jeudi, 31 janvier 2008
[Insolite] Duke Nukem Forever
An de grâce 2008, Duke Nukem Forever fait office de bonne blague Carambar du jeu vidéo. Moults fois repoussé pour cause de changement de moteur graphique, de retravaillage intensif des textures ou de "j'peux pas, j'ai piscine", la ceinture noire de l'arlésienne n'en finit pas de cumuler les moqueries au point que Georges Broussard en personne, pourtant PDG du Studio, se voit légèrement blasé par la situation dans laquelle il se retrouve. Rappelons que le titre serait maintenant prévu pour fin 2008. Lol, toussa toussa...
10 ans de développement pour un titre qui n'a pas montré sa frimousse depuis 2001, ça impose le respect. Il y a 4 ans de cela, un membre du forum de 3D Realms n'a pu s'empêcher de noter que les robots Spirit et Opportunity ont été conçus, fabriqués, puis envoyés sur Mars pendant que nous autres joueurs attendions toujours Duke Nukem Forever. À partir de là, nous n'avons pû nous empêcher de répertorier tous les faits technologiques ou vidéoludiques qui se sont réalisés depuis l'annonce du titre, ou ce qui a pû être réalisé pendant le même laps de temps. Et là, la population a peur...
Voici donc ci-dessous la fameuse liste en question, brrr :
Évènement qui se sont déroulés depuis l'annonce du développement du jeu
Sorties des séries de jeux vidéo les plus populaires
Final Fantasy :
- Série principale :
* Final Fantasy VII
* Final Fantasy VIII
* Final Fantasy IX
* Final Fantasy X
* Final Fantasy X-2
* Final Fantasy XI
* Final Fantasy XII
* Crisis Core : Final Fantasy VII
* Final Fantasy VII : Dirge of Cerberus
- Jeux sur téléphone portable :
* Before Crisis: Final Fantasy
* Dirge of Cerberus : Final Fantasy VII
* Dirge of Cerberus : Lost Episode
- Série des Tactics :
* Final Fantasy Tactics
* Final Fantasy Tactice Advance
* Final Fantasy Tactics : The Lion War
* Final Fantasy Tactics Advance 2
- Série des Crystal Chronicles :
* Final Fantasy Crystal Chronicles
* Final Fantasy Crystal Chronicles: Ring of Fates
* Final Fantasy Crystal Chronicles: The Crystal Bearer
- Remakes :
* Final Fantasy Collection
* Final Fantasy Anthology
* Final Fantasy Chronicles
* Final Fantasy Origins
* Final Fantasy I & 2: Dawn of Souls
* Final Fantasy III DS
- Jeux comprenant des personnages de Final Fantasy :
* Ehrgeiz
* Kingtom Hearts
* Kingdom Hearts: Chain of Memories
* Kingdom Hearts II
- Films, animés séries et concerts :
* Final Fantasy: The Sprits Within
* Final Fantasy: Unlimited
* Final Fantasy VII: Advent Children
* Final Fantasy: Dear Friends, Entire World Tour
Grand Theft Auto :
- Grand Theft Auto
- Grand Theft Auto, portage Gameboy Color
- Grand Theft Auto: London 1969
- Grand Theft Auto: London 1961
- Grand Theft Auto 2
- Grand Theft Auto III
- Grand Theft Auto: Vice City
- Grand Theft Auto: San Andreas
- Grand Theft Auto Advance
- Grand Theft Auto: Liberty City Stories
- Grand Theft Auto: Liberty City Stories, portage PS2
- Grand Theft Auto: Vice City Stories
- Grand Theft Auto: Vice City Stories, portage PS2
The Legend of Zelda :
- Ocarina of Time
- Majora's Mask
- Oracle of Ages
- Oracle of Seasons
- The Wind Waker
- Four Swords Adventures
- The Minish Cap
- 6 remakes d'anciens Zelda sur Gameboy Color, Gameboy Advance et Gamecube :
* Link's Awakening DX, Gameboy Color
* A Link to the Past, Gameboy Advance
* Ocarina of Time, Gamecube
* The Zelda Collector Edition, Gamecube
* Classic NES Series: The Legend of Zelda, Gameboy Advance
* Classic NES Series: Zelda II: The Adventure of Link, Gameboy Advance
- Phantom Hourglass
- Twilight Princess
- Link's Crossbow Training
Autres grandes séries réputées :
- Plus de 75 jeux basés sur l'univers de Megaman, et 12 jeux comprenant des personnages issus de la licence.
- Plus de 50 jeux basés sur la licence Star Wars.
- Mario est apparu dans 58 jeux différents
- Tous les jeux massivement multijoueurs et leurs expansions, excepté Meridian 59.
- Tous les Dance Dance Revolution et autres jeux Bemani.
- Tous les jeux Pokémon sortis en dehors du Japon.
- Tous les Unreal, Unreal Tournament et tous les jeux utilisant l'Unreal Engine.
- Quake 2, 3, 4 et tous les jeux utilisant leurs moteurs graphiques.
- Tous les Tony Hawk et leurs dérivés de sports extrêmes.
- 3D Realms et Remedy ont apporté les concepts de Max Payne et de sa suite vers des stades de jeux finis, et les ont porté sur PS2 et Xbox.
- Valve a sorti Half-Life 1 et 2, ainsi que plusieurs extensions, sans compter tous les mods créés par les amateurs.
- Toutes les versions de Counter-Strike et Counter-Strike Source ont été développées.
- Tous les jeux basés sur Thief.
Consoles :
- Xbox
- Xbox 360
- Gameboy Color
- GameCube
- Gameboy Advance
- Gameboy Advance SP
- Gameboy Micro
- DS
- DS Lite
- Wii
- Dreamcast
- Playstation 2
- PS Two
- PSP
- PSP Slim & Lite
- Playstation 3
- Plus de 5000 jeux ont été développés aux Etats-Unis
- Plus de 450 millions de consoles de salons et de consoles portables ont été vendues à l'échelle mondiale.
Faits amusants :
Informatique et Internet :
- En 1997, la connexion internet publique la plus rapide était du 33,6kbps. De nos jours, la connexion est environ 400 fois plus rapide.
- Quand Duke Nukem Forever a été annoncé, le processeur publique le plus rapide était un Pentium 233MHz. Depuis, la rapidité de l'horloge du processeur a été multipliée par 16 (32 avec le dual core) et leur finesse de gravure est passée de 250 à 65 nanomètres.
- En Octobre 2001, Apple annonce l'iPod. Slashdot annonce son flop commercial immédiat. Depuis, 5 générations d'iPods ont été mises au point avec 60 millions d'unités vendues dans le monde à dater de Janvier 2008.
- Steve Jobs (actuel PDG d'Apple) tournait encore sous NeXT (OS développé par son ancienne boite en concurrence avec Windows) lorsque Duke Nukem Forever fût annoncé.
- Tous les logiciels de P2P ont été développés.
- En Avril 1997, Google, eBay ainsi que le terme "weblog" n'existaient pas.
- Linux a gagné au moins 10 fois en popularité tandis que son kernel a triplé en volume.
- Mac OS est passé à Unix et est devenu l'OS le plus populaire du marché au sein de la presse spécialisée.
- Microsoft a sorti 5 versions publiques de Windows et pourrait bien sortir Vista avant que Duke Nukem sorte.
- Netscape 4 est sorti, Internet Explorer l'a détruit. Netscape 6 est sorti sur une toute nouvelle plateforme de développement, Netscape est mort, la fondation Mozilla prend de l'ampleur, les logiciels open-source de Mozilla deviennent de plus en plus populaires et forcent Microsoft à travailler sur une nouvelle version d'Internet Explorer.
- Valve a mis au point Steam et a fixé un nouveau standard dans la distribution de logiciels.
Catastrophes naturelles :
- Il y a eu 125 ouragans, 73 en Atlantique, 52 dans le Pacifique.
- Il y a eu plus de 20 tornades meutrières aux Etats-Unis.
- Plus de 50 tremblements de terre majeurs ont fait trembler le monde.
Économie :
- Suite à l'inflation, le prix moyen de l'essence a plus que doublé aux Etats-Unis.
- L'Euro a été introduit en Europe.
Films qui ont été tournés, sortis au cinéma, puis en DVD :
- Toutes les préquelles de Star Wars.
- La trilogie du Seigneur des Anneaux, avec les versions longues.
- Tous les films Pixar depuis Toy Story.
- 4 (voire 5) James Bond.
- Tous les films, films d'animation et jeux-vidéo basés sur Matrix.
Culture Pop :
- La carrière musicale entière de Britney Spears s'est déroulée pendant le développement de Duke Nukem Forever.
- Le box office cinématographique a atteint un total de plus de 3,24 milliards de dollars depuis l'annonce du jeu.
- La carrière cinématographique complète de Colin Farrell s'est déroulé pendant le développement de Duke Nukem Forever.
- Le concept du Bullet Time a été développé, mis en avant, et utilisé de fond en comble.
Sciences et Technologies :
- La navette Voyager 1 a fait 172,62 milliards de kilomètres depuis la Terre.
- Les robots Spirit et Opportunity ont été proposés en stade de projet, ont eu l'aval du Gouvernement, ont été annoncés, conçus, fabriqués, puis envoyés sur Mars avec succès où ils explorent sa surface depuis plus de 4 ans et demi.
- Le programme Deep Impact de la Nasa a également été conclu.
- La station spatiale internationale a été assemblée et mise en orbite autour de la Terre depuis plus de 10 ans.
- La Nasa a lancé 35 satellites et la Russie 20.
- L'Airbus A380 a été dessiné, construit, testé et livré aux compagnies aériennes. Ou presque.
- En 1997, il y avait seulement 50 millions de téléphones portables aux Etats Unis. Maintenant il y en a plus de 244 millions, ce qui représente plus de 63% de la population américaine.
- Le porte-avion Ronald Reagan (le plus gros navire à propulsion nucléaire du monde) a été construit, mis en mer et a commencé son activité.
Evènements mondiaux :
- 4 nations ont obtenu la technologie de l'armement nucléaire.
- 19 guerres ont commencé.
- 5 guerres se sont terminées.
Choses qui ont pris moins de temps que le développement de DNF
Culture Pop :
- Les Beatles se sont formés, ont sorti les singles de tous leurs albums et se sont séparés. Pendant ce temps, ils ont également fait plusieurs fois le tour du Monde.
- Led Zeppelin a sorti 7 albums, 9 singles et a tourné tout autour du monde
Sciences et Techologies :
- Les frères Wright ont construit et fait volé le 1er avion.
- La théorie de la relativité
- Le programme complet des Etats-Unis pour envoyer un homme sur la Lune, à partir du challenge de Kennedy jusqu'à l'atterissage.
Guerres :
- La Guerre d'Indépendance Américaine.
- La Guerre Civile Américaine.
- La 1ère Guerre Mondiale.
- La 2ème Guerre Mondiale et tout le Projet Manhattan.
- L'implication des Etats-Unis dans la Guerre du Vietnam.
21:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : insolite, duke nukem forever, chronologie
[Cinema] No Country for Old Men

"No Country for Old Men" d'Ethan et Joel Coen (USA) ; avec Tommy Lee Jones, Josh Brolin, Javier Bardem, Woody Harrelson, Kelly Mc Donald, Garret Dilahunt...
Alors qu'il est en train de chasser l'antilope près de la frontière mexicaine, Llewelyn Moss tombe sur plusieurs pick-ups abandonnés, entourés de cadavres. Puis sur une malette remplie de dollars. Dont il s'empare.
Et l'Enfer se déchaine...
Il y a d'abord Javier Bardem...
Ah ! Javier Bardem !
Sa coupe de Mireille Mathieu transgénique et sa bombonne d'oxygène à la main...
C'est la Mort qui s'avance en chaussettes !
C'est Robert Mitchum dans "La Nuit du Chasseur" !
C'est l'Ange Exterminateur...
Un méchant d'anthologie !
L'un des plus beaux psychopathes de l'histoire du cinéma !
Il y a aussi Tommy Lee Jones.
Sa tronche boucannée à l'ancienne.
Son accent trainant et ses répliques définitives.
Et puis il y a Josh Brolin.
Il y a Woody Harrelson...
Et Kelly McDonald, aussi...
Et puis tous les autres...
Il y a surtout les frères Coen, que l'on croyait perdus après trop de "Ladykillers" et autres "Intolérable Cruauté" faiblards et qui reviennent, plus en forme que jamais, la maturité en plus et qui, avec ce qui est sans doute leur premier vrai film d'action, signent ici leur chef d'oeuvre!
Ni plus ni moins.
Il y a le roman de Cormac McCarthy, allégorie de cette société américaine fondée sur la violence.
Un roman trituré, transcendé, magnifié pour aboutir à un film à la fois complètement crâmé et absolument magnifique.
Par le biais d'un scénario sombre et lumineux à la fois, qui traite aussi bien de la vie que de la mort, du destin, des limites ou de leur absence, un film drôle et mélancolique, ironique et triste à la fois.
Un film où l'on rit, parfois. Comme on montre les dents.
Il y a le savoir-faire des frangins aussi, bien sûr.
Leur expérience.
Leur art, même, dans lequel on retrouve ce goût du détail, cet humour à froid, ce sens du dialogue et qui, procédant par brusques ruptures de ton, se permettant même d'emprunter ça et là d'étonnants chemins de traverse débouche sur un véritable monstre cinématographique, plein de bruit et de fureur.
Une oeuvre maitrisée de bout en bout, réservant des scènes de suspense et de terreur d'une intensité rare. Qui contient presque assez de morceaux de bravoure que pour remplir une vie entière de cinéphile.
Une oeuvre aussi parfois simplement belle, dans sa manière presque élégiaque de traverser les paysages du sud américain...
Un cocktail qu'on aurait cru impossible. Un mélange que l'on savait improbable.
Si ce n'est dans leur filmographie.
Un classique instantané.
Magistral.
Culte.
Du grand, du très grand cinéma !
19:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, critique, no country for old men
dimanche, 27 janvier 2008
[Portrait] Le "danseur" de Tecktonik
Les cons ont toujours eu leur danse. Celle des canards, la chenille, du tapis, la queue-leu-leu, la macarena, la lambada etc. Ça ne manque pas et ça se renouvelle selon les modes.
Destinées le plus souvent aux campings pour permettre à leur clientèle de déchets humains de secouer leurs panses pleines d’alcool bon marché, entre deux concours de t-shirts mouillés, ces rituels gesticulants se trouvent le plus souvent réservés à une faune dont la jeunesse n’est plus qu’un lointain souvenir.
Laissant de côté ces tristes spectacles, leurs enfants ont trouvé LEUR danse bien à eux : la tecktonik ! D’ailleurs, à les écouter, c’est plus qu’une danse, c’est une façon de vivre ! On nous avait déjà fait le même coup avec le disco en 76…
Erigée en phénomène de société par des médias paresseux, dont le moindre buzz sur le Net se termine en tête de gondole du journal de 20h, la tecktonik est pratiquée par toute une bande de macaques qui ont enfin trouvé un zoo accueillant.
Le danseur de tecktonik se voit de loin. Il porte généralement beaucoup de couleurs flashy, avec une nette préférence pour le rose tapette et la pisse fluo. Ses t-shirts sont moulants et aussi serrés que les slims, ces fameux jeans qui rendent stériles... A ses pieds, des baskets Converse, histoire de se la jouer rebelle de Châtelet. Non content d'être vestimentairement ridicules, ces gens-là s’affublent de pseudonymes incroyables d'originalité : Bogoss-TCK, TCK-Devil, TCK-OUILLE etc. Notez également qu’ils s’appellent comme ça entre eux !...
Ajoutez à cela une coiffure emblématique, la fameuse crête enduite de gel fixation « BTP », que l'on porte généralement avec un mulet et parfois quelques touches de maquillage bon marché. Le mâle tecktonik ressemble en fait beaucoup plus aux mignons d’il y a quelques siècles. Si en plus il a un tatouage tribal, alors là, c'est le top du top du rebelle original, insoumis et indomptable, et ça veut dire en plus qu’il est majeur. Ça déchire !...
Généralement, la danseuse de tecktonik est plus jeune de trois ou quatre années que son mâle et elle vient de découvrir les serviettes hygiéniques en même temps que le Metropolis, boîte de beaufs à la puissance 1000 et digne certains soirs des pires « dancings » des campagnes les plus reculées.
Habillée en petite pute fashion, elle paie son entrée avec le blé de papa/maman, qu’elle dira avoir volé mais qui n’est que son argent de poche hebdomadaire, et se dépêche d’avaler son Smirnoff Ice offert avant de descendre au sous-sol de la boîte chercher quelque chose de plus consistant à se mettre derrière la cravate et qui la fera carburer toute la nuit. Ben oui, la tecktonik, ça demande de l’énergie quand même et quoi de mieux que les produits chimiques de synthèse pour ça ?…
En les voyant tous piétiner la piste de danse, on constate également les méfaits qu’a provoqués le DDR sur la jeunesse actuelle…
Nous sommes des profanes, nous ne pouvons donc pas dire à quoi sert la tecktonik. Eux seuls le savent. Sur leurs Skyblogs, ils exposent en langage SMS leur philosophie. - « On é la pour kiffé ! » comme dit Jeyjey, figure emblématique et acnéique, trop heureux de rebondir après avoir raté ses études, et qui vient nous présenter son « crew » dans toutes les émissions qui daignent l’inviter, souvent pour se foutre de sa gueule ; sans oublier ses vidéos sur Youtube où il se désarticule tout seul dans sa chambre de 1m² sur une exquise moquette violette. Le bon goût l’accompagne partout lui…
N’oublions pas non plus Lili Azian, brave génisse aux cuisses de rugbyman qu’elle ne nous prive jamais de dévoiler, ainsi que d’autres parties de son corps, en bonne exhibitionniste qu’elle est. Ça muscle sec de danser toute la journée ! Mais ce n’est pas grave, quand la mode de la tecktonik sera passée, c’est-à-dire le mois prochain, elle pourra toujours planquer ses gros jambons à son boulot. C’est l’avantage des caissières de supermarché, on ne leur voit que le haut.
Tous ces paumés sont narcissiques au possible, comme tous les complexés. Intérieurement creux, ils ne peuvent que compter sur une vitrine extérieure pour exister. Ils adorent se montrer, se faire applaudir, entendre des compliments, être vus et enviés. C’est leur moteur.
De la même façon que les candidats de la Star Ac ne sont pas nés pour être chanteurs, les « figures » de la tecktonik ne sont pas nés être danseurs. Ils s’en foutent de ça, ce n’est pas une vocation chez eux mais uniquement un moyen afin de devenir riches et surtout célèbres ! C’est ça leur seul et unique but à tous ces pouilleux. La gloire et tout ce qui va avec !
Les danseurs de tecktonik ont beaucoup en commun avec les cosplayers. Ils ont fait du ridicule un mode de vie mais, comme eux, n’essayez même pas de leur dire qu’ils sont grotesques. Pour eux, ils sont des dieux. Ils sont beaux, intelligents et sont l’élite de la jeunesse. C’est du premier degré total. Leur seul argument contre leurs détracteurs est : - « Essayez de le faire ! » Non merci, nous avons le sens de la dignité nous.
A ce propos, comment danser la tecktonik ? Grande question existentielle que se pose la plupart des p’tits beaufs de nos jours. Jpop Trash vous donne gratuitement le mode d’emploi infaillible pour cela. Oubliez la technique, tout est une question d’imagination.
Mettez-vous d’abord dans l’ambiance avec leur zik, qui n’est qu’une purée délayée de synthés. Trois accords en boucle pour la ligne de basse, une mesure en quatre temps, 150 BPM, une grosse boîte à rythme dessus, quelques effets et hop ! Vous avez de la tecktonik. Mélodie ? Y’en a pas. Harmonie ? Y’en a pas. Des sons clairs ? Y’en a pas. Mais qu’importe ! On n’est pas là pour écouter, juste pour se trémousser et pour cela, le beat suffit. N’importe qui avec un clavier cheap à 100€, sans savoir lire une seule note de musique et n’ayant aucun sens du rythme, peut faire de la tecktonik. Il suffit juste d’avoir les bons programmes, l’ordinateur fait tout à votre place. Cette dysenterie électronique n’est rien d’autre que la digne suite de la techno sous Amiga du début des années 90, les 2Unlimited et autres Snap qui nous ont tant pollué les oreilles et le reste.
Bon, maintenant que vous avez l’ersatz de musique, vous pouvez danser. Alors c’est très simple. Vous allez imaginer que vous êtes dans une manifestation et que les CRS chargent. Ils tentent de vous donner des coups de matraque mais vous, vous êtes plus rapide que l’éclair alors, vous essayez de les éviter. Ces mouvements d’esquive forment les oscillations de base de la tecktonik pour votre corps. Soyez mou, flexible, comme monté sur ressort. Associez à cela des mouvements des bras et des mains comme si vous deviez vous protéger la crête de coups que vous ne pourriez éviter. Vous savez, cette position-réflexe qu’ont tous les gosses battus dès que leurs parents s’approchent d’eux trop vite et par surprise. Essayez de suivre le bruit des « poum tchak poum tchak », répétez tout ça à l’infini, ou tant que la musique tourne, et admirez le résultat dans votre miroir. Ça y est, vous voilà transformé en danseur de tecktonik ! N’attendez plus ! Enfilez votre tenue de con, enduisez-vous les cheveux de votre morve et courrez vite au Metropolis. On va enfin vous aimer !...
Kiffeurs des villes ou des champs, même race de cons ! On distingue tout de même le danseur de tecktonik de province de celui de la capitale à une seule chose : ses dents. Le campagnard en prendra toujours grand soin. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on habite dans un bled, et que la seule boîte du coin se trouve à 70 bornes, ça fait du chemin à parcourir. L’allée ne posera généralement pas de problème, mais le retour si. Rentrer à cinq en bagnole, avec, en moyenne, deux grammes d’alcool dans le sang chacun, en se prenant pour Sébastien Loeb sur une petite route qui serpente et en pleine nuit, c’est la roulette russe et certains d’entre eux termineront leur fiesta dans le fossé après plusieurs tonneaux. Voilà pourquoi les danseurs de tecktonik provinciaux prennent tant soin de leur dentition : par précaution et permettre ainsi une identification plus facile de leurs cadavres ravagés par le médecin légiste.
Avec à peine quelques mois de vie au compteur, la tecktonik a déjà été récupérée par de vieux-jeunes Parisiens qui se sont très vite emparés de la chose et ont développé autour d’elle tout un marché hautement lucratif, vendant pêle-mêle sous ce nom boissons, compilations d'artistes Fruity Loops, salons de coiffure et produit de beauté. La tecktonik est un véritable rêve éveillé pour des commerciaux toujours avides de voler une mode non déposée et de s’engraisser dessus le temps qu’elle durera. Nos kiffeurs ont beau passer à la télé, ils sont toujours aussi fauchés. Ce mouvement qu’ils ont lancé, et qui triomphe actuellement, ne leur rapporte rien. Sur chaque produit vendu estampillé « tecktonik », pas une thune ne leur tombe dans la poche. Ils ne sont que des VRP bénévoles que l’on paie en quart d’heure de célébrité.
Le manque de personnalité de ces imitateurs d’épileptiques sous ecstasy, pantins à la peau grasse ne sachant même pas s'exprimer correctement à la télé car totalement incultes, en bons sous-produits carnés issus des usines d’équarrissage que sont TF1 et Skyrock, font d’eux l'archétype même de la fashion victim cheap et totalement manipulée. Mais eux ne se rendent compte de rien. Pire même, en plus de croire d’être célèbres et adulés, ils pensent également être des précurseurs, trop heureux d’être soutenus par des « stars confirmées », comme Tekilatex, Yelle, nouveau membre du club et ses fringues foutant de la conjonctivite, et même Lorie, la Boa française, dont le public a maintenant dépassé les 10 ans d’âge et qui l’a lâchement abandonnée pour rejoindre le fan club de Tokio Hotel...
On rigole déjà des danseurs de tecktonik à l’heure actuelle alors imaginez ce que se sera dans dix ans quand on retombera par hasard sur leurs photos et leurs clips… Le réveil va être dur pour eux. Tant mieux !
21:29 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : portrait, tecktonik, danse
lundi, 21 janvier 2008
[Television] L'obsession comique
TELEVISION : L'OBSESSION COMIQUE
Samedi 24 novembre, TF1 nous annonce pour son prime time une soirée placée sous le signe du rire avec un nouveau Top 50 du rire. C’est l’occasion de revoir, mis bout à bout dans un ordre arbitraire allant du moins bon vers le meilleur, cinquante extraits de films, émissions ou sketches déjà vus mille fois. Mais Jean-Luc Reichmann est évidemment en mesure d’expliquer pourquoi il n’est pas gênant de ne voir que des choses déjà bien connues : on ne s’en lasse pas. C’est toujours aussi drôle. Il faudrait être fou pour ne pas — ou ne plus — en rire. Comment résister en effet à Louis de Funès dans la Grande Vadrouille, à Marie-Anne Chazel dans Le Père Noël est une ordure ? Et Coluche n'est-il pas notre plus grand comique ?
Après le clown d'hôpital, le clown d'émission
Le comique, c’est l’obsession qui semble tarauder la télévision en ce moment, et plus encore à mesure que le moral des Français se dégrade. À peu près toutes les émissions se dotent de leur clown payé pour venir perturber leur bon déroulement en y mettant son grain de sel, le piquant qui permettra surtout à l’animateur de changer de sujet lorsque le débat s’enlisera. Les "humoristes" recherchés en ce moment, ce sont ceux que Jamel a malheureusement révélés dans son Comedy Club sur Canal+ : Thomas Ngijol vient faire ses vannes au Grand Journal de Denisot, et Fabrice Eboué, derrière un ordinateur, fait de l’humour sur les SMS que les téléspectateurs envoient à l’émission T’empêches tout le monde de dormir — pourtant, le simple fait d’envoyer un SMS pour participer à cette émission a quelque chose d’humoristique. Même les présentateurs de JT affichent un ravissement béat — voir à ce sujet Elise Lucet au 13 heures de France 2 — lorsque, après avoir rappelé que dans trente ans la Terre aura explosé, ils peuvent passer à une page plus légère avec le nouveau spectacle d’Untel. Untel est le plus souvent un des humoristes que la télévision adore qualifier d’impertinents simplement parce qu’ils critiquent un peu le pouvoir politique.
En promouvant perpétuellement des humoristes et en étant le média principal leur permettant de se faire connaître, la télévision digère ceux qui sont en mesure de l’attaquer, et leur fait prendre part au système. En glorifiant à outrance l’impertinence — qui n’est rien d’autre, dans le système télévisuel, que l’accident que produit une personne lorsque, oubliant d’être conne, elle commet un excès de pertinence — la télévision nullifie ses effets subversifs et la transforme en une institution au panthéon de laquelle on trouve Droit de Réponse, la regrettée émission de Polac, mais aussi Coluche, les Nuls, les Inconnus, ou encore les Guignols (mais pas encore Groland).
L'humour contre lui-même
L’humour est porté aux nues pour être mieux gardé sous contrôle et à distance. Privilégier Titof, c’est s’épargner Pierre Desproges. Et plus encore qu'à l’humour présent, c’est à l'humour passé que l'on voue un culte. Il est toujours de bon ton, lorsque se termine l’extrait où Thierry Le Luron fait chanter à tout un public L’emmerdant, c’est la Rose, d’avoir avec soi un comique du calibre de Didier Gustin pour regretter, l’air contrit, qu’aujourd’hui il ne soit plus possible de dire les mêmes choses. Pourtant, en rediffusant ces instants cultes, on reconnaît qu’il est toujours possible de tenir de tels propos. Mais on évite de prendre le risque de les tenir soi-même, et surtout de les adapter à notre époque. La mort de Jacques Martin, en septembre, a été l’occasion pour certains de nous abreuver d’images du Petit Rapporteur et d’assouvir leur besoin de dire quelque chose d’un peu rebelle sans avoir à l'assumer. Tout le monde s’accorde, dans une belle communion, pour pleurer le temps béni où tout était permis, sans jamais expliquer par la faute de qui plus rien ne l’est aujourd’hui. Sans compter l’un des grands avantages de l’humour passé : à force d’être exploité, si tant est qu’il ait eu un semblant d’impertinence, il n’en a plus aujourd’hui. L’esprit rebelle qui pouvait l’habiter à l’époque n’est rien d’autre, aujourd’hui, qu’une pensée conformiste. Lorsqu’un humoriste comme Coluche est aimé de tous, que lui reste-t-il de subversif ? Personne, pas même un des personnages politiques qu’il a pu ridiculiser, n’oserait dire du mal de lui. L’impertinence aujourd’hui, ce serait d’affirmer que Coluche était un con. Mais qui pourrait le faire, puisque Coluche a su trouver le meilleur moyen de légitimer tout ce qu’il pouvait dire de choquant en se lançant dans l’humanitaire ?
L'humoriste poussant une longue plainte pudiquement cachée sous la morsure cinglante de son humour ravageur, pour paraphraser Desproges, est adoré de tous. Jean-Marie Bigard, qui vient de faire paraître un livre, Rire pour ne pas mourir, dans lequel il révèle l'assassinat de son père, ne sera sans doute plus jamais vu comme un gros dégueulasse par ses détracteurs. Et les décédés Michel Serrault et Jacques Martin ont eu droit tous deux, suite à leur mort, à des éloges mettant bien souvent l'accent sur la blessure secrète que cachait leur masque de clown — avec l'avantage pour Martin que l'homme responsable de sa blessure soit aujourd'hui à la tête de l'Etat.
On est en droit de se demander ce qui coince et fait croire à tout l’univers télévisuel qu’un humour vraiment impertinent doit être évité. On pourrait rejeter la responsabilité sur Sarkozy et les craintes qu’il inspire mais ce serait, comme d'habitude, précipité et totalement absurde. Il faut plutôt regarder du côté des dirigeants et de ce qu’ils pensent devoir fournir aux téléspectateurs pour les attirer en masse. Visiblement, aux yeux de certains, un humour véritablement impertinent diviserait trop pour régner. Pourtant Groland connaît un succès croissant, même après quinze années d’existence. Et paradoxalement, le public semble unanimement regretter que la télévision ne prenne pas le risque de ne pas plaire à tout le monde.
00:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : television, humour, comique, obsession
vendredi, 18 janvier 2008
[Cinéma] Les promesses de l'Ombre

"Les Promesses de l'Ombre" (Eastern Promises) de David Cronenberg (CAN); avec Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel, Armin Müller-Stahl, Sinéad Cusack, Jerzy Skolimowski...
Londres. Après qu'une jeune femme russe soit morte en couche dans son service, Anna, sage-femme opiniâtre, tente de remonter sa piste afin de retrouver la famille du bébé auquel elle a donné naissance.
Le journal intime de la jeune fille la conduit sur la piste de Semyon, paisible propriétaire du restaurant Trans-Siberian.
Sans qu'elle ne se doute que celui-ci est en fait un des chefs locaux de la redoutable Mafia russe....
C'est étonnant de voir à quel point l'oeuvre de Cronenberg s'épure de film en film, jusqu'a devenir accessible, presque linéaire. Mais sans pour autant perdre de sa force ni de sa pertinence...
Poursuivant le travail entâmé avec le précédent "History of Violence" dont il est une sorte de double encore plus sombre, "Les Promesses de l'Ombre" se présente comme une véritable et impitoyable tragédie - russe, grecque ou shaekesparienne, au choix - dont la violence implacable est d'autant plus glaçante que la réalisation se veut, en contrepoint, résolument non-spectaculaire.
A une exception près, peut-être: cette fameuse et invraisemblable scène de baston à poil dans un sauna, chorégraphiée comme une sorte de combat de gladiateurs gays et qui constitue bien sûr le point culminant du film.

En dehors de cela, Cronenberg va à l'essentiel et offre une oeuvre cohérente et limpide, dans laquelle la violence découle logiquement des relations entre des hommes dont les codes, admirablement décortiqués par le cinéaste, les poussent à sombrer dans une sorte de schizophrénie permanente.
Ballets des corps tatoués, valse des trahisons, imbroglio de filiations douteuses... Cet opéra lyrique et froid brasse toutes les obessions de Cronenberg: du fétichisme qu'il entretient envers la chair, les maladies et les mutations à sa passion pour les milieux clos ou la sexualité trouble, tout en les mettant au service d'une partition d'exception, dominée par une direction d'acteurs à proprement parler époustouflante.
Au milieu de ce tumulte d'autant plus soufflant qu'il est toujours maintenu légèrement en dessous de la surface, le canadien fait en effet se téléscoper des personnages dignes du meilleur de la littérature slave.
Le trouble Nicolai (Mortensen, impressionnant), la déterminée Anna (Naomi Watts, très "à sa place"), le dégénéré Kirill (Vincent Cassel, grotesque mais attachant) ou le suave mais très inquiétant Semyon (Armin Müller-Stahl, carrément titanesque) sont autant de pièces dans cette partie d'échecs étoudissante et vénéneuse.
Des pièces qui sont véritablement le coeur et la mécanique du film.
Sur la fin, le polar barbare et curieusement érotisé cède doucement la place à un véritable thriller, de facture beaucoup plus classique, avec des retournements de situations étonnants qui débouchent vers ce qui semble être à première vue une happy-end complètement en porte-à-faux avec le reste du film.
Mais bizarrement on accepte sans broncher ce brusque changement de ton et on se laisse prendre au jeu de ce coda étrange parce que trop commun.
Car l'on se rend bien compte de toute l'ambiguïté que Cronenberg à réussi à insuffler à cette fin trop banale.
Et que l'on comprend que rien, finalement, n'est exactement ce qu'il semble être.
Que rien n'est fini.
Que tout n'a pas été dit.
Que rien n'est simple.
Et que sous ses dehors de série B peut-être vaguement auteurisante, "Les Promesses de l'Ombre" cache sans doute dans ses replis moites et obscurs l'un des meilleurs films de son auteur.
Et surtout un grand film tout court.
19:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, critique, promesses, ombre



