un moment on entendit passer du Beck, alors on se leva et on dansa...
Tout ça se calibrait magnifiquement bien, mais les réglementations étant ce qu'elles sont, l'Eclair ferma ses portes à deux heures du matin et relâcha dans la nature toutes sortes d'individus, pour certains un peu défoncés et/ou bourrés, pour d'autres fatigués, et pour d'autres encore, comme Michel et Marie, parfaitement sains, complètement aptes à conduire. Justement, ça tombait bien, Michel devait conduire. Aimablement, et non sans y dissimuler malhabilement un intérêt personnel, il proposa à Marie de la ramener chez elle, elle n'habitait pas trop loin de chez lui, ça ne ferait qu'un petit détour. En roulant ils écoutèrent Sufjan Stevens et continuèrent de bavarder... décidément ils avaient beaucoup à se dire, il n'aurait surtout pas fallu qu'ils se loupassent, ces deux là.
À trois heures Marie était chez elle et tout était en règle, numéros de téléphone échangés, j'ai beaucoup apprécié cette soirée, oui moi aussi, on se rappelle, avec plaisir. Tendre bise pour conclure le tout, au détour d'une joue Michel fut tenté de faire glisser ses lèvres sur la bouche de Marie mais sentit que c'eût été précipité, mieux valait attendre encore un peu - de toute façon à ce rythme là, ça n'était plus qu'une question de jours, en se démerdant bien.
Il repartit donc, seul mais avec la certitude de ne l'être plus pour longtemps... en plus Marie avait l'air bien mieux qu'Aurélie, bien plus intelligente et charmante, en tout cas d'un strict point de vue physique c'était déjà bien mieux. Enthousiasmé par cette nuit qu'il n'aurait même pas osé rêver, Michel préféra, à la route directe qui allait le ramener chez lui, les chemins qui traversaient les champs et qu'il connaissait bien pour les avoir longuement parcourus à vélo dans son enfance. Ça lui prendrait une bonne heure et c'était parfait, à trois heures et vingt minutes il ne se sentait pas pressé de dormir. En se passant le Velvet Underground, groupe qui sublimait toujours son bonheur comme son malheur, il se remémora les événements marquants de la soirée, le premier regard, le premier vertige au cœur, la danse et la découverte de l'autre, bref ce genre de conneries si classiques mais toujours excitantes. Il était encore trop tôt pour apprécier le lever du soleil mais déjà le ciel s'éclaircissait, et puis tout de même ces petits chemins c'est bien plus chouette que les grosses routes que tout le monde connaît, en plus on risque toujours d'y croiser un chauffard alcoolisé, alors qu'ici non, ici on est seul à coup sûr.
Le CD se conclut et Michel entreprit de le remplacer par un autre, tiens pourquoi pas Neon Bible le dernier Arcade Fire, Keep The Car Running et No Cars Go (surtout No Cars Go) sont vraiment de superbes chansons. Il était quatre heures et pour les vingt minutes à venir il lui fallait encore de la musique. Il plongea la main dans la boîte à gant, y attrapa le disque et l'enfila dans le lecteur, puis se remit au volant pour ne pas prolonger cette perte de concentration. Mais soudain l'avant de la voiture se souleva et dans un bruit sourd les roues semblèrent passer sur un dos d'âne. Puis, deux secondes après peut-être, ce fut l'arrière qui se hissa de la même manière. Il n'y avait pourtant, à sa connaissance, aucun ralentisseur sur ce chemin - à quelle fin s'en serait-il trouvé un d'ailleurs ? Sachant cela, Michel, estimant qu'il n'était pas très fin de laisser traîner des arbres comme ça au milieu du chemin, s'arrêta et sortit pour dégager la voie du tronc sur lequel il pensait avoir cahoté.
Mais à l'approche du supposé cadavre arboricole, il fut saisi d'horreur en découvrant deux cadavres humains. Bondissant dans sa voiture il agrippa, assez chancelant, une lampe-torche pour s'assurer de n'avoir pas halluciné. Hélas une vue plus nette ne donna que raison à son impression : ci-gisaient deux personnes enlacées, deux personnes à la tête et aux mollets écrasés par le poids de ses roues. L'une d'elles toussa violemment en crachant, par sa bouche broyée, du sang et des os, dernier signe de vie avant, sans doute, la mort.
Aussitôt Michel, tout à fait paniqué mais très conscient de la chose, appela les pompiers qui eux-mêmes alertèrent les gendarmes. Tout ce beau monde déboula sur les lieux en un gros quart d'heure que Michel vécu assis sur le bord du chemin, pensant aux conséquences du drame dont il était responsable : il avait écrabouillé deux personnes qu'il n'avait même pas vues, et le plus simplement du monde il les avait tuées. Il n'avait même pas la chance de ces nombreux chauffards qui sont bourrés au moment d'écraser les gens et qui ne se rendent compte de rien ; lui avait une conscience terrifiante de tout ce qui s'était passé, tout serait à jamais gravé dans sa mémoire avec une netteté parfaite et il mourrait inévitablement avec ça. En outre, et cela l'embêtait un chouïa également, il pouvait d'ores-et-déjà oublier la gestation de sa relation avec Marie, car à l'évidence cette relation était mort-née vu la tournure qu'allait prendre son existence. Au reste, il n'aurait sans doute jamais l'occasion de se remettre avec une fille, à jamais les embrassades, les accolades et les plaisirs charnels lui seraient ôtés.
Les gendarmes l'interrogèrent, il tenta d'expliquer l'événement et on le fit souffler dans un alcootest, négatif évidemment puisqu'il n'avait presque rien bu. Bêtement il ne les avait pas vus, c'était aussi simple que ça et c'était peut-être le pire. Un gendarme, qui probablement ne réalisait pas que, pour Michel aussi, c'était un drame, l'empoigna et l'amena devant les cadavres que l'on plaçait tous deux, toujours ensembles liés, sur un brancard...
Là, voyez ce que vous avez fait, là, vous êtes fier de vous hein, inconscient va, maintenant vous avez deux morts sur la conscience jusqu'à la fin de votre vie, là, voilà !
Michel était ravi qu'on lui rappelle ce détail, il avait failli oublier qu'il les avait tués, ces gens. Evidemment il s'était beaucoup amusé à rouler sur eux, il l'avait carrément fait exprès, juste pour se marrer, voilà ce que voulaient croire les gendarmes. En pleurant presque il regarda à nouveau les corps de ses deux victimes. Et soudain, à la lumière des néons blafards du véhicule des pompiers, il les reconnut.
Il les connaissait, forcément il les connaissait. Qui, dans un village, ne connaît pas les enfants de ses deux voisins ? Michel s'en souvint, Caroline et Jonathan tentaient tant bien que mal de ne pas faire savoir leur relation dans le village et les efforts qu'ils employaient à rester discrets avaient déjà provoqué chez lui de la compassion. Et désormais, non seulement leur amour serait connu de tous, mais en plus, figé dans l'histoire du village par leur mort atroce. Quant à lui, leur bourreau, l'assassin d'enfants, jamais il ne pourrait reposer un pied dans ce lieu. Il avait tué deux personnes et une heure plus tôt aurait ri si on lui avait annoncé que ça allait lui arriver. Le lendemain, à coup sûr il y aurait les titres dans les journaux, "un couple d'amoureux écrasé par un chauffard", il y aurait les journalistes de la télévision et les gendarmes qui parleraient aux caméras, "oui nous avons affaire à un cas typique d'individu qui, sortant d'une boîte de nuit, se croit tout permis sur la route et ne fait pas attention, nous veillons à la sécurité de chacun mais ne pouvons tout empêcher", et puis il y aurait son nom partout dans la presse, et à compter de cette heure fatidique de quatre heures du matin, sa vie ne serait rien d'autre qu'une vie coupable. Quitte à tuer quelqu'un, mieux vaut sans doute le faire pour une raison. Pour Michel l'avenir n'était plus qu'une notion passée, une idée à oublier, une perspective ayant perdu son sens. Il ne pouvait plus rien envisager pour son existence, fût-elle proche ou lointaine.
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dimanche, 18 mai 2008
[Poursuites] Sur un chemin de campagne (Partie 1/2)
C'était un triste après-midi de juin...
En attachant ses cheveux, Caroline dit à Jonathan qu'elle aimerait beaucoup aller se promener avec lui, on pourrait aller dans les champs et manger du gâteau sous un arbre. L'idée sembla romantique et, soumise par la fille avec laquelle Jonathan formait un couple depuis un mois, n'apparaissait pas refusable.
On irait donc se tenir par la main dans un champ de blé en cette fin d'après-midi, en plus le temps était beau et on était en vacances...
Peu de temps après en avoir décidé ainsi, sous le vert feuillage parasolaire d'un arbre isolé à l'intersection de deux champs, Caroline et Jonathan en vinrent à manger le gâteau qu'elle avait consciencieusement mitonné. Malheureusement il n'était pas très bon, ce gâteau, pour tout dire il était même raté, mais Jonathan n'en voulut rien dire, pour rien au monde il ne voulait blesser cette fille qu'il aimait tant embrasser.
Sous prétexte qu'ils habitaient un petit village, Jonathan et Caroline passaient dans leur lycée pour les deux nazes de la campagne, les bouseux qui ne connaissent que les vaches. Ils s'habillaient sans goût, n'avaient pour eux aucune distinction physique qui pût être tournée à leur avantage, et avaient bien conscience que cela divertissait ce que l'on appelle leurs camarades qui, regards amusés, chuchotements au creux de l'oreille, prise de distance physique, ne tentaient même pas de dissimuler le mépris avec lequel ils les considéraient. C'était d'ailleurs, sans doute, ce qui les avait rapprochés, assez vite ils en étaient venus à passer tout le temps possible ensemble, pauses et cantine. Tôt le matin, ils se retrouvaient devant l'établissement puis s'y retrouvaient à nouveau après les cours, et si l'un finissait avant l'autre il l'attendait au pied de la statue, sur la place devant. Assez naturellement ils en vinrent à éprouver des sentiments l'un pour l'autre, après tout c'était tout ce qu'il y avait de plus naturel dans leur situation.
Du coup ils en étaient là, sans doute amoureux tous les deux, appréciant les vacances ensemble sous un arbre.
Elle posa sa tête sur ses cuisses et ferma les yeux pour profiter, autant que possible, de la brise qui courait au sol.
On resta dans cette position-là pendant une bonne demi-heure, on ne se dit pas grand-chose - pour quoi faire ? -, on admira le paysage depuis cet endroit qu'aucun d'eux ne connaissait auparavant, on profita de la fraîcheur du soir juilletiste, et on s'endormit sans s'en rendre compte...
Un hibou hululant au dessus de leurs têtes, posé sur sa branche comme un culbuto, réveilla Jonathan et Caroline vers vingt-deux heures. Immédiatement la panique les gagna : à l'évidence ils avaient chacun loupé leur repas respectif et ils n'avaient plus qu'à s'empresser de rentrer chez eux pour assourdir la violence avec laquelle ils seraient accueillis par les darons... mais qu'est-ce que t'as foutu où t'étais, on s'est inquiété tu pourrais prévenir bon sang. Peut-être même qu'on leur interdirait définitivement de sortir à nouveau, pensèrent-ils ensemble, à coup sûr leur amour serait brisé par cette malheureuse incartade au règlement familial, alors qu'ils pensaient vivre leurs vacances ensemble ils les subiraient séparément, chacun chez soi avec pour seul compagnon les remords de cette trop longue sieste, et même peut-être, pourquoi pas après tout, les parents les renieraient et les jetteraient dehors pour en finir avec cette indigne progéniture.
Il était donc urgent de se mettre en route et de se dépêcher, malgré la nuit qui s'était presque complètement installée.
On eut du mal à retrouver le chemin mais à un moment il sembla qu'on était sur la bonne voie...
Main dans la main, Caroline et Jonathan la parcoururent longuement, cette voie - si longtemps qu'arriva un moment où ils se dirent qu'ils s'étaient possiblement trompés, ou en tout cas l'hypothèse devait être envisagée avec sérieux. Lors de cette prise de conscience la nuit s'était déjà faite complètement noire, et même revenir sur leurs pas ne leur apparût pas tout à fait évident.
Que fait un couple de lycéens perdu dans la campagne la nuit ? Il se serre et se soutient et ne sait pas quelle décision prendre. De tous côtés, aucune lumière qui eût pu signifier une forme de vie humaine ne se faisait voir, pas même un phare de voiture ci ou là. Bon, eh bien continuons sur ce chemin, proposa Caroline, ça doit bien mener quelque part de toute façon. Jonathan passa son bras autour de sa taille et ils se remirent à marcher.
À défaut d'avoir une nette vision de ce que serait l'avenir pour les vingt-quatre heures suivantes, ils purent discuter du passé, j'aimais voir les mains de mon grand-père manœuvrer le volant de sa vieille voiture, je n'ai jamais rencontré une fille comme toi, tous les mecs que j'ai connus étaient des cons, mon existence d'avant n'avait pas de sens, je me croyais trop laide pour séduire, enfant j'adorais Superman, gamine je ne ratais jamais le Club Dorothée...
Aussi longtemps qu'ils marchèrent ils conversèrent, puis vint un moment où tous deux se sentirent harassés.
Et l'on prit la décision de s'allonger pour dormir un peu, si ça se trouve le jour ne tardera pas à se lever et on s'y retrouvera plus facilement. Autant dormir plutôt que de perdre son temps à chercher une illusoire issue...
Jonathan et Caroline s'allongèrent sur les cailloux ronds qui recouvraient le chemin et, attachés l'un à l'autre comme à une bouée de sauvetage, s'endormirent....
17:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poursuites, chemin, campagne
mercredi, 14 mai 2008
GTA IV et les médias, 1
Désolé de pas être très actif en ce moment, mais j'ai beaucoup de boulot... retour très prochainement, promis, donc en attendant, encore un article sur le phénomène GTA IV. Enjouaillez !
La sortie de GTA IV mardi 29 avril aura été l’occasion de montrer que les médias français ont finalement peu évolué concernant les questions vidéoludiques. S’ils se laissent très facilement aller à l’ébahissement face à la vague des jeux s’adressant directement aux gentils adultes (WiiFit par exemple), ils ont toujours du mal à parler des jeux s’adressant aux faibles ados.
Encore une fois, on constatera que la circulation circulaire de l’information (il faut que je précise que ce terme est de Pierre Bourdieu) a fait son œuvre. Quelques termes n’ont pas pu être évités à chaque fois qu’il s’agissait d’évoquer le jeu : violent (voire ultraviolent), amoral (ou immoral, de toute façon c’est pareil pour la plupart des journalistes ayant abordé la question), (potentiellement) addictif, et surtout produit culturel (ou sous-culturel) le plus vendu du monde. Tous ces mots ne tombaient pas du ciel et ne relevaient sans doute pas, pour ceux qui les prononçaient, d’un jugement établi après une trentaine d’heures passées sur GTA IV. En réalité, ces termes avaient tous la même source : la Une du Libération du samedi 26 mars.

Impossible de savoir si les journalistes généralistes ayant parlé de ce jeu par la suite ont pensé à ouvrir le journal. Dans son article, Libé traçait un portrait assez élogieux de GTA IV — chose que des joueurs n’ont pas compris en le plaçant dans le même sac que les autres, alors que Libé, avec une chronique quasi-quotidienne d’Olivier Séguret et un blog consacré aux loisirs vidéoludiques, est le seul quotidien de France à prendre le jeu vidéo pour ce qu’il est : un domaine culturel qui doit être considéré comme n’importe quel autre.
Tout le monde a donc repris les termes employés par Libération ; mais ces termes ne signifiaient pas la même chose dans la bouche de tout le monde. Lorsque Nadine Morano parle d’un «produit violent, immoral et potentiellement addictif qui consiste à se glisser dans la peau d'un personnage qui vend de la drogue, commet des assassinats, des vols de voitures ou des braquages de banque », ce n’est évidemment pas pour en fait l’éloge mais plutôt pour « exprimer ses inquiétudes ». Tant qu’on y est avec Nadine Morano, finissons-en une bonne fois pour toute avec ce qu’on appelle son franc-parler. La Morano ne pratique pas le franc-parler : elle pratique la langue de bois mais elle la beugle, ce qui lui donne l’air de parler franc.
Pour un joueur et pour Libération, le terme addictif est séduisant : il signifie que le jeu est tellement bon qu’il va nous amuser de longues heures. Mais pour les médias généralistes, un jeu addictif est un danger. Ainsi le 20 heures de France 2, dans le reportage qu’il a consacré à la sortie du jeu, a-t-il exécuté un somptueux glissement de sujet pour finir hors-sujet. Ca commençait pas mal : comme chez les autres, on nous rappelait que le jeu serait le produit culturel le plus vendu du monde (ce qui reste à prouver, et ce que personne n’a pu vérifier). On expliquait ensuite qu’il s’agissait peu ou prou de braquer des bagnoles et de tuer des gens, c’est-à-dire le résumé généralement fourni par les gens qui n’ont jamais touché à ce jeu et même, parfois, par ceux qui y jouent tant il serait difficile d’expliquer en détail ce qu’est l’essence de GTA. La journaliste en venait alors au mot addictif et le liait immédiatement à la nouveauté centrale : le multijoueur en ligne. Profitant de ces deux termes, addictif et jeu en ligne, le reportage basculait alors vers l’éternel problème des cyber-addicts, avec pour illustrer la question la reprise d’un sujet diffusé l’année dernière, qui montrait bien sûr un jeune dépendant et un psychiatre bienveillant. Comme le fait remarquer Dan Israel dans un article consacré au traitement médiatique de GTA IV sur le site d’Arrêt sur Images, le jeune dépendant de ce reportage était bien accro, mais aux jeux de rôles massivement multijoueurs (genre World of Warcraft). Genre auquel GTA IV n’appartient absolument pas.
France 2 se démarquait donc par ce hors-sujet total, tandis que les autres se concentraient uniquement sur la violence et l’impact du jeu. Je ne reviendrai pas sur le cas du Grand Journal car la lettre ouverte à Michel Denisot écrite par moi-même parle d’elle-même. Je passerai rapidement sur le reportage de LCI, accusé par JeuxActu.com d’avoir tronqué les propos de Maxime Chao, rédac chef du site, que les journalistes étaient venus interroger sur le sujet, et je vous renvoie à l’article du site : http://www.jeuxactu.com/article-29553-ja(..). Je note tout de même que le présentateur du journal d’LCI est parvenu à dire que le jeu consistait, pour partie, à violer des gens. Un énorme bobard qui a sans doute rassuré les parents inquiets, heureusement corrigé par la chaîne.
Je m’attarderai plutôt sur les 20 minutes de débat que Colombe Schneck et Patrick Cohen ont consacrées à GTA IV dans l’émission J’ai mes sources, sur France Inter, le 29 avril, jour de la sortie du jeu. Première chose à noter : Colombe Schneck avait fait l’effort de n’inviter que des journalistes touchant à l’univers vidéoludique, c’est-à-dire Erwan Cario, le monsieur jeu vidéo de Libé.fr, Clément Apap, le fondateur de Gamekult, et Erwan Higuinen, journaliste des Inrocks. Autant le dire tout de suite : ce fut une bonne émission, constructive et intelligente. Mais très drôle par ailleurs. Si les journalistes d’Inter avaient fait l’effort d’inviter des gens à même de parler correctement de ce jeu, leurs questions révélaient une grande méconnaissance du sujet, à l’évidence due à ce qui nous est rabâché depuis toujours concernant les jeux vidéo et leur dangerosité.
Au départ, Colombe Schneck reprend le matériel offert par la une de Libé : ultraviolent, immoral, subversif, addictif, ce jeu devrait être l’un des produits culturels plus vendus au monde (notez que Schneck met un bémol sur l’idée de produit culturel le plus vendu du monde avec un conditionnel, on sent bien qu’elle trouve ça trop gros). Puis elle tente de résumer le jeu, comme ceci : « c’est l’histoire d’un jeune homme immigré de l’est qui doit survivre dans une ville ressemblant à New York et il vole une voiture ». Là évidemment, les autres se marrent et s’empressent de lui dire que ça n’est pas que ça et qu’il y a une histoire et qu’il ne s’agit pas d’une apologie de la violence parce que le héros doute de ses actions. Ils expliquent que le jeu n’est pas immoral mais amoral, en ce sens qu’il a la morale que lui donne le joueur (ce qui me semble vrai).
Par la suite Cohen et Schneck font un réel effort pour découvrir le fondement du jeu et même s’ils ne peuvent pas s’empêcher d’orienter leurs questions vers la violence, ils acceptent volontiers l’idée que GTA n’est pas un jeu où cette violence est obligatoire.
Ce qui est génial ensuite, c’est que Cohen et Schneck semblent complètement fascinés par le fait que leurs interlocuteurs puissent s’amuser avec de la violence : alors le fait d’avoir une mitraillette et de pouvoir tuer plein de gens, qu’est-ce que ça procure comme sensations ? demande Colombe Schneck d’une voix qui appréhende la réponse. Les journalistes lui répondent que c’est un défouloir et il y en a un qui dit qu’il n’y a qu’à aller dans une salle de jeu en réseau pour voir que les joueurs de jeu vidéo sont doux comme des agneaux et que même, d’une certaine manière, ils ne sont presque pas assez rebelles, ce avec quoi je suis d’accord : les joueurs sont des pères-la-pudeur, j'y reviendrai.
Tout va bien pour le moment mais c’est alors que Colombe Schneck pose la plus belle question de l’émission : après avoir passé une trentaine d’heures sur le jeu, après y avoir joué toute la nuit on se sent dans quel état ? On voit ici que Schneck considère, qu’elle le veuille ou non, le fait de jouer à un jeu vidéo comme une activité comparable à l’absorption de psychotropes : alors qu’est-ce que ça fait, vous planez ? C’est un peu le sens de sa question. Les invités lui assurent en rigolant qu’ils vont bien mais elle ne peut pas accepter que cette pratique étrange (jouer au lieu de dormir, quelle idée) soit sans conséquence, donc elle les coupe : non mais en vrai, en vrai. Ce qui les amène à réaffirmer qu’il n’y a aucun problème et l’un d’entre eux à expliquer que ce qu’il préfère dans GTA, c’est se balader.
Au pire, explique le journaliste vidéoludique, le jeu nous oblige à prendre une voiture parce qu’on n’a pas d’argent pour en acheter une. A ce moment la conscience paternelle de Patrick Cohen se réveille et il précise : et en expulser son propriétaire quand même ! Ceci histoire de rappeler que le car-jacking tout de même, rien que ça, ça n’est pas très moral.
La conversation se poursuit sans problème jusqu’à la conclusion, où Colombe Schneck se trompe sur le prix (quand même 30 € annonce-t-elle, ce qui l’amène à subir un choc supplémentaire quand les journalistes rectifient et annoncent 70) et bafouille le nom du jeu (Grand GTA 4), avant de pirouetter en expliquant qu’elle est complètement bouleversée. Le simple fait d’avoir parlé d’un jeu amoral et violent a suffi à la retourner complètement.
Ces quelques exemples montrent qu’aux yeux des médias les jeux vidéo sont toujours :
1° un loisir pour gosses (qu’il convient donc de protéger) ; 2° à peine un espace de créativité, et encore moins de créativité artistique.
C'est pourquoi il y a quelque chose de pourri dans ce royaume, et je le complèterai dans la partie 2.
20:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gta, medias, polemique



