mardi, 17 juin 2008
L'enrouleur de PQ
Toute sa vie, Jean-Eude Multimemnon a enroulé du papier-cul sur du carton. Pas par plaisir, mais parce que c'était son métier. Une vocation, même. En avril 1998, quelques mois avant sa mort, l'empêcheur de se torcher en quinconce, comme l'appellent affectueusement ses copains de bistrots, nous confie : « le papier hygiénique aura été, et restera ma plus grande histoire d'amour, mon oxygène, un besoin vital quotidien».
Aujourd'hui paraît l'intégralité de son journal en trois volumes, dans la prestigieuse collection de La Poilade. Morceaux choisis.
« J'ai toujours aimé les toilettes. Je n'ai d'ailleurs jamais hésité à les appeler chiottes ; — pour moi ce nom sonne plus affectueusement que péjorativement. Je n'ai jamais compris le désamour éprouvé par les gens envers les cagoinces, alors qu'ils y passent une demi-heure par jour, soit 4% de leur vie, — sans oublier que les coliques néphrétiques et autres diarrhées peuvent faire monter ce taux jusqu'à 5%, pour les santés les plus fragiles. Et puis, on n'ose pas en parler, parce que la société est très coincée, mais personne n'avoue franchement le plaisir ressenti lorsque l'on fait un bon caca, ou plus simplement lorsqu'on fait un petit pipi. »[...]
« D'une manière générale, je pense que seuls les rustres patentés n'apprécient pas ce voyage multidimensionnel qu'est le petit tour au toilettes et que tout un chacun fait plusieurs fois par jour. C'est très dommage pour eux. Les cagoinces, c'est la selle de la vie, disait mon regretté père, qui m'a transmis cette passion. »[...]
«On oublie trop facilement que le petit siège troué sur lequel on s'assoit est souvent surnommé trône. Ca n'est évidemment pas un hasard. L'Homme, avec un grand H, comme dans A chier, est seul maître de lui et de l'univers qui l'entoure lorsqu'il est assis sur la selle. On aurait tort de retirer au chieur la suprématie totale qui est la sienne lorsqu'il accomplit son destin naturel. Personnellement c'est aux toilettes que mon esprit est le plus actif ; — j'en veux pour preuve que j'écris ce journal, celui que vous tenez entre vos mains, sur du PQ, et j'espère sincèrement que vous lâchez un étron bien moulé à l'heure où vous lisez ces lignes — c'est peut-être même, et si c'est le cas j'aurai atteint mon objectif, grâce à cette lecture que vous moulez si bien votre caca. »[...]
« La position du déféqueur assis est assurément la plus érotique qui soit. C'est d'ailleurs elle qui a servi de modèle au penseur de Rodin, symbole de l'homme qui réflé-chie. Que l'on lise, que l'on médite, que l'on écoute de la bonne musique, que l'on téléphone ou que l'on dorme, c'est aux toilettes que l'on accomplit son destin, que l'on vient à bout de tout, et que l'on réussit ce qu'on entreprend. »[...]
« Souvent les gens me disent mais Jean-Eude moi je me sens nul quand je suis assis sur la selle, j'ai honte, pour moi cette position est dégradante. A ces personnes qui s'inquiètent, je réponds n'ayez pas peur : Dieu reconnaîtra les bons et les méritants dans l'épreuve des toilettes, et les invitera à le rejoindre sur son trône majestueux — même Jésus, pourtant assis à la place du fayot, à droite du Seigneur, leur laissera un peu de place. N'oubliez jamais que lorsque vous communiez et recevez le corps du Christ transsubstantié dans l'hostie, celui-ci finit, comme le reste de vos aliments, au fond des cagoinces, mélangé avec les petits pois de la veille. »[...]
« J'ai consacré ma vie et mes mains à faire que chaque tour au petit coin soit, pour chacun, un bonheur. Pendant quarante ans j'ai exercé le métier de rouleur de papier-cul. Cinquante pour-cent des rouleaux que vous avez épuisés ont été roulés par moi avec amour. Je sais toutefois qu'ils comportaient tous un défaut : on était systématiquement obligé de tirer les morceaux par deux ou plus pour se torcher. J'ai demandé à la direction de revoir la taille du morceau à l'unité — bien trop petite pour s'essuyer sans s'en foutre plein les doigts — mais je suis toujours resté lettre morte. Ma missive ne manquait pourtant pas de force : je leur avais envoyé un morceau rempli de caca, auquel j'avais adjoint un petit mot, écrit sur un autre morceau, qui disait : vous voyez-bien que c'est trop petit. »[...]
« C'est un métier difficile que celui d'enrouleur de PQ, haletant et exigeant, mais qui m'a toujours rendu fier. Vous, qui avez tantôt laissé échapper votre rouleau de papier chiottes au moment de vous torcher, et l'avez vu rouler au sol jusqu'au bout de la salle de bains en se déroulant irrémédiablement, savez à quel point il est difficile de le remettre en état ; bien souvent après ce genre d'épisode malencontreux, on ne parvient pas à retrouver le rouleau souriant et affable que l'on a connu, et ne reste de lui qu'un amas de tissu certes doux et résistant, mais surtout désordonné et peu charmant. Vous comprendrez que mon métier n'a pas été des plus drôles — il est très difficile d'aboutir à chaque fois au rouleau brillamment cylindré que vous connaissez, et c'est un véritable coup de main à prendre. Mais votre bonheur en toutes circonstances, ça a toujours été mon leitmotiv ; — et puis surtout j'ai fait la fierté de mon père. Ce dernier avait mal dissimulé sa déception lorsque mon regretté frère aîné lui avait annoncé : papa, c'est décidé, plus tard, je ne serai pas enrouleur de PQ comme tu le désirerais ardemment, mais je m'occuperai de faire rentrer le dentifrice dans les tubes, je trouve ça plus rigolo. Mon père lui avait foutu une rouste monumentale et l'avait envoyé retapisser sa chambre avec du Lotus senteur lavande.. »[...]
«Je suis le dernier enrouleur de PQ du monde. Il faut dire qu'avec l'industrialisation, ce sont aujourd'hui des machines qui s'occupent de ça — et, à mon grand désarroi, je dois concéder qu'elles accomplissent un travail aussi bon que le mien. Oh, bien sûr, leurs rouleaux manquent d'âme, mais qui s'en plaindra ? Le papier WC, je le sais maintenant, est bien souvent déconsidéré par les gens qui s'en servent. Ils se torchent avec. Et jamais ne se posent la question de remercier le concepteur de cet objet anodin mais sans lequel il est difficile de vivre. Qui ne panique pas lorsqu'il se trouve, après avoir soulagé sa panse sur le trône, face à un minable bout de carton absent de tout tissu hygiénique ? Qui, dans cette situation, n'a jamais crié à la cantonade, comme s'il venait de découvrir un cadavre découpé en mille morceaux à même le sol de la salle de bains, y a plus de papier bordel de merde ? Comme toujours, on ne se soucie pas de ce que l'on possède tant qu'on l'a à disposition ; — mais que cette chose nous soit ôtée, et alors c'est notre vie qui se désagrège. »[...]
« La profession d'enrouleur de PQ ayant disparu — à telle enseigne que même Jean-Pierre Pernaul n'a fait aucun reportage dessus dans son JT depuis 20 ans qu'il le présente —, la tradition familiale qui voulait que, de père en fils, chacun exerce ce métier, s'est vue brusquement écourtée lorsque j'ai pris ma retraite. Mon fils, qui tout de même fait preuve d'une certaine dextérité dans l'enroulage, exerce aujourd'hui la profession de rouleur de scotch. C'est plus dur. » [...]
« La vie est un rouleau de papier-cul ; morceau par morceau, elle se déroule, se déroule, jusqu'au jour où le dernier morceau se décroche — ne reste alors que le carton, nu, et la poubelle comme lieu de repos éternel pour celui qui aura tant aimé, même s'il n'a pas su vous le dire, faire tant de tours de manège autour de vos doigts. »
22:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 13 juin 2008
Le bac et les femmes
Crotte alors, j'avais des trucs à vous raconter sur la télé, des choses que j'ai vues et qui m'ont fait rire mais rien ne me revient, sauf peut-être la manière dont on parle du bac dans les JT. Je l'ai déjà un peu évoqué mais en revoyant les reportages où la voix-off féminine nous explique que, là je la cite, les bacheliers ont eu à réfléchir sur la conscience et la liberté, l'art et la réalité ou encore le travail, en revoyant ce genre de moments donc, je me suis dit que c'était assez rigolo cette manière de montrer les choses.
En gros, lorsqu'on nous parle de l'épreuve de philo du bac, de loin la plus médiatisée — mais c'est la première, il est vrai —, l'idée n'est pas seulement de glorifier les bacheliers mais surtout de nous faire se sentir con. On nous expose tout ce pataquès avec l'idée sous-jacente que regardez nos jeunes comme ils sont intelligents, ils sont capables de réfléchir sur des questions philosophiques de haut-niveau. Pendant que nous, nous en sommes incapables. Vous voyez, il y a une sorte d'admiration hypocrite des journalistes pour des gens qui passent cet examen, un examen tout à fait banal d'ailleurs, mais voyez comme les sujets de philo sont relevés... et pourtant ils seront 82% à avoir leur bac. En montrant comme les bacheliers sont fortiches, les reportages nous posent directement la question suivante, comme une provocation : et vous, en seriez-vous capable ? Et la réponse est bien évidemment non : non on ne s'en sent pas capable devant sa téloche à 20 heures alors qu'on ingurgite tranquillement son toast de foie gras (pardon mais je ne m'adresse qu'aux riches, les autres étant certainement bien trop bêtes pour comprendre ce texte). Et puis on nous parle de la philo parce que ça brasse des thèmes qui nous concernent, on ne peut pas dire que ça n'évoque rien dans notre esprit tout ça, c'est pas comme les maths. S'ils nous parlaient des sujets de maths, forcément on se sentirait mieux, on se dirait de toute façon j'ai toujours été nul en maths et puis les logarithmes népériens, quelle connerie ça ne m'a jamais servi. Mais la philo on ne peut pas l'esquiver, elle nous interroge sur le monde et sur nous, elle nous touche et sait rester inaccessible.
Mais après quand on les voit les bacheliers, interviewés au sortir de leur examen, crapotant leur clope pour qu'on sente bien comme tout ça est dur pour eux, on se demande pourquoi on les porte tant aux nues, pourquoi on admire tant cette néogothique flamboyante qui bafouille dans sa langue percée que ouais c'était dur meuh bon voilà quoi on verra bien quoi hihihi.
Bon, voilà.
Ah oui, il y a tout de même un truc qui m'énerve bien plus encore, en fait qui me révolte même, c'est la manière dont on traite les femmes à l'approche des vacances. Non mais qu'est-ce que c'est que cette escalade dans les régimes aux promesses toutes plus fabuleuses les unes que les autres ? Perdez 7 kilos en deux semaines par ici, perdez-en donc 5 en seulement une semaine par là, et voici notre guide des calories à détacher pour bien décortiquer votre bouffe pendant trois mois afin de vous faire pénétrer par surprise - oh comme c'est bon oh oui - par un bel étalon sur la plage cet été. Soyez sexy les filles, à la rentrée ce sera le numéro spécial de celle qui s'est faite le plus tirée en deux mois ! Mais avec un petit supplément sur les risques de l'anorexie — il faut bien réparer les dommages des excès de l'été.
Voilà comment chaque année à la même époque — mais en fait ça s'étale sur toute l'année, on a toujours un régime à vendre de toute manière — on insulte la dignité des femmes. Car qu'entend-on lorsqu'on leur propose de devenir belles ? Qu'à cette heure-ci elles sont laides. Ca doit toujours leur faire plaisir à entendre, en tout cas à certaines puisque ça a l'air de marcher cette technique d'avilissement. Pour reprendre l'idée exposée par l'auteure (je hais ce mot, merde à la féminisation des mots m'voyez) des Monologues du vagin lors d'une émission de Ce soir ou Jamais : "pendant que les femmes s'épilent elles ne s'occupent pas du Darfour".
L'autre jour au 13 heures de France 2 il y avait Elise Lucet qui abordait le sujet des régimes... elle commence par dire un truc du style tous les magazines affichent des recettes miracle en couverture, là je me dis chouette, peut-être qu'on va entendre une critique du système mais pas du tout, bien au contraire : puisque les techniques miracles des magazines sont douteuses, Elise Lucet vous soumet tranquillement l'idée de, pourquoi pas après tout, essayer l'hypnose. Et allez ! Il ne viendrait à personne l'idée de dire aux femmes que tout va bien pour elles, que leurs kilos en trop ne sont qu'un mythe savamment entretenu pour leur faire dépenser de l'argent et que les hommes les trouvent très bien comme elles sont. Oh ben non, rajoutons-en plutôt une couche : oui, vous êtes toutes trop grosses ! La balance ne ment pas, les chiffres sont là et nous allons vous ouvrir les yeux : 60 kilos c'est pas bien, vous ne pouvez pas vous sentir bien dans votre peau avec 60 kilos, c'est interdit ça madame, vous devez peser 53 pour vous sentir bien mais un petit 51 ne serait pas de refus, n'est-ce pas.
Oui vous verrez, je peux faire en sorte que demain au réveil tous vos pantalons soient devenus trop grands, vous pourrez même mettre toutes vos mains dedans et quand vous marcherez ils glisseront le long de vos jambes affriolantes, vous verrez les hommes seront fous de vous. Alors pour 300 € vous pouvez au choix racheter des jeans d'une taille trop grands, ou bien acheter notre produit miracle qui fait maigrir même quand vous dormez, c'est-y pas magnifique médéme ? Avec ça votre féminité sera complètement épanouie, comme le dit Garnier, prends soin de toi ça veut dire ce que ça veut dire : si vous n'y pensez pas dans deux ans vous ne serez plus viable, juste bonne à jeter, avec les seins qui roulent sur les cuisses et la peau qui traîne par terre. Et puis vous le valez bien, n'est-ce pas. Oui, c'est ça être femme : dépenser tout son argent pour empêcher l'inévitable destruction de votre corps, acheter tous les produits artificiels existants pour être, vous savez c'est le mot à la mode, naturelle. Oui, être vous-même, si l'on veut (ha ha, je me marre). Soyez vous-même en faisant comme tout le monde, c'est notre message et nous n'en avons pas honte.
Je ne sais pas comment c'était avant, mais la femme libérée d'aujourd'hui, j'avoue avoir du mal à y croire, j'ai plutôt tendance à penser qu'on l'enferme mieux que jamais dans des stéréotypes très dévalorisants, ceux de la fuite urinaire, ceux des rides insupportables, ceux des cheveux blancs qui doivent être proscrits, ceux de l'entretien de la maison évidemment, et j'en oublie tellement.
Non mais je vous préviens, je vais devenir féministe si on continue de traiter les femmes comme des animaux (bon, ça c'était une blague, évidemment... j'ai une gueule à devenir féministe moi ?). Et puis quoi encore.
Et pour finir, n'oubliez surtout pas que la cruche, tant elle va à l'eau, en la fin se brise.
**Pendant ce temps, à Tijuana, un homme se prépare une omelette**
21:43 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bac, femmes, régime, journal
jeudi, 12 juin 2008
Avec-vous l'âme d'un catho ?
Les catholiques sont des gens bizarres, encore plus que les enfants. Alors que l'enfant cesse de croire au Père Noël dès l'âge de 6 ans, le catholique est capable de croire en Dieu jusqu'à sa mort, voire même après sa mort pour peu que Dieu existe. Et croire que Dieu existe alos que c'est le cas, n'est-ce pas le comble de la connerie ?
Les catholiques croient en tout et n'importe quoi ; ils gobent tout ce qu'on leur dit. Adam et Eve courant à poil dans le jardin d'Eden ? Evidemment ! Kââ le serpent dupant l'autre gourde avec sa pomme ? Indubitablement ! Jésus marchant sur l'eau, multipliant les pains et, par dessus tout, ressuscitant ? Pourquoi pas ! Les catholiques sont animés par une naïveté qui, si elle amuse au premier abord, devient rapidement exaspérante.
Non seulement ils croient à des conneries, mais en plus ils se foutent de connaître la vérité vraie démontrée par nos charmants scientifiques. Dites à un catholique que l'eau est H2O et que l'azote est R2D2, et il vous enverra chier en disant qu'il n'en a rien à branler.
Le catholique est généralement satisfait de sa foi ; la plupart du temps il y trouve un semblant de bonheur. Heureusement que des clairvoyants athées sont là pour lui rappeler que la vie est merdique, que de toute façon tout est foutu d'avance et que Dieu ça ne peut être que de la connerie inventée par l'homme dans le but de justifier ses guerres.
Le catholique est nécessairement pro-Bush, et ne peut qu'être un coincé du cul. Ce qui explique pourquoi les catholiques puent toujours de la gueule. Parfois le catholique est royaliste. Auquel cas il n'a pas compris que la légitimité dite divine du roi n'était en aucun cas dépendante de la volonté de Dieu, mais de celle du trônant pontifiant.
Le catholique est parfois extrémiste. On appellera également les catholiques intégristes les ''catholiques comiques'', tout simplement parce que l'observation de leur mode de vie et l'écoute de leurs théories valent tous les one-man shows du monde.
Comment reconnaître physiquement des catholiques intégristes ? C'est simple : les hommes portent des polos ; leurs jeans raides et trop courts surmontent des chaussures bateau sous lesquelles se dissimulent des chaussettes à rayures. Les femmes ont des cheveux mi-courts tenus par un serre-tête, des pulls trop larges et des jupes amidonnées qui atteignent leurs mollets ; ces derniers sont protégés par des collants blancs qui descendent sous de petites chaussures plates arborant parfois une broche dorée. Cette description convient à tous les cathos comiques, qu'ils soient âgés de 0 an ou de 100 ans.
Les catholiques comiques ont des us et coutumes bien à eux. Ils vont à la messe tous les jours, sans exception. Si jamais ils devaient malencontreusement louper un office, le châtiment serait terrible ; un prisonnier chilien pourrait se sentir choyé par ses gardiens en voyant ce que les cathos s'infligent pour une simple messe ratée.
Le vendredi, c'est le jour du poisson. Donc on mange du poisson, parce que le catholique reste toujours logique.
Le catholique intégriste est bridé au quotidien par des réprobations morales qu'il se rappelle pour s'empêcher les excès. À défaut de pouvoir blottir sa tête dans des seins chaleureux et rebelles, le catholique se prend de passion pour des saints froids et moralistes. Les saints sont des gens que les catholiques vénèrent mais à qui ils ne voudraient jamais ressembler ; la vie qu'ils semblaient mener devait être vraiment chiante. Les seins appartiennent à des gens que les catholiques voudraient bien baiser ; manque de bol il paraît que Dieu le leur a interdit en dehors des liens sacrés du mariage. La frustration qui s'ensuit est compensée par le fait que les femmes sont indubitablement à l'origine de tous les problèmes de ce monde depuis ce que Desproges a appelé ''l'affaire de la Golden maudite''. Grâce à Eve, les personnes de sexe féminin sont donc des être inférieurs et éternellement coupables, mais tout de même bien pratiques pour préparer le repas et entretenir le logis.
Les catholiques comiques obéissent à un usurpateur qui prend généralement un prénom ridicule suivi d'un numéro quelconque certainement tiré au sort. Cet usurpateur est contre tout : l'avortement, le préservatif, les homosexuels, la liberté, la vie, la mort, les Carambars avant le dîner, le sexe, la religion. Néanmoins les cathos le suivent comme des moutons, persuadés dans leur naïveté que cet homme porte la bonne parole. S'il leur demandait soudainement de sacrifier leurs enfants, ils le feraient sans hésiter, comme ce con d'Abraham en son temps.
Les catholiques sont très tolérants. Il ne faut pas condamner le pêcheur, mais le pêché*. Tomber amoureux de quelqu'un du même sexe, c'est mal, mais ça ne fait pas de l'homosexuel une personne à exclure. Simplement, on évitera de s'approcher trop près de lui. On peut faire subir n'importe quoi aux catholiques ; ils pardonnent systématiquement tout.
Les catholiques sont indubitablement une race à éliminer, tant la menace qu'ils font peser sur l'équilibre mondial est grandissante. On regrettera presque que les nazis n'aient pas eu plus de temps devant eux ; après les Juifs et les homosexuels, les catholiques étaient leur nouvelle cible.
Comment éliminer les cathos, puisqu'il est impossible de leur faire comprendre qu'ils ont foi en des conneries ? C'est une question à laquelle nous répondrons quand nous en aurons la réponse. Difficile de faire autrement.
Ensemble, mes frères, luttons contre les cathos, pour les siècles des siècles, amen. Je vous propose pour cela de créer une nouvelle Eglise anti-religieuse ; je serai votre messie ; vous serez mes fidèles ; notre Dieu n'existera pas ; le monde sera bien plus vivable quand nous aurons réussi à imposer à tous l'idée que ça ne sert à rien de croire en Dieu. Les gens seront libérés des chaînes de la foi en cet être soi-disant supérieur. Au lieu de ça, ils seront libres de ne croire en rien. C'est beaucoup plus mieux, non ?
*Nos amis les marins pêcheurs sont priés de ne pas se sentir concernés. Merci.
(Note de l'auteur : L'objectif de cet article était double : tourner en dérision les cathos, mais aussi rendre absurdes les arguments parfois employés par certains athées qui font de l'athéisme une nouvelle religion qu'il faudrait imposer pour que le Monde aille mieux. Je précise au passage que je suis personnellement athée, pas extrêmiste, mais je ne crois absolument pas en la religion. Ceci dit, je respecte les délires de chacun, on a tous le droit de trouver satisfaction où on le souhaite).
13:59 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : catholique, religion
jeudi, 29 mai 2008
[Fiction] Tueur à gages
Je n'en peux vraiment plus. Le voir tous les jours me rend malade. Il est la, seul, à faire comme si tout allait bien. Il se prend pour un bel homme, un sportif bien bâti, un gentleman. Et pourtant, il n'est rien de tout ça.il est petit, malingre, avec une peau pas nette, des boutons, le teint pâle, cireux, il est maigre, légèrement flasque, et bien que l'on voit ses côtes lorsqu'il daigne se mettre torse nu, ce qui n'arrive quasiment jamais, tant il est pudique, du moins c'est ce qu'il dit, même si tout le monde sait qu'il a honte de lui, on voit poindre un léger ventre.
Il se pense intelligent, plus que les autres mêmes, et pour cette raison, il ne parle à personne. Il mène sa petite barque en pensant qu'il s'agit d'un navire de croisière. Lorsqu'il passe devant nous, il devient tout rouge et se met à trembler. Il tente d'oublier. Il veut tout oublier. Il met sa vie de côté, son passé derrière et fait comme s'il n'avait jamais existé afin de s'en créer un autre, un passé de son choix, dans lequel il a le beau rôle, dans lequel il est un héros, un passé dans lequel personne ne le contredit, un passé où il est au centre, un passé en somme, où il a une vie.
Il trouve le moyen de mentir à tout le monde, pour se protéger dit-il, et même s'il s'en défend, personne n'est dupe. Selon lui, enfin, si on l'écoute, il est une perfection vivante, un Dieu, comme il aime à s'appeler lui-même, sur un ton de plaisanterie, bien que l'on découvre qu'il est très sérieux à ces moments-là. En apparence, son corps lui convient. À l'écouter de plus près, il représenterait même le summum de ce qui se fait, considérant que son amas de chair graisseuse plait aux filles. Il chante à qui veut l'entendre qu'il ne compte plus ses conquêtes d'un soir. Tel un Apollon, il les enchaîne comme une machine à plaisir. Et pourtant, en catimini, il confesse n'en avoir eu que trois. Aucun mal à ça, ni aucune honte d'ailleurs, mais sa conviction dans le mensonge pousse à croire que là aussi, il cache la vérité.
Il se panne de bonnes intentions, de solidarité, de stabilité, de sociabilité, mais au fond, il n'y en a que pour lui. Pétri de bonnes intentions en apparence, il n'hésite pas à attaquer dans le dos lorsque la garde est baissée et à agir de son propre chef.
Lorsque j'étais petit, disons plus jeune, et que j'étais martyrisé par mes camarades, je me suis moi aussi, inventé un passé, une histoire, une vie plus douce que celle que j'avais. Je suis donc particulièrement bien placé pour comprendre le comportement de cet homme. La différence toutefois, c'est que nous avons accompagné durant presque une année ce garçon, l'avons soutenu, conseillé, aidé, alors que j'étais seul.
Il se voit toujours comme quelqu'un de supérieur aux autres, ou du moins, le prétend-il, mais il ne reste pas moins une vierge effarouchée, ambitieux et égoïste, à l'opposé des idéaux qu'il défend. Il se pose en donneur de leçons, en moralisateur neutre et impartial, au-dessus des autres, de tous les autres, tellement qu'il se voit déjà tout en haut, tout seul.
Et moi, je me demande si je dois m'évertuer à lui faire prendre conscience à quel point il est ridicule. Un temps, il fut un ami. Je l'ai épaulé, j'ai tenté de le raisonner, de le faire comprendre, de le faire admettre que sa situation n'était pas celle qu'il annonçait. Il a persisté et nous sommes éloignés. Et, comme il a persisté à mentir, nous avons fini par ne plus du tout de nous parler. Et comme c'est souvent le cas dans ces circonstances, la rupture fut brutale.
À plusieurs reprises, je lui dis un peu ce que je pensais de lui, de ses actes et de son caractère. Il considère ça comme une agression, injuste et injustifiée, et que je lui dois des excuses.
Encore aujourd'hui, il se prend pour un grand seigneur, feignant son irréprochable moralité pour faire jouer sa capacité à être lourd.
Une question se pose alors, les plus essentielles : que faut-il faire, que doit-on faire, que laisse-t-on faire, que doit-on laisser faire ? Cet être, qui ne rêve que de partir pour créer ailleurs une nouvelle vie de mensonges et de faussetés, vu qu'ici il a échoué, doit-il figurer sur la liste noire ?
21:56 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 28 mai 2008
Dégoût et des couleurs...
Je ne veux pas jouer les suppôts de Delarue, mais quand j'entends/lis des gens qui disent "les goûts les couleurs ça ne se discute pas", je suis pris d'une envie folle de les chopper par le col, de les plaquer contre un mur et de leur envoyer des coups de pieds dans les couilles (juste pour le plaisir de faire tout ça), puis de leur dire, en toute simplicité, et avec le sourire (le respect se perd trop de nos temps), que les goûts, justement, ça se discute.
(Quant aux couleurs, parlez-en avec un daltonien pour voir.)
"Chacun ses goûts", c'est l'excuse bidon du mec avec lequel on n'est pas d'accord sur un truc artistique — un livre, un film, un album, un jeu vidéo, la dernière chanson de Paris Hilton — et qui, à court d'arguments pour défendre son avis, finit par dire, histoire de couper court, que de toute façon tous les goûts se valent.
Considérant, malgré moi, que mon avis est généralement bien meilleur que le sien — et que celui de tout le monde —, je ne puis tolérer qu'on le place au même niveau que les autres. Je signalerai que je suis ma propre référence en matière d'appréciation des qualités d'une œuvre d'art, et qu'il s'agit pas de venir me dire une connerie du genre "bah, après tout, tous les avis se valent", puisqu'il est sous-entendu dans ce genre d'affirmation vaseuse et péremptoire que mon interlocuteur considère son propre avis comme supérieur au mien — mais que, tolérant, il veut bien penser que le mien a de la valeur quand même. Je suis désolé, mais je me sens insulté.
Et puis le mec qui dit "tous les goûts sont dans la nature et ne se discutent pas", allez donc lui dire que vous trouvez toutes les Noires très laides et que l'architecture des camps de concentration est si réussie qu'elle pourrait servir de modèle dans la construction de futurs HLM, et vous verrez s'il ne vient pas les discuter, vos goûts. Evidemment qu'à la place il vous met un procès aux fesses — encore que les procès pour des idées racistes, je trouve ça bof bof ; il me semble toujours plus utile de régler ça par le dialogue (quitte à finir par un bon poing dans la gueule) que devant un tribunal.
Et puis franchement, "les goûts ET les couleurs", c'est mystérieux comme association. C'est comme si on disait "Les chiens et les casseroles, ça fait débat". Vous m'excuserez, mais un goût et une couleur, ça n'a rien à voir. Le vert kaki c'est le vert kaki, et je suis d'accord pour ne pas en discuter ; mais le fait que quelqu'un aime le vert kaki, pour moi ça prête à débat — ça n'est tout de même pas normal d'aimer cette couleur, vous en conviendrez.
Vous ne me ferez pas croire que les gens respectent vos goûts aujourd'hui quand ils ne comprennent pas qu'on puisse fumer des cigarettes parce qu'on aime ça. Franchement, y a de l'abus.
Donc l'hypocrisie, ça va bien deux minutes — et puis non, même pas deux minutes, en fait ça ne va pas du tout du tout.
Comment voulez-vous discuter convenablement d'œuvres artistiques avec quelqu'un qui clôt systématiquement la conversation par une de ces sempiternelles sentences qui ont pour unique objectif la fuite ? Là aussi, faut pas se foutre de la gueule du monde ; généralement, quand quelqu'un vous lance ça, il faut comprendre "Tu m'excuseras mais là tu me fous dans une merde noire, t'as raison et j'ai tort, donc je m'en sors comme je peux"
Non, vraiment, y a quelque chose de pourri dans cette attitude.
(Tout ceci relève bien évidemment de mon avis, et ne saurait être discuté.)
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