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mardi, 29 avril 2008
Faut-il avoir peur des jeux vidéo ?
Suite au truc écrit à destination de Michel Denisot, j'ai eu envie de ressortir un article que j'avais écrit en décembre 2006, suite à un débat de feu l'émission "L'Arène de France", présentée par Stéphane Bern, qui se basait sur la question suivante : Faut-il avoir peur des jeux vidéo ?
Essayez donc de vous remettre dans le contexte de l'époque, j'ai laissé ledît texte tel quel (il y aura donc sûrement des évènements qui, depuis, auront bougé, mais ça reste encore - malheureusement - bien d'actualité).
P.S.: Attention, article en haute teneur de guillemets ! ^^

Faut il avoir peur des jeux vidéo ?
C'est la question qui est posée dans l'émission de Stéphane Bern "l'Arène de France" à laquelle le Grand Marcus (de GameOne) a participé il y a deux semaines et qui sera diffusée ce soir, Mercredi 27 Décembre à 22h40, sur France 2 (mais que j'ai eu le privilège de voir en avant-première, parce que piston, tout ça.. ).
La réponse est oui bien sûr ! **ironie inside**
Et ils étaient pas trop de deux avec Tom Novembre pour mettre en garde la ménagère de moins de cinquante ans et lui conseiller vivement de fermer ses volets, de couper l'électricité et de noyer ses gosses, qui de toute façon n'auraient pas échappé à ce terrible fléau !
Non, sans rire, pour une fois, le débat était plutôt sympa et constructif, et les représentants des "forces obscures" anti jeu vidéo plutôt mesurés et ouverts.
Allez tiens, je vais vous raconter un peu...
Et je vais en profiter au passage pour développer ici les arguments habituels que tous les amateurs de jeux vidéo ont en tête lorsqu'ils assistent atterrés à un débat télévisé sur le sujet.
Parce que je me suis rendu compte que, mine de rien, nous autres journalistes spécialisés (on peut aussi appeler ça "les gars payés pour jouer ") et gamers étions habitués à prêcher des convaincus, mais qu'on prenait finalement rarement la peine de réfuter devant le "grand public" les fausses idées véhiculées par les médias traditionnels, et notamment la télévision, à propos du jeu vidéo.
La seule occasion qui se présente est finalement d'aller "défendre la cause" dans des émissions de débats télévisés, même si ces émissions, qui ne se déroulent que très rarement en direct, sont ensuite souvent montées de manière partiale pour laisser plus de place aux adversaires du jeu vidéo... Pas forcément par méchanceté ou ignorance d'ailleurs, mais simplement parce que, de la même manière que les trains qui arrivent en gare n'intéressent personne, un seul joueur qui va mal est plus "télégénique" que les millions de joueurs qui vont bien.
Alors Marcus a décidé de s'y coller, et je vais essayer dans ce billet de rassurer un peu ceux que le jeu vidéo inquiète...
SI VOUS AVEZ PEUR DU JEU VIDEO, CE QUI SUIT EST POUR VOUS !
Revenons donc à l'arène de France....
Dans le camp des "pour", outre Tom Novembre (grand amateur de jeux devant l'éternel malgré sa mauvaise foi légendaire envers les manettes et l'impossibilité de parer dans Soul Calibur) et Marcus, on trouvait Sandrine Camus la créatrice de l'excellent site gamongirls.com (http://www.gamongirls.com/) que je vous recommande chaudement les filles, Shy'm, la jolie chanteuse de RnB (si si, ça existe) passionnée de jeu vidéo autant que de musique, Nicolas Gaume, l'ex patron du mythique studio de création Kalisto, et Michael Stora, psychologue clinicien toujours partant pour défendre les jeux vidéo et qui les utilise même dans le cadre de thérapies pour aider des adolescents.
En face, dans le camp des "contre", j'ai eu la surprise de retrouver pour la troisième fois sur un plateau de télévision Yves de Vaucresson, qui a sorti son fils du terrible enfer du jeu vidéo en réseau en l'envoyant faire un stage équestre à la campagne (au risque de le rendre accro aux jeux d'Alexandra Ledermann !). ;-)
Comme quoi, quand on cherche à faire témoigner des accros de jeux vidéo sur un plateau de télévision, on en trouve tellement peu qu'on retombe trois fois sur le même témoignage !
Il y avait aussi Sophie, une autre "droguée" du jeu en réseau qui, il y a quelques années, passait trop de temps sur World of Warcraft, mais qui s'en est sortie en rencontrant dans le jeu des joueurs qui sont devenus ses amis dans la vraie vie, et même plus si affinités (elle a aussi rencontré son petit copain dans WOW !)... Du coup, difficile de la compter vraiment dans le camp des "contre".
Même le représentant de "Familles de France", monsieur Bonnet, plutôt ouvert et mesuré, n'était pas contre les jeux destinés aux adultes, mais réclamait simplement une signalétique claire sur les boites de jeux pour éviter que des jeux déconseillés aux moins de 18 ans ne tombent entre les mains de jeunes enfants...
La signalétique existante, avec ses indications des différentes tranches d'âges auxquelles se destine chaque jeu, me paraît pourtant suffisamment claire, mais la journaliste de l'émission a confié que certains membres de familles de France pensaient que l'inscription "18+" sur une boite de jeu correspondait à la note obtenue par le jeu... Faudra juste que quelqu'un prenne le temps de leur expliquer.
POUR LES PARENTS INQUIETS...
Il y avait aussi dans le camp des "contre" Julie Rénaud, animatrice télé et jeune maman, qui s'inquiétait de voir un de ses deux jeunes fils de dix ans ne s'intéresser qu'aux jeux vidéo et craignait de le voir jouer à des jeux pour adultes.
Je suis toujours surpris de voir des parents s'inquiéter du fait que leurs enfants passent "trop de temps" (notion toute relative par rapport au temps passé devant la télé comme on le verra tout à l'heure) à jouer à des jeux vidéo, et se lamenter de leur apparente impuissance devant ce phénomène.
Il est important d'imposer aux enfants un temps de jeu raisonnable et de faire attention à ce que des jeux qui ne leur sont pas destinés (pour adultes) ne leur tombent pas entre les mains, et tout est fait pour aider les parents à assumer cette responsabilité...
Pour commencer, le prix des jeux (60 Euros en moyenne) et des consoles (de 150 à 600 Euros), font qu'un enfant n'a pas les moyens d'acheter sans le consentement d'un adulte.
La signalétique sur les boites de jeux permet de voir immédiatement les tranches d'âges auxquelles ils sont déconseillés, et certaines chaînes de magasins, comme Micromania que je connais bien (pour y avoir bossé), mettent en place des mesures qui permettent d'empêcher un enfant de 10 ans d'acheter un jeu déconseillé aux moins de 18 ans...
Lorsqu'un jeu déconseillé aux moins de 16 ou 18 ans passe en caisse, un programme informatique bloque la vente et affiche un message avertissant le vendeur, qui doit vérifier l'âge de l'acheteur avant de poursuivre la vente.
Par ailleurs toutes les consoles nouvelle génération (Wii, Xbox 360 et PS3) ont un système de code parental intégré qui empêche la console de lire les jeux déconseillés aux moins de 18, 16 ou 13 ans si les parents le souhaitent.
La Wii enregistre même dans un journal de bord intégré le temps passé sur chaque jeu, et le temps total passé sur la console chaque jour !
Le reste est donc juste une question d'autorité parentale et ne relève plus des jeux vidéo eux même...
Je conseille en tout cas vraiment aux parents de s'intéresser aux jeux de leurs enfants, et de les partager avec eux... Vous verrez, c'est pas si terrible que ça ! Une petite partie de bowling en famille sur la Wii c'est imparable !
Sur le plateau de l'arène de France, Tom Novembre expliquait d'ailleurs qu'il partageait avec plaisir l'univers de son fils (notamment en explorant avec lui le monde de Zelda) et que ça lui permettait en retour de l'amener dans son univers à lui.
L'ADDICTION AU JEU VIDEO
Parmi les autres invités de l'émission, dans le camp des "contre", on comptait également un médecin de la Clinique Marmottan (mais pas le Dr Marc Valleur pour une fois !) qui soigne les jeunes accros aux jeux vidéo et se prétend submergé de demandes.
D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec ce Monsieur un jour, sur un forum, et j'en ai profité pour lui demander de m'indiquer clairement combien de patients victimes d'addiction au jeu vidéo l'hopital Marmotant avait traités jusqu'à présent... mais il a refusé de répondre.
Bien sûr, il est important d'aider les personnes en détresse qui trouvent refuge dans le jeu vidéo de manière pathologique, mais j'en ai assez que la télévision tente de faire passer ces cas extrêmement rares pour une généralité, comme si ce risque guettait tous les joueurs.
Heureusement, l'immense majorité des joueurs "s'adonne" aux jeux vidéo avec modération...
Une étude réalisée par la SOFRES en Novembre 2006 montre qu'en France, les amateurs de jeux vidéos jouent en moyenne 5h45 par semaine (moins de 3 h par semaine pour la moitié d'entre eux), alors que les français regardent la télé 3h30 par JOUR (soit 24h30 par semaine !).
http://www.afjv.com/press0611/061122_marche_jeux_video_fr...
Il est quand même assez étonnant de voir que c'est le jeu vidéo qui est considéré comme une addiction alors qu'on passe quatre fois plus de temps devant la télévision sans se poser de questions !
J'étais donc sincèrement curieux de savoir combien de personnes sur les 13 millions de joueurs qu'on compte en France présentaient de réels problèmes d'addiction, mais je n'ai pas réussi à obtenir de réponse de la part du médecin de Marmottan...
Pour que le service de Marmottan, composé, j'imagine d'une demie douzaine de psychologues spécialisés (là encore mon interlocuteur n'a pas daigné préciser leur nombre) soit "submergé de demandes", une vingtaine de cas suffiraient, ce qui représente une quantité négligeable...
"Négligeable" statistiquement, mais pas à négliger pour autant...
Je suis évidemment le premier à prôner la modération en matière de jeux vidéo, et à soutenir toutes les initiatives qui permettent d'aider les joueurs qui s'enferment dans le jeu vidéo.
Je refuse en revanche qu'on dise que ces gens sont malades "à cause du jeu vidéo" alors que l'abus de jeu vidéo n'est finalement que le symptôme d'un malaise profond.
Pour ces rares cas pathologiques, la passion exagérée du jeu vidéo n'est souvent q'un refuge qui permet de fuir une réalité difficile (disfonctionnements familiaux, inadaptation sociale, pression des études, etc.), de la même façon que d'autres trouvent refuge dans les collections de Pin's ou l'amour de Claude François sans qu'on s'en inquiète outre mesure à l'hôpital Marmottan.
L'INTERDICTION TOTALE DES JEUX VIDEO POUR ADULTES
L'autre grand sujet de la soirée c'était le projet de loi déposé au mois de novembre dernier par trois députés - brillants d'habitude - de l'UMP (Bernard Depierre, Lionnel Luca, et Jacques Remiller) visant à interdire totalement en France la vente de jeux vidéo déconseillés aux moins de 18 ans.
Là, les trois gaillards avaient fait fort en balançant carrément des affirmations mensongères pour étayer leurs propos...
Voilà par exemple comment le député Bernard Depierre décrit le jeu Rules of Rose :
"L'action du jeu Rules of Rose se situe dans un pensionnat anglais dans les années 1930. Le but du jeu incarne un sadisme et une perversion inacceptables : il s'agit de violer dans les plus horribles conditions une petite fille puis de la torturer avant de la tuer dans la pire des souffrances. Celui qui aura fait preuve de l'ignominie la plus infâme, la plus répugnante, remporte la partie".
Evidemment il n'est pas absolument pas question de violer ni de tuer des petites filles dans ce jeu, qui est un survival-horror conçu pour plonger un joueur seul dans une ambiance angoissante à la Tim Burton, et en aucun cas un jeu multi-joueurs façon "Mario Party" où chacun rivaliserait de perversion pour faire un score !
A la place de l'éditeur du jeu je porterais plainte pour diffamation.
S'appuyant donc sur des affirmations mensongères, nos trois députés réclament l'interdiction totale des jeux vidéo "violents" déconseillés aux moins de 18 ans.
Or nos trois pieds nickelés, qui s'inquiètent naturellement de la mauvaise influence que peuvent avoir les jeux vidéo violents sur les enfants, font tous les trois partie du groupe d'étude sur la chasse de l'assemblée nationale et ne semblent pas inquiets du fait qu'en France on ait le droit à 15 ans d'avoir un permis de chasse qui vous autorise à avoir une vraie arme entre les mains les mains pour tuer de vrais êtres vivants.
Pire, en Novembre 2002 Lionnel Luca et d'autres députés demandaient la suppression de l'interdiction de chasser le mercredi en s'appuyant sur des arguments qui me semblent quelque peu discutables venant de la part d'ardents défenseurs de la protection de l'enfance face à la violence ...
Je cite :
"Interdire la chasse le mercredi, un jour où les enfants sont libres, contribue à couper un peu plus les jeunes de la nature. La pratique de la chasse est un moyen de mieux connaître la faune, et d'apprendre à respecter certaines règles de protection de notre patrimoine cynégétique. La chasse n'est pas seulement une tradition du monde rural, à laquelle nous sommes attachés, mais également une forme irremplaçable d'éducation à la nature, dans une ambiance de convivialité et d'échanges entre les générations."
Personnellement, je trouve une partie de Mario Kart en famille autrement plus saine et conviviale qu'une battue au sanglier ou la mise à mort d'une biche.
Mais le plus triste c'est que nos adeptes de la non violence (virtuelle uniquement) ont obtenu gain de cause puisque leur proposition a été adoptée en 2003 !
Désormais les enfants de 15 ans peuvent à nouveau flinguer des lapins innocents le mercredi, et avec un peu de chance toucher au passage d'autres enfants qui eux préfèrent faire du vélo dans les bois le mercredi.
Là encore il faudra qu'on m'explique comment on peut considérer que tuer de vrais animaux pour le plaisir est une activité saine qui enseigne le respect de la vie, et en même temps s'offusquer contre le fait qu'on puisse s'amuser à faire semblant de tirer sur quelques pixels représentant la plupart du temps des extraterrestres belliqueux ou de méchants nazis désireux d'envahir le monde.
Comment peut-on croire sincèrement qu'une manette de jeu est plus dangereuse qu'un vrai fusil ? (avec tout ça, vous allez penser que je suis un anti-chasse, alors que pas du tout, je tiens juste à mettre en avant quelques incohérences de raisonnement)
Je suis sûr que nos chers députés ont oublié le temps où eux même jouaient aux cow-boys et aux indiens dans les bacs à sable en prenant un bâton pour en faire un fusil et dégommer des "peaux-rouges" (un bon vieux classique).
Le bâton a été remplacé par des consoles à 400 Euros et les enfants d'aujourd'hui ont heureusement un sens du discernement et un second degré plus développé que celui des générations précédentes, ce qui leur permet de ne jamais confondre le jeu et la réalité.
À l'issue du débat, le public de l'émission, qui votait pour répondre à la question du jour : "Faut il avoir peur des jeux vidéo ?" a répondu non à 62 %.
Au début de l'émission, seulement 57% avaient répondu non à cette même question.
Si les téléspectateurs de l'autre côté du poste réagissent de la même façon ce soir, on pourra alors se dire que pour une fois, une émission de télé aura un peu fait avancer la cause du jeu vidéo !
Sur cette bonne nouvelle chers petits amis, je vous laisse en espérant que vous ayez passé de joyeuses fêtes de Noël !
Je pense que la déferlante de Wii qui s'est abattue dans les cheminées nous promet de sacrés progrès dans le domaine de la convivialité entre les générations !
;-)
22:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : peur, jeux, vidéo, débat, arène, france
[Lettre] Monsieur Denisot
Cher Michel Denisot,
Hier soir, sur le plateau de votre émission Le Grand Journal sur Canal +, l'un des thèmes abordés concernait le lancement de GTA IV, le fameux "produit culturel ou sous-culturel" qui, si l'on en croit la récente couverture du quotidien Libération, titrée avec un rien d'emphase : "Le plus grand jeu de tous les temps", semble attirer l'attention de grands médias généralistes.
Le 28 avril 2008, pour parler de ce jeu vidéo événement vous avez décidé d’inviter : un psychiatre/psychanalyste et un comédien/animateur fan de jeu vidéo. Pas un journaliste. C’est votre choix. Un choix qui, d’emblée, donne cependant une couleur étrange à un débat concernant ce qui ne reste finalement qu’un jeu.
Oui, GTA IV est un jeu violent, subversif, souvent amoral. Ainsi lorsque sur votre plateau Salim Sdiri déclare avoir chez lui les précédents épisodes de GTA, y jouer… et qu’il n’est pas pour cette violence pour des jeunes de « 10… à 16 ans », comment ne pas être d’accord avec lui ? Ca tombe bien, GTA IV ne s’adresse pas à eux. Ce jeu est très justement déconseillé (et non interdit) aux joueurs de moins de 18 ans. La mention est clairement apposée sur la boîte, puisque la norme "PEGI" l'impose. Et cela semble justifié vu le caractère adulte explicitement reconnu par son contenu.
Le faisceau des questions posées alors dans votre émission se focalise sur une thématique unique : faut-il en avoir peur ? Faut-il y avoir une quelconque déviance ? Faut-il y voir le défouloir d’une jeunesse marginale ? Appuyer sur une manette de jeu facilite-t-il un passage à l’acte dans « la vraie vie » ?
Le fait qu’un jeu vidéo soit interactif le rend-il pour autant plus dangereux qu’un media où le spectateur est passif ? Les images et faits diffusés aux journaux télévisés, bien réels, eux, sont-ils moins choquants ou moins perturbants pour un jeune enfant ? Aviez-vous invité un psychiatre lors de la venue du sympathique Sylvester Stallone, qui se transforme pourtant en véritable machine à tuer abattant à coups de mitrailleuse des centaines de soldats dans le film John Rambo (film interdit seulement aux moins de 12 ans). Le célèbre jeu bien réel du cow-boy et des indiens est-il à bannir dans les familles ? Le fait, en bas âge, de se poursuivre armé d’un pistolet à pétard est-il un acte passif ? Brise-t-il la barrière du passage à l’acte potentiel chez les jeunes enfants ?
Tout est question d’encadrement. De mise dans son contexte. De prise de conscience des ses actes, et des conséquences qui en découlent. En d’autres termes : d’éducation. A ce titre, le message est clair : GTA IV ne s’adresse tout simplement pas aux jeunes joueurs. A chacun d’en avoir conscience et de prendre ses responsabilités (vendeurs, parents, acheteurs).
En revanche, GTA IV est riche en références cinématographiques, musicales, urbaines. Références qu’un large public peut comprendre ou serait intéressé de connaître. Un public adulte. Car derrière son action tapageuse, GTA IV est aussi un condensé de liberté, d’expérience numérique uniquement accessible via le media jeu vidéo. Un media qui chaque année touche de plus en plus de personnes dans le monde. Probablement pas uniquement des sociopathes en puissance. Et s’il y avait autre chose derrière le mur des apparences ?
J’avoue ainsi avoir été choqué de l’utilisation du mot « drogué » qualifiant Davy Mourier, caution jeu vidéo de votre débat. Le poids des mots est ici d’importance. Les fans de jeux seraient-ils donc des drogués ? Faut-il forcément être totalement « addict » pour être joueur… en tout cas à ce genre de jeu. Je ne le pense pas. En revanche Pete Doherty, que vous invitiez en octobre dernier sur votre plateau, se drogue. Avec de la vraie drogue. Pas de la drogue numérique. Donne-t-il envie aux jeunes qui l’écoutent de passer à l’acte eux aussi ? Si tel est le risque, vous auriez peut-être dû prévenir les parents au préalable.
J’aimerai aussi connaître la pertinence de la diffusion de la célèbre vidéo du jeune joueur allemand en transe devant son ordinateur. Cette vidéo a fait le tour du monde. Elle est aussi pathétique, que marginale. N’est-ce pas là sombrer dans la caricature facile et stigmatiser là où il n'y a finalement pas lieu à comparaison ?
Pour citer le récent article concernant GTA IV publié par le quotidien Libération : « les ligues de vertu de tout poil ne s’y sont pas trompées, qui ont fait depuis longtemps du label GTA le symbole maléfique d’une industrie de toute façon suspecte ». De toute façon suspecte.
Savez-vous qu’aujourd’hui, en 2008, 30 millions de français se disent joueurs de jeu vidéo ? Savez-vous que désormais plus de 40% de ces joueurs sont des femmes et que la moyenne d’âge du joueur français s’élève à près de 30 ans ? Savez-vous qu’en France les jeux vidéo les plus vendus sont des simulations de foot, de courses automobiles, de calcul mental et d’élevage de chiots ? C’est aussi une réalité du marché du jeu vidéo actuel.
Ne pensez-vous pas qu’à l’image des autres médias, qu’il s’agisse de cinéma ou de littérature, le média jeu vidéo se doit de fournir du contenu pour tous les âges, pour tous les publics, pour tous les goûts ? Des jeux drôles, des jeux matures. De purs divertissements, des aventures épiques. Et qu'à ce titre, GTA IV a toute sa place, pour un certain public ?
Le jeu vidéo, en tant que divertissement de masse, a aujourd’hui près de 40 ans d’histoire. Le jeu vidéo est en train de passer à l’âge adulte. Il n’a jamais été aussi ouvert, riche et varié. Le critiquer n'a rien de criminel. Libre à chacun d'apprécier les jeux, ou pas. Libre à chacun de vouloir en parler, ou pas. Mais le garder constamment dans l'ombre et se contenter d'en parler pour présenter de lui un visage hermétique, anxiogène et finalement si décalé de sa réalité de tous les jours m’étonne et j’avoue, me déçoit, de la part d’une émission si ouverte, libre et impertinente qu’est le Grand Journal que vous animez.
A votre disposition si vous souhaitez prolonger le débat.
17:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lettre, michel denisot
dimanche, 27 avril 2008
[Fiction] Face à moi
Et je me retrouve en face d'elle. On s'était dit, ce qui semblait à présent être un temps Jadis, de toujours s'aimer, de toujours rester ensemble, de ne jamais se quitter. De toujours se parler et s'expliquer ce qui pourrait ne plus aller, ce qui pourrait nous nuire. L'Histoire sait ce qu'il en a été. Et elle est là. Un sourire timide au coin des lèvres et elle ne sait pas vraiment quoi me dire ou si elle doit me dire quelque chose. Moi non plus. Nous sommes en face l'un de l'autre, face à face, à quelques mètres di distance. Ca fait ce qui me paraît une éternité que je ne l'ai pas vue.
Depuis ce jour.
Le temps s'était arrêté ce jour là.
Puis c'était la nuit. Elle n'est plus jamais partie.
Son esprit sifflait Take Me à longueur de nuits.
Et ici, pendant que les clochards lancent des balles que leurs chiens ramènent au milieu de la foule, pendant que les plus jeunes révisent encore quelques instants avant l'épreuve à venir, ou que les plus âgés d'entre eux s'entraînent à leurs acrobaties, pendant que les couples amoureux savourent ces quelques instants de solitude, elle est là.
Je n'ai pas fait exprès de me trouver là. Et alors, en regardant son sourire tendre et stressé et son regard brillant d'humidité et de fatigue et ses bras étendus le long de son corps, je me rappelle.
Cette année de passion, où nous étions seuls au monde. Deux personnes sans d'autre point commun que celui de s'être trouvé là en même temps. Ont ressenti les mêmes besoins. Au gré des saisons, nous avons été au chaud, nous nous sommes mutuellement réchauffés, nous avons guéri nos âmes grises grisées. Nous avons pris et repris des couleurs pendant que les jours défilaient à côté de nous, comme un ami, à part. Nous nous sommes découvert malgré le froid, nous avons été des amants inégalés, nous avons chéri partager, nous sommes réconciliés des disputes, avons batifolé dans des parcs et embrassé dans des églises. Nous nous sommes bercés au son des voix des acteurs américains et offerts des monts et merveilles qu'on ne pouvait soupçonner imaginer.
Puis le temps a regrisé malgré le printemps qui pointait, sans que nous nous en apercevions et aujourd'hui je regrette encore de ne pas l'avoir vu venir. Pourtant mon expérience dans le domaine aurait dû me maintenir éveillé et attentif. Mais je m'étais assoupi.
Nous avons mangé des glaces à Rome et critiqué les passants, nous avons déchiré le passé et envisagé le futur. Nous étions nous et les autres. Rien ne comptait plus autour.
Nous sommes des agneaux égarés.
Nous sommes aveuglés.
Et quand je recouvre la vue c'est pour qu'elle se brouille et perdes ses couleurs. Ces couleurs.
Je suis seul au monde.
Elle est seule au monde. Mais c'est cette fois chacun de notre côté. Et elle me renvoie mon rictus gêné. J'hoche la tête en la voyant. Nos regards se détournent. Je regarde l'homme qui hurle après son chien qui va chercher un peu trop près des petits enfants du centre aéré qui se promènent le long de la mare. Je cherche encore de l'autre côté, en passant par ses yeux et ces souvenirs pendant que nous continuons d'avancer sur un sol glissant un groupe de musiciens qui s'ennuient. Je l'entends sangloter quand elle passe à mon niveau. Je bouscule la personne qui se trouve face à moi et qui ne s'est pas écartée. Elle en revanche ne m'entend pas. Ma fierté mal placée me rend discret. Je suis stupide. Elle m'a croisé. Elle est passée.
Elle ne s'est pas retournée.
Le temps n'a pas repris, il fait toujours nuit. Je suis seul au monde. Et elle...
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vendredi, 25 avril 2008
[Fiction] Révélation
Je viens de me réveiller. Je suis debout, présent, les yeux ouverts, et ce, depuis plusieurs jours. Mais ce n'est que maintenant que je me réveille. Face à la glace de la salle de bains. Le grand miroir qui permet de se contempler, même depuis la baignoire. C'est ma femme qui a voulu ça. Une grande glace dans laquelle on pourrait se voir pendant qu'on fait l'amour. Alors j'ai fait en sorte qu'elle l'obtienne. Même si je trouve glauque de me regarder. Elle, ça l'excitait. Et je suis assis sur le rebord de cette magnifique baignoire à bulles marbrée et dorée, large et spacieuse. Dans mon jean sale. Taché de mon urine. Sali de ma transpiration, de mon sang, de ma crasse, de mes peurs et mon angoisse profonde, du pus de mes boutons de stress, de ma saleté de ne pas m'être lavé depuis ces jours et ces nuits qui viennent de passer sans m'en rendre compte. Je ne sais même plus depuis combien de temps je suis enfermé là dedans. Plus personne n'est ici.
J'ai une femme. Une femme et un enfant. Un garçon. Un petit garçon. Et ils sont tous les deux absents. Ils sont partis. Elle a essayé de me résonner, de m'engueuler. Elle m'a hurlé de sortir de cette foutue salle de bains, de la laisser aller pisser, se laver, laisser le gosse se brosser les dents, les laisser avoir une vie normale. J'ai fait la sourde oreille, et j'ai déplacé l'armoire moderne blanche devant la porte. Juste au cas où. Elle a envoyé notre fils chez sa grand-mère quelques jours, le temps que je me calme m'a-t-elle avoué au travers de la porte et de l'armoire un soir tranquille. Pendant que je restais sur ce carrelage qui était de moins en moins brillant, se recouvrant peu à peu de traces marron, grisâtres, que les joints noircissaient et que l'atmosphère s'épaississait à cause du manque d'air, je l'ai entendue pleurer de ne pas comprendre ce qui se passait. Je l'ai entendue casser des assiettes, y compris ce service en porcelaine, cadeau de mariage que j'avais toujours détesté sans m'en rendre compte. Je l'ai également entendue s'arracher les ongles en griffant la porte derrière laquelle j'étais enfermé. Elle n'avait aucune idée de ce qui me prenait, de pourquoi d'un coup, j'avais agi de la sorte. Elle a longtemps parlé seule, pleine d'un désespoir atroce, assise ou allongée derrière la porte, dans ce grand couloir au parquet ancien. En robe de chambre, elle avait cessé de se changer, de manger. Elle pleurait tout le temps. Parfois en reniflant discrètement, parfois prise d'une rage folle pendant laquelle elle m'insultait de n'être qu'un con, et autres mots à la fois pires et sincères. Elle m'a supplié de lui parler, de lui répondre. Elle voulait que l'on parle, que je lui explique ce geste inconsidéré, ce mutisme, cette folie qui m'avait attrapé et qui m'avait forcé à m'enfermer et me couper du monde.
Quelques fois, elle m'a demandé si j'allais bien.
Je n'ai pas émis le moindre son. Mais quand elle menaçait d'appeler les secours, je tapotais contre le rebord de la baignoire émaillée avec mes ongles qui maintenant étaient bien longs pour qu'elle comprenne que ce n'était pas nécessaire. Ma barbe me démangeait, et je m'arrachais des bouts de peau qui restaient coincés dans mes poils. Mes cheveux collaient, et ma femme continuait de pleurer, de se morfondre. Elle souffrait d'une douleur insupportable, telle que les mots ne peuvent retranscrire. Elle en arrivait à ne plus être capable de parler. Des sons mêlés de larmes, de sanglots et de quintes de toux émanaient de son être. Des râles d'une douleur indicible.
Comment pouvais-je lui faire subir telle épreuve, qu'avait-elle fait, que devenions-nous... Je ne savais pas lui répondre, alors je ne disais rien. Ma barbe se contentait de récolter le sel que les larmes laissaient aller, mes yeux gonflés, ma gorge serrée, mes poings fermés si fort que mes mains en saignaient.
Et puis un jour, en me réveillant, je n'ai plus rien entendu. Plus un bruit, ni un cri. Rien. Elle était partie. Des jours sont passés sans que je puisse les compter. J'avais un peu plus maigri à chaque fois que j'osais me regarder dans cette grande glace. Je m'y voyais flou sans pouvoir dire si c'était à cause de mes yeux qui flanchaient d'avoir autant pleuré, ou de la saleté et de l'air moite qui se déposaient petit à petit sur le verre.
Je ne ressemble plus à rien depuis bien longtemps. Bien avant que mes traits se tirent et que mon organisme s'affaisse dans cette salle de bains aux effluves putrides.
J'en ai eu assez de cette vie qui était la mienne, qui m'avait dépossédé de moi. J'avais fui les remises en question de la vingtaine, j'avais gravi les échelons de la scolarité et de mon emploi comme un forcené, accumulant les succès et les félicitations. Je croulais sous le travail et j'étais heureux. J'avais une femme magnifique, cochonne à souhait, souriante et serviable, un enfant mignon, bien formé, en bonne santé et qui semblait déjà brillant. J'avais tout. Et pourtant, je n'avais rien. Je lisais, je me tenais informé, j'étais curieux et intelligent.
Et puis j'ai craqué. Je commençais à sentir que quelque chose n'allait pas, qu'un changement s'opérait, mais j'étais bien incapable de déceler si c'était moi, ou si tout autour de moi subrepticement s'écroulait. Et le masque est tombé.
Mais il m'a fallu toutes ces journées d'isolement, à encaisser la vraie souffrance que je provoquais, à fuir tout ce qui me définissait, attendre de voir mon entourage abandonner, refuser, se désagréger. J'ai pu ouvrir les yeux, et finalement sourire. Je suis parvenu à détruire tout ce qui était moi, qui m'emprisonnait. Un papier a été glissé sous la porte. Je l'ai vu malgré l'armoire. La maison est à vendre. Je suis tellement faible que j'ai du mal à bouger.
Un autre papier. Je n'entends pourtant plus aucun bruit. La maison est vendue. Il me faut vider les lieux rapidement. Je ne ressens même plus la puanteur. Mon pantalon est rigide. Mes mains noires. Je ne vois plus d'un oeil. J'ai une narine bouchée. Je force pour me hisser jusqu'au goulot de la baignoire dans laquelle je vis depuis maintenant trop longtemps. J'ai du mal à ouvrir le robinet.
J'ai au moins compris qui j'étais, même si c'est peut-être trop tard. Je me suis affranchi. Je peux tout recommencer. L'armoire est lourde. Elle ne bouge pas. Je suis enfin libre. Je suis moi. Plus rien ne me retient, je peux tout accomplir. Mais cette armoire refuse de se laisser déplacer. Je ne suis rien et ça me rend heureux. Pour de vrai. Je ne dois plus rien. Je souris des dents qu'il me reste. Je suis dans cette salle de bains et je suis libre.
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jeudi, 24 avril 2008
Un accident n'attend pas d'avoir lieu
Je ne sais pas ce qui s'est passé Jeanne ; je venais d'acheter des jonquilles. Je ne sais pas ce qui s'est passé — je venais simplement d'acheter des jonquilles.
Ma voiture, ma petite Clio jaune, enfin la nôtre — tu sais c'est celle qu'on a achetée il y a cinq ans —, elle est détruite ; détruite, comme la voiture de la famille que j'ai percutée ce matin. Je venais d'acheter des jonquilles et je rentrais chez moi, enfin chez nous — mais je ne sais pas ce qui s'est passé Jeanne, vraiment je ne sais pas.
J'ai repris mes esprits les jambes coincées sous mon volant, perdu dans la fumée — mes lunettes avaient valsé. En levant les yeux devant moi, une fois la poussière et les cendres retombées, je me suis rendu compte que j'étais encastré dans une grosse voiture noire ; mais ses passagers n'étaient plus dedans ; à travers son pare-brise, je n'y ai vu personne. Derrière elle je crois avoir distingué une caravane. Je suis parvenu à remettre mes lunettes et à me détacher, mais je ne pouvais pas sortir. Un jeune homme, je ne sais pas d'où il sortait, est venu me parler. Je n'entendais pas ce qu'il disait — tu sais bien que je suis un peu sourd, alors avec le choc tu imagines —, avant de comprendre qu'il me demandait comment ça allait et qu'est-ce qui vous est arrivé monsieur ? Alors j'ai répondu que je venais d'acheter des jonquilles et que je ne savais pas ce qui s'était passé.
Le choc a eu lieu à environ 40 kilomètres/heure. Pour ma part j'ai une clavicule et une côte cassées et le sternum abîmé ; quant à ceux de l'autre voiture, une famille de quatre, le père a une côte cassée, la mère est contusionnée, le plus jeune fils aussi, et le plus âgé n'a rien. Tant mieux. Je ne voudrais pas avoir tué quelqu'un — je ne le supporterais pas. Jeanne je sais ce que coûte la perte d'un être cher.
Je sais bien qu'à mon âge je ne devrais plus conduire, que ça n'est pas très raisonnable, toi-même tu me le dirais — mais je voulais juste acheter des jonquilles, ça devait me prendre dix minutes. En dix minutes on n'a pas le temps d'avoir un accident normalement. Si ? De toute façon, vu que notre Clio est cassée, je ne reconduirai pas. Et puis je pense qu'on m'a retiré le permis. Mais je ne sais pas ce qui m'est arrivé. À ce qu'on m'a dit la famille venait d'en face en tractant une caravane, et puis moi je me suis déporté sur la gauche sans raison et je les ai pris en pleine face — ou inversement. Mais Jeanne je ne me souviens pas de ça ; certainement j'ai dû avoir une perte de conscience à ce moment-là. Je n'ai même pas freiné, paraît-il. À coup sûr, si je m'étais rendu compte de ce qui se passait, j'aurais fait quelque chose — et puis surtout j'aurais eu peur.
Qu'est-ce qui va m'arriver maintenant Jeanne ? Tu le sais toi ? J'ai peur de devoir dépenser plein d'argent — je sais que je suis en tort, mais avec ma petite retraite, tu comprends... Dis, à ton avis, est-ce que ma fin de vie ne pourra être que pauvre et misérable ? Elle l'était déjà un peu, mais je crois que je suis définitivement foutu — et à mon âge mes blessures ne guériront jamais plus vraiment. Est-ce que tu penses que je mourrai tranquille malgré tout ? Tu penses qu'ils m'en veulent beaucoup, dis, hein ? Et dis-moi Jeanne, est-ce que tu m'aimes encore malgré tout ?
Jeanne je te parle mais je suis seul dans cette chambre, tu me manques, et j'ai peur du peu de temps qu'il me reste à vivre.
Jeanne tu sais, je crois que j'aurais préféré y mourir, dans cet accident — à mon avis ça aurait été préférable.
Jeanne tu sais, si j'étais mort, au moins je serais avec toi à cette heure-ci.
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mercredi, 23 avril 2008
C'était pas mauvais, c'était TRÈS mauvais...
Tiens, ça fait un petit moment que je suis pas passé ici...
Pour les quelques internautes qui découvriraient ce blog : allez vous faire foutre (de toutes façons ils ne lieront pas cet article... depuis quand les internautes s'intéressent-ils aux textes des blogs ?). L'article que je suis en train de taper risque d'être intéressant et je ne veux surtout pas qu'on retienne cela de mon blog... Dégagez !
Le 10 février 2006 j'ai été en boîte de nuit pour la première fois (et la dernière, par la même occasion). Pourquoi ça ? Parce que depuis 8 mois je n'entendais parler que de ça dans un certain entourage. Par conséquent le geek de base que je suis a voulu constater de près ce que valaient ces soirées.
Laissez-moi vous raconter comment se passe le vendredi soir du "clubber" ? Bah à 21h30 il s'arrange pour qu'on le trouve beau gosse. Puis à 22h00 il retrouve ses "amis" pétés de thune à un endroit précis pour se diriger vers la boîte de nuit (pour l'occasion c'était "La Station", boîte super branchée du moment aux dires de certains).
On arrive dans la rue et le mec qui a réservé les tables pour nous commence à récolter l'argent (32 € par personne). Cela fait on peut enfin se présenter à l'entrée de la boîte de nuit. L'escroc euh... le videur (désolé) regarde brièvement notre allure pour voir si on est assez biens pour marcher dans les pas de Loana, Vincent Mac Doom, Titoff et tant d'autres "people" qui ont fréquenté l'établissement. Tout comme mes potes je n'étais pas sur à 100% qu'on me laisse rentrer. Et pourtant ! Comme quoi on laisse vraiment entrer n'importe qui ! Jusque là tout va bien.
Arrivé dans le hall on me dirige vers les vestiaires payants (!). Un mec à côté de moi m'explique qu'on est pas à l'abris sur la piste de danse de se faire piquer son porte feuille... Du coup je discute pas et j'échange ma veste + 2 € contre un ticket numéroté. Wouah ! Trop cool la boîte de nuit ! Certes ! Mais ce n'est pas fini...
Perdu et surpris qu'on m'ait si facilement racketté je me laisse faire et continue de suivre mes camarades. Ces derniers m'expliquent en descendant des marches qu'on sera dans le carré VIP (ah bah voilà pourquoi j'ai mis 32 € ! Je me disais aussi... ). En bas des marches je me rends compte que le carré VIP est bien sommaire. C'est un coin légèrement surélevé, fermé avec des cordelettes et surveillé par un videur afin d'empêcher les pauvres qui n'ont payé que 20 € de venir nous squatter.
À 22h30 on est donc entre copains autour d'une table et on boit quelques pastis pendant que le DJ s'échauffe en passant du Daft Punk et du Michael Jackson. Le peu d'alcool que j'avale me rend suffisamment ivre pour me laisser imaginer que je vais passer une super soirée. Environ 1 heure plus tard la boîte est remplie et avec quelques potes (dont un qui découvre comme moi ce monde de dépravés nocturnes) on se décide à aller sur la piste en vue de "choper" (sachez d'ailleurs que les boîtes ne servent à rien d'autre qu'à ça). Étant donné que c'est la première fois qu'on me lâche au milieu d'inconnus sur une piste de danse (ou dance floor pour faire "so hype") je calque péniblement mes gestes sur ceux de ces cons de jeunes qui m'entourent... Et ça pendant 2 heures sur du Eric Prydz et du Mylo (en avril dernier ça marchait encore bien pour eux... jusqu'au jour où !).
Je danse je danse quand tout à coup : je déssaoule. C'est au moment où j'ai vu ces putes euh... ces strip-teaseuses (désolé) danser sur le bar d'en face. A ce même moment je me suis rendu compte à quel point je n'étais pas à ma place dans ce lieu. C'est donc en bousculant (on ne marche pas en boîte, on bouscule) les gens sur mon chemin que je suis retourné dans le carré VIP où n'importe qui pouvait désormais y entrer et en sortir. Je suis allé m'asseoir à ma place où quelques de mes camarades bourrés continuaient de danser (tituber ?), debout sur la banquette, tandis que d'autres étaient occupés à embrasser et à tripoter des filles pas farouches.
Soudainement, tous les mecs qui sautaient sur la banquette ont dégagé et m'ont laissé seul au milieu de couples éphémères. Je me mets à beaucoup réfléchir (si si). Je cherche pourquoi je suis venu et je trouve : je voulais faire comme tout le monde (comme quoi, ça me réussit pas). Je cherche ensuite pourquoi eux ne peuvent se passer de venir ici chaque week-end et je trouve aussi : ils sont soit beaux gosses, soit charismatiques, soit très riches et donc attirent avec une facilité fascinante toutes les nymphomanes euh... les filles (désolé) de la boîte. Pour terminer je cherche... à mater la fille penchée en avant à ma gauche (héhé même déprimé je perds pas le nord) !
Pendant que je suis assis un camarade me rejoint et, fatigué, se repose sur mon épaule ! Il m'explique qu'il a chopé 7 filles et qu'il a jamais vu une soirée aussi bien. La bonne nouvelle dans tout ça c'est que même en me mettant à part je n'ai gâché la soirée de personne. Au contraire, en ressortant vers 3h30 du mat' certains m'avoueront qu'ils étaient vraiment contents que je participe enfin à leurs soirées ! Peut-être étaient-ils encore ivres, mais peu importe, ce fut suffisant pour me remonter légèrement le moral.
Vers 4h00 on s'est retrouvés à 4 dans un taxi illégal à (20 €/4) nous amenant à l'appartement de l'un de nous qui a bien voulu qu'on dorme chez lui. La soirée est enfin terminée. Et Samedi prochain je fais quoi ? J'ai le choix ! Soit je regarde la télé assis devant mon PC, soit je paye environ 30 € pour m'emmerder à Avignon... Allez Banco ! Je vais en boîte samedi prochain !
Non j'déconne. Je materai un DVD.
Portez-vous bien ;)
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mercredi, 16 avril 2008
Les séries télé à la française

Les séries télé françaises, en voilà un sujet qui me tient à cœur. Jusqu'à maintenant je n'avais pas voulu en parler de peur de choper des palpitations et d'être tout tendu du slip après, mais là, c'est décidé, trop c'est trop, je peux plus me retenir
"AAAAH, MERDE C'EST QUOI CE BORDEL !!" *cri hystérique qui monte dans les aigüs et qui fait saigner des oreilles*
Tout a commencé doucement, presque sournoisement. Dans un grand soucis d'originalité, je ne sais plus quelle chaine a décidé de faire un remake des experts : "Allô Roger, ouais je t'appelle parce que j'ai une pure idée, tu vois la série là, avec les mecs de la police scientifique ? Ouais et bien vu que ça fait kiffer tout le monde j'ai une pure idée, on va faire pareil mais avec des acteurs français qui jouent mal, une réalisation moisie des fesses en repompant toutes les idées, ils y verront rien on va se faire de testicules de platine, c'est assuré". Le résultat fut bien entendu merdique à souhait, je vous laisse constater par vous même si vous aimez souffrir, ça s'appelle RIS police scientifique.
Puis vint L'Hôpital, encore un remake, cette fois censé exploser Urgences/Grey's Anatomy/Scrubs/Dr House et consorts. Le résultat est sans appel : L'Hôpital, c'est nul, caca, zéro. La nullité du jeu d'acteur n'a d'égale que la pauvreté du scénario. La mise en scène des cas clinique est pathétique. Les incohérences médicales sont pitoyables ; je ris encore du fameux "tu vois là, c'est ta rate qui est entouré de sang" OMG WTF !!!!... Oui car l'espèce de viande à pneu qui dit ça montre sur un scanner LE COEUR ! Et pour confondre un coeur avec une rate faut vraiment s'être bituré sévère pendant ses étude de médecine.

Ou encore le gars qui rentre dans l'IRM, et en 1 seconde 3 centièmes on a une image de reconstruction tridimensionnelle du polygone de Willis (trop fort quand tu sais qu'une angio IRM nécessite des acquisition de 30 minutes et un calcul informatique pour la reconstruction d'image). Mais c'est pas le plus fort : le patient n'était même pas perfusé en produit de contraste ! Et encore plus énorme : ils diagnostiquent une sténose de l'artère carotide !! Pour ceux qui ne s'y connaissent pas forcément en médecine, c'est un peu comme si on te faisait une radio du pied et qu'on t'annonce que t'as un fracture de la machoire.
Bref, L'Hôpital, c'est de la merde en branche.
J'étais sur le point de balancer un parpaing dans ma TV quand le souvenir du chèque que l'on fait pour acquérir un écran Full-HD 107 cm m'a fait me raviser. Juste le temps d'aller vomir.
Et enfin, l'apothéose du n'importe quoi Franchouillard, les dernières limites qu'il ne fallait surtout pas franchir... un remake de The Shield à la française !!! Même l'adaptation de Prince of Persia par Michael Bay n'arrive pas à me rendre aussi malheureux. Ça s'appelle "Sur le fil" (et non pas Le Pavois, c'est dommage ils auraient pû pousser le vice jusque là) et je n'ose même pas chercher à comprendre ce qui a bien pu passer par la tête des mecs qui ont eu cette brillante idée de merde.
À ce rythme là on va probablement bientôt avoir droit à (s'il y a des réalisateurs Français qui lisent n'hésitez pas à piocher) :
35h chrono : Jacque Baullier est agent de police, la série le suit pendant une semaine de travail type, en temps réel. Parviendra-t-il à rendre ses dépositions à temps ? Déjouera-t-il les manigances de Robert de la compta ? Parviendra-t-il à attraper le dealer du quartier chaud de Tripafouille-sur-Oise avant le début de ses vacances ?
Paumé : Leur avion à hélices s'est écrasé au large de la Bretagne sur une île inconnue... survivront-ils sur ce caillou mystérieux plein de mystères mystiques et mystérieux de l'étrange ?
Héroïque : partout dans le canton des gens ordinaires voient leurs vies transformées par d'étranges pouvoirs naissant... sorcier, marabout, rebouteux et magnétiseur apparaissent ça et là... ensemble pourront-ils sauver la commune de l'implantation d'une centrale d'incinération de déchets domestiques ?

Os : Mme Simone Trafouille, très réputée croque mort de Patchouli-les-Deux-Églises, parvient à deviner l'âge des cadavres rien qu'en les regardant. Aux côtés de Robert Laulier, le garde champêtre, elle aide la police municipal sur des affaires trop complexes pour leurs méthodes.
Beuh : Marie Delacour, mère au foyer, a perdu son mari dans la forêt (il y est entré il est jamais sorti). Pour subvenir aux besoins de sa famille elle se met à vendre de la marijuana dans le 3ème arrondissement où elle habite. Parviendra-t-elle à faire face à la concurrence ? Évitera-t-elle d'être arrêtée par la maréchaussée ? Les plants poussent-ils mieux si la lampe à UV est inclinée de 90° ou de 95° ?
Prison cassée : Injustement incarcéré pour excès de vitesse bien alcoolisé alors que c'était même pas lui au volant, Robert ne peut compter que sur son neveu Raoul qui était maçon lors de la construction de la prison et qui, donc, connait le plan presque par cœur (c'est pour ça qu'il s'est fait tatoué sur la fesse droite le plan de la prison de peur de l'oublier, et sur la fesse gauche : j'aime le cul - y avait pas la place de mettre en entier "j'aime le culturisme" - ).
Merde à la fin, c'est quoi au juste le problème en France ? On a pas assez de scénaristes suffisamment bon pour nous pondre des scénarios originaux, inventifs et audacieux (ou un seul des trois, faut pas trop en demander trop vite) ? Et si pourtant ! Alors ça vient peut-être du fait que les investisseurs chient dans leurs frocs dès qu'on sort des sentiers battus ? Là c'est déjà plus probable. Il va falloir qu'on supporte encore combien de temps les séries policières/gendarmesques à 3 francs qui se ressemblent toutes, toutes bien gentilles et tellement lisses qu'on se demande si les réalisateurs sont pas des Télétubbies ? Je ne dis pas que c'est nul (quoique... si si, j'le dis), juste qu'une seule suffit, on a compris maintenant. Et ne parlons pas des Louis la Brocante et autres séries qui daubent bien le terroir français à tel point qu'on a l'impression d'avoir les groles boueuses après même pas 2 minutes de visionnage. Je sais bien que ça colle le zizi tout dur à J.P. Pernault, mais ça va bien à la fin !

Est-ce que c'est un manque de moyens ? Ça m'étonnerait parce que dans ce cas faudrait m'expliquer comment les anglais font pour nous pondre des séries génialissime (Spookks/MI5, Doctor Who, Torchwood... ) avec 2 balles et un mars (ne parlons pas de la génialissime série des 4400 qui avait un budget ridiculement petit pour sa première saison et qui pourtant est une vraie perle d'originalité) ! Tout ou presque repose sur le scénario. Bah oui, si celui ci est assez bien ficelé, même un huit-clos dans un décor pourri peut être extraordinaire, pas besoin de faire péter les effets spéciaux. Alors faudrait peut-être se sortir les doigts des fesses et prendre exemple sur eux en faisant preuve d'audace !!
J'en reviens pas de voir le décalage qui existe entre notre cinéma et la télévision (et encore plus entre notre cinéma et le cinéma d'Outre-Atlantique, mais là c'est encore une autre dimension). On réussi de plus en plus à faire des films franchement réussis et audacieux, mais on est incapables de pondre une série potable, c'est quoi la différence au final ? Bon il y a bien eu David Nolande qui était bien ficelé apparemment (même si ca restait trop lisse et gentil aux goûts de bon nombre de téléspectateurs) qui prouve qu'on est pas des incapables si on s'en donne les moyens, ça donne de l'espoir.
Alors, Messieurs les producteurs, au lieu de nous pondre une énième série sur Jojo le plombier du Périgord ou Simone la policière chic et choc, donnez leur chance aux scénaristes qui, j'en suis sûr, ne demandent que ça. Expérimentez des courtes séries s'il le faut pour tâter le terrain sans prendre trop de risques, mais s'il vous plait, arrêtez de nous faire honte en repompant des concepts à droite à gauche sans créativité ou en pondant des séries dont les thèmes sont vus et revus, parce que pour l'instant il n'y a bien que les Allemands et leur Derrick qui sont aussi nuls que nous dans ce domaine (encore que, eux c'est différent, Derrick fait parti du patrimoine historique de l'Allemagne, il est protégé par l'UNESCO ils peuvent pas y toucher). Et quand je parle de nouvelles séries innovantes je ne parle pas forcément de SF ou de Fantastique, mais pourquoi pas une série historique sur la cour de Louis XIV. On est pourtant balaises pour en faire des téléfilms ou des films géniaux de ce thème (Le film "ridicule" par exemple) alors pourquoi pas une série à gros budget ? Surtout que les intrigues du palais ont de quoi faire pâlir d'envie n'importe quel vieux Dallas, et qu'en plus les décors sont tout trouvés.
Voilà, ouf, ça va mieux. Desolé pour toute cette vilaine violence, mais fallait que ça sorte d'un côté ou de l'autre (ça c'était pour finir en poésie).
21:05 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : séries, françaises, merde
dimanche, 13 avril 2008
[Tutorial] Comment faire un skyblog

Avoir un Skyblog c'est vachement important de nos jours, bien plus que d'avoir le bac ou du poil au zizi, c'est une sorte de signe de statut social. Mais voilà, le problème c'est qu'un Skyblog ça ne se fait pas comme ça, non non non petit impatient, il y a plein de règles tacites à respecter, un code a suivre, c'est hyper rigoureux. Heureusement, dans un élan d'amour très rare chez le sadique pervers geek mégalomane que je suis je t'ai pondu un dossier complet pour t'apprendre, a toi derrière ton écran (tiens, c'est con comme expression, si on se met derrière son écran on voit plus rien, déja qu'à côté ça donne pas forcément grand chose... ), comment réaliser un Skyblog qui "déchiquète un bus d'éléphants verts" (Traduction: Un skyblog qui déchire ! Grave ? Oui qui déchire grave !!) Si tu te sens la force d'utiliser ton doigt pour scroller ça se passe ci-dessous, allay en avant !! (et je te tutoye car tu es jeune, ca va de paire en général avec le Skyblog, au pire tu mens sur ton âge).
Zi Dossier : Comment faire un skyblog
"K1k00l0l"
Avant toute chose un skyblog ça se créé sur le site Skyblog, ca serait quand même balaud de rater son Skyblog dès le début en allant chez la concurrence, tes amis te rieraient au visage avant de te tabasser a coup de petits cailloux pointus dans les yeux et ta famille te vendrait à une usine en Chine pour faire les toutes petites coutures sur les baskets Nike (et en plus les Chinois ils t'obligeraient à le faire avec des moufles et à chaque erreur le tarif c'est un coup de baton) donc faut être bien prudent (et CielBlog ça marche pas hein même si le Français saytrobien). Pour être sur de partir sur de bonnes bases voici le lien direct vers la page de création, si tu te foires après ça faudra penser à t'exiler dans un coin paumé, très paumé (comme l'Auvergne ou le Gers par exemple). Maintenant que tu es équipé d'un beau compte Skyblog il va falloir attaquer le design (et quand je dis attaquer c'est un euphémisme, charcuter serait plus approprié)
- Le design du Skyblog :
Les mecs qui ont conçu les Skyblog étant très malins ils ont choisi de faire au plus simple avec quelques pauvres couleurs paramétrables et c'est tout (ou presque), ça serait quand même con de pouvoir faire ce qu'on veut on pourrait avoir un beau Skyblog tout personnalisé, ça serait une hérésie !! Non, une des régles principale du Skyblog est "Plus ton design est à chier partout plus c'est trop de la balle", et il y a intêret à s'y tenir sinon c'est aussi passage direct par la case usine dans la cave. "Mais alors comment on fait un design à chier ??" Ça c'est super facile, il faut penser douleur occulaire, plus les couleurs du blog font saigner les yeux de tes visiteurs mieux c'est. Un couple qui fonctionne bien c'est l'écriture rouge sur fond bleu comme sur feu le site refannuaire (fermé à l'heure actuelle), c'est illisible, on a l'impression que ça scintille, tu perds 2 points a chaque oeil si tu lis plus de 2s, c'est parfait. Des couleurs bien flashantes du style vert fluo avec écriture jaune fluo font toujours leur petit effet. N'hésite pas aussi a écrire avec des couleurs dégradées, la première lettre en violet fluo et la dernière en vert caca d'oie avec tout l'arc en ciel au milieu, ça montre bien qui est le maitre du net. En voici quelques petits exemples pour bien visualiser, mais il ne faut pas hésiter a être créatif, si ça fait bobo aux n'yeux c'est bon, n'hésite pas à tester ça sur tes frères et soeurs, ils arrêteront de t'embêter après ça.

"Oui mais si les couleurs font saigner des yeux personne va me lire ?" Ah ah ah, petit naif, un Skyblog ne se lit pas, tout d'abord parce que c'est impossible sans risquer sa santé physique et mentale et surtout parce qu'un Skyblog ça se vit !! Faut en chier quand on le visite, faut souffrir pour que ça reste une expérience plus inoubliable que sa première paire de chaussettes. Tu fais un Skyblog mon gars, pas le site de Pinpin le lapin, garde bien ça en mémoire.
Un autre élément important du design est l'avatar en haut à gauche, là il va falloir faire fort pour te distinguer de la masse des sous-Skybloggueurs, si tu veux faire partie de l'élite va falloir claquer une photo de toi avec une pause de fou qui ferait passer un personnage de manga (qui sont de sacrés poseurs) pour un mec avec de l'arthrose et un balais dans les fesses, lâche toi, plus c'est ridicule mieux c'est, et pas d'inquiétude le ridicule ne tue pas sinon je serais déja mort des milliers de fois. Quand on voit ta photo la première réaction doit être la peur, suivie de la répulsion et se terminer avec un coma (le cerveau préférant bloquer l'information pour sa survie).
- Comment écrire dans un Skyblog :
Une fois le design bien à chier réalisé et un bon gros avatar, il faut maintenant trouver un style d'écriture qui augmentera le mal de crâne du visiteur inconscient venu s'aventurer dans le monde sauvage et hostile des Skyblog. Là, plusieurs possiblités s'ouvrent à toi, qui peuvent même se cumuler si tu veux vraiment faire souffrir tes lecteurs :
La première possibilité, aussi dites de la "Mega perte de temps" consiste simplement à mettre des majuscules n'importe ou, là encore dans cette technique il y a divers sous catégories:
- Le psycho-rigide qui met une majuscule toutes les deux lettres sans jamais se tromper : SaLuT lEs AmIs CoMmEnT cA vA ?
- Le freestyler qui met des majuscules partout au pif, surtout là où il en faut pas : SaLUT Les AMIs comMEnT CA va ?
- Le rebelle qui a décidé que les conventions c'est du caca boudin et qui met donc toutes les majuscules en minuscule et vice versa (un peu comme quand on se foire en appuyant sur la touche MAJ) : sALUT LES AMIS COMMENT CA VA ,
- Le beugleur ou l'étourdi selon s'il a fait exprès ou pas de maintenir appuyé la touche MAJ : SALUT LES AMIS COMMENT CA VA ?
La technique du tout majuscule est intéressante dans le sens ou une convention du web est que lorsqu'on écrit en majuscule cela signifie que l'on crie, donc faut y aller. Beugle, c'est ton Skyblog après tout tu y fais ce que tu veux, même mettre les pieds sur la table et roter en mangeant !!

La seconde possibilité consiste a écrire en SMS (càd en ne respectant aucune règle de grammaire et d'orthographe) dans le but d'écrire plus vite et surtout protéger la nature, car le nombre de lettre écrite c'est d'autant plus de papier gâché (tout le monde sait qu'Internet c'est de grands rouleaux de papier visionnés à la webcam), le Skybloggueur étant un défenseur de toutes les grandes causes c'est important d'y penser. Bien sûr ceci n'est qu'une excuse pour justifier son analphabétisme mais ça marche alors pourquoi se priver. D'ailleurs il ne faut pas hésiter a changer tous les C en S, ça ne fait pas gagner de temps mais comme ça plus besoin de se poser la question des cédilles, des accords et compagnie, suffit de balancer au pif C ou S et hop ni vu ni connu j'embrouille tout le monde. Et puis de toute facon le visiteur ayant déja tellement mal aux yeux a cause des couleurs merdiques il ne remarquera rien.
Le combo qui te fera entrer direct au panthéon des oufs de Skyblog consiste a coupler les majuscules foireuses qui te font perdre du temps au style SMS qui t'en fait gagner, résultat tu as l'air deux fois plus con pour le même gain de temps qu'avec une écriture normale, c'est formidable. Pour les plus oufs un peu geeks sur les bords on peut aussi changer les consonnes avec des chiffres, ca s'appelle le l33t sp34k et j'en parlerai en long en large dans mon prochain billet (ou celui après le prochain... m'voyez ?).
L'importance du lol et du kikoolol : Ça il faut en mettre partout, ça montre que tu es à la fois niais et super heureux de la vie, le kikoolol faut s'en servir comme d'un bonjour et le lol ça remplace le point dans la ponctuation. Si tu n'as pas peur d'en apprendre trop d'un coup tu pourras en découvrir plus sur le monde du LOL dans un des billets suivants. N'écoute surtout pas ceux qui disent ÇA, c'est un mensonge :

- Ce qu'il faut mettre dans un Skyblog :
La réponse à cette question est simple : tout ce qui te passe par la tête ! "Oui mais dans ce cas je mets rien !!" Ah oui c'est vrai, dans ce cas voici plusieurs pistes que l'on peut bien sur cumuler et démultiplier a l'infini.
Parle de tes amis : Enfin parler c'est un bien grand mot, le principe c'est de balancer un maximum de photos avec des commentaires qui ne dépassent pas deux lignes sinon ça fait trop d'infos à ingurgiter d'un coup. Le truc c'est d'y aller à fond dans les superlatifs "té tro b1", "té le meilleur", "j'te kif le boule", il ne faut surtout pas hésiter à en rajouter et surtout à se répéter "cette meuf elle est trop bien c'est la meilleure de la terre tout entière je la kiffe grave trop c'est cool je suis trop heureux de la connaitre, ma joie et sans limite" (d'ailleurs à noter qu'on peut insulter facilement et discrétement les gens de cette facon en cachant discrétement un "mais c'est quand même une grosse connasse" au milieu de cet amas de compliments que personne ne lira, il se pourrait meme que la personne visée te remercie, dans ce cas prends un sourire niais et répond "de rien"). Il ne faut pas hésiter à faire référence à des soirées ou à des blagues que seul les amis en question peuvent comprendre, ça donne un petit côté privé mystérieux du meilleur effet qui feront dire aux visiteurs qui auront dépassé leurs douleurs occulaires pour lire les textes "wouah il a l'air d'avoir une vie passionnante". Il faut aussi parler de TA BEST ou TON BEST, c'est une facon cool de parler de son meilleur ou sa meilleure ami(e). Là pour l'occasion il faudra faire péter un super texte de paix dans le monde avec la photo, c'est pas n'importe quoi TON BEST. Insiste bien sur le fait qu'il/elle est vraiment super cool, faut que les autres soient jaloux de ta super amitié, même si TA BEST "c'est quand même une connasse" force toi. Après le/la BEST vient aussi le/la chérie, ici faut la jouer à la fois romantique en faisant claquer le rose et le poème et aussi protecteur en précisant bien "C'est ma/mon chérie alors si t'y touches tu pourras plus jamais avoir de gosses !!", un peu comme un écriteau pour interdire de donner à manger aux animaux dans un zoo.
Parle de toi : Parler est un bien grand mot là encore, il suffit de te contenter de plein de photos, si possible prises à la webcam ou avec une qualité pourrie de toi et ta tronche dans diverses positions, du genre "moi assis", "moi debout", "moi aux toilettes", "moi chez le gynéco", bref c'est sans limite. Pense à ajouter des "Comment vous me trouvez" et autres "Je suis un bogoss lol !" ça fait toujours son petit effet
Balance des images ou textes piqué chez les autres Skyblog : Tu trouves ce poème en couleur dégradées rouge/violet du meilleur effet sur un skyblog d'un concurrent (il faut penser compèt', tu fais pas n'importe quel blog !) ? Eh bien tu le piques ! Même chose pour toutes les images drôles (ou pas). Le must étant les images en code ASCII (en gros les images composées avec du texte) certains Skyblog en sont farcis jusqu'à ras la gueule, fais toi plaisir (et n'oublie pas d'appliquer la règle des couleurs à ces images pour en démultiplier le potentiel).

Donne ton avis qui doit être l'avis de tout le monde : La guerre personne n'aime ça alors il faut que tu le cries haut et fort pour montrer que toi aussi tu fais partie de la masse, n'hésite pas à dire que l'écologie c'est bien, que la paix c'est top et que toutes les maladies devraient être bannies, faut oser assumer ses choix. En fait le Skyblogger se doit de défendre de justes causes, enfin défendre... L'intêret d'aborder de tels sujet c'est que tu peux demander l'avis de tes lecteurs à travers des sondages pour voir à quel point ils pensent comme toi, ça aide à se sentir moins seul. En voici un exemple tout fait, n'hésite pas a le piquer tel quel, comme expliqué dans le paragraphe précédent.

Donne ton avis sur les artistes que tu aimes : Que ce soit K-Maro ou Mc Jean Gabin (haha, la loose), faut que tu montres à la terre que ton chanteur préféré c'est le/la meilleur(e) de la terre et que tous ceux qui pensent le contraire sont des cons. N'hésite surtout pas a insulter les gens qui ne sont pas d'accord avec toi et à les menacer, on est sur un Skyblog, TON Skyblog, c'est pas la démocratie !!
Il y aurait encore énormément de voies a explorer, comme par exemple les poèmes suicidaires si tu es plutôt du genre gothique ou bien la dernière émission de télé réalité que tu as vue, mais je vais pas te mâcher tout le boulot non plus, faignasse.
- Les commentaires :
Maintenant que tu as un Skyblog bien pourri et quelques visiteurs qui doivent être myopes il te faut du commentaire. Le commentaire c'est un peu la devise du Skyblog, plus tu en as plus tu es riche peu importe ce qu'il y a dedans. Donc il va falloir en permanence aller a la pêche aux COMZ, et pour ça tous les coups sont permis, voici quelques techniques éprouvées :
- Le mendiant : Il faut réclamer du commentaire, tout le temps et sans aucune raison, n'hésite pas a créér un billet juste pour y écrire LACHE TES COMS, il faut que le visiteur se sente obliger d'écrire un truc tellement tu es dans la misère. A noter l'importance du choix de l'expression "LACHE TES COMS", dans un Skyblog un commentaire ne s'écrit pas, il se lache, un peu comme quand tu vas aux toilettes, tu le lâches ça soulage.
- La menace : Un peu comme pour la mendicité mais en plus agressif, LACHE TES COMS SINON JE TE PETE LA TETE est un bon exemple de menace, un truc qui marche pas mal c'est le LACHE TON COM SINON JE PIRATE TON ORDI, pour peu que la personne qui visite ton Skyblog n'y connaisse rien en informatique (ce qui est sans doute le cas sinon pourquoi serait elle venue se perdre dans ce coin mal famé du net ?) elle va prendre peur et lâcher son com.

- La prise à parti : S'associe avec le sondage et les acteurs/chanteurs, en gros vous demandez l'avis de tout le monde sur n'importe quel sujet, bien sur vous vous fichez royalement de leur avis mais avoir un gros compteur de COMZ c'est la classe.
Et voila, tu as désormais toutes les clés en main pour faire ton propre Skyblog pourri. J'espère que ces conseils auront été bien utiles pour faire de la merde. Avant de partir et si tu ne veux pas que toi et ta famille soyez maudit sur 7 générations LACHE TES COMS !!11
Je tiens a préciser que tous les skyblogs ne sont pas comme ceux dont je me moque dans ce billet, certains sont très bien écrits, intéressants, drôles (comme le fameux Skyblog pour les victimes du racket) mais malheureusement ce n'est pas l'immense majorité. En plus c'est à cause d'eux que blogguer est parfois vu comme un truc de looser.
Toi, jeune, tu veux en decouvrir encore plus sur le monde merveilleux des skyblogs ? Alors rendez-vous au prochain article, pour apprendre à bien commenter !
23:34 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tuto, skyblog
vendredi, 11 avril 2008
[Hommage] Pierre
Pierre, tu ne le sais peut-être pas, à coup sûr tu dois même t’en foutre mais nous approchons du vingtième anniversaire de ta mort. Le jour de ton décès, le 18 avril, je m’en souviens très bien, j’avais un peu moins d’un an et j’ai repris deux fois de la bouillie de légumes Blédina. De ton côté, t’avais beau jeu d’avoir bouffé un tourteau pour faire un partout avec le crabe qui te broutait les bronches : dans les arrêts de jeux, le chancre crustacé t’a remis un but par surprise et tu t’es effondré sous les cris effarés de Thierry Gilardi, avec qui je te souhaite bien du bonheur s’il crie autant à la droite de Dieu qu’à la gauche de Jean-Michel Larqué — mais je compte sur Dieu pour lui mettre sa droite dans le nez, tant il est vrai que, comme tu le disais, le QI des commentateurs sportifs n’atteint que rarement leur température annale.
À cette heure-ci un membre de ma famille crève d’un cancer. Je viens d’apprendre que ses chances d’en sortir vivant étaient bien faibles mais depuis trois semaines je garde perpétuellement en tête toutes les magnifiques choses que tu as prononcées sur cette maladie, et je crois qu’elles m’aident à supporter la peur de le perdre.
Peu m’importe que la télévision, la radio et les journaux pensent un peu à toi pour les vingt ans de ta mort. Cela servira juste de prétexte pour permettre aux mécréants qui t’ignorent de découvrir autre chose de toi que ta bataille de boudins avec Daniel Prévost au Petit Rapporteur, si tant est que les grands médias aient les couilles de diffuser quelques uns de tes morceaux les plus savoureux.
Je dis ça car tu dois savoir qu’en ce moment, dans les médias comme partout en France, tout le monde se plaint qu’il n’y ait plus de vrais rebelles à la télévision. Et pourtant personne ne se bouge les fesses. Il faut dire que tu laisses un énorme trou que toutes les petites bites qui squattérisent nos écrans aujourd’hui ne pourront jamais combler.
Je sais, moi, qu’en cette période morose ton humour et ton intelligence plairaient à tout le monde. Mais on préfère estimer que personne ne les tolèrerait. Chacun de nous pense que les autres sont des pète-sec sans humour, parce que les médias nous ont convaincus qu’ils ne pouvaient pas tout dire s’ils ne voulaient choquer personne. Tu es dramatiquement absent des top 50 du Rire que nous propose régulièrement TF1 pour décider arbitrairement de qui est le comique des Français. Mais il est vrai qu’au fond tu n’étais pas tellement un comique. Et je dois reconnaître que moins TF1 parle de toi, mieux je me porte : lorsque j’ai lu que tu ne supportais pas la canonisation unanime de Coluche, je me suis tellement reconnu que je ne voudrais pas, aujourd’hui, te voir canonisé à ton tour avec toutes les assertions poncificales du genre le masque du clown pour masquer la blessure profonde. Tu avais d’ailleurs parfaitement ironisé sur cette manie lorsque tu avais introduit un spectacle par la question de savoir si tu devais pousser, je te cite, une longue plainte déchirante pudiquement cachée sous la morsure cinglante de ton humour ravageur.
Ton plus grand malheur est d’avoir, lors d’un fameux réquisitoire contre Jean-Marie Le Pen, qui est toujours vivant, pas comme toi, prononcé cette phrase : on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. Aujourd’hui elle est souvent citée comme un dicton populaire, et je sais que tu adorais tancer les dictons populaires, tu les as maintes fois parodiés. Cette phrase, généralement mal interprétée, devrait permettre de rire de tous les sujets, sauf dans des conditions exceptionnelles. Mais le plus souvent, elle sert à ne rire de rien dans toutes les conditions. De fait, il se trouve toujours quelqu’un pour ne pas rire de tout, il y a toujours des mécontents. Dès que tu veux rire de la Shoah, tout le monde te tombe dessus à bras raccourcis. Tu le sais bien, toi qui as subi, suite à quelques blagues sur les chambres à gaz, les foudres de cuistres nazifiants ne supportant pas que tu rappelles à notre mémoire leur cuisant échec.
A propos de nazis, je te tutoie parce que je te connais depuis plus de cinq ans maintenant. Ne t’inquiète pas, je n’en suis pas à t’appeler Pierrot en te tapant dans le dos — de toute façon tu n’es pas à côté de moi. Je me souviens qu’à l’époque où je t’ai découvert j’étais adolescent, tu sais cette période de la vie que tu as si bien su décrire à plusieurs reprises surtout lorsque tu as dit, un jour, que si l’humanité est un cafard, alors la jeunesse est son ver blanc — surtout que les jeunes sont bel et bien des larves, y a qu’à les voir en fac de lettres, ils consacrent toute leur énergie à rien foutre. À cet âge, 15 ans, j’aurais pu écrire un journal intime mais lorsque j’ai découvert tes écrits, j’ai compris que tu l’avais écrit pour moi.
Au-dessus de mon bureau, il y a une photo de toi dans un article de Marianne rappelant tes faits d’armes au Tribunal des Flagrants Délires. Tes yeux fusillent l’objectif et lorsque je lève les miens vers cette image, c’est pour savoir ce que tu penses de ce que je fais. Desproges aurait-il validé ce que je viens d’écrire ? C’est la seule question que je me pose lorsque ma seule certitude est d’être dans le doute — désolé de te paraphraser.
Je sais que tu honnissais le rock mais permets moi de reprendre à mon compte ces phrases chantées par Lou Reed dans la chanson My House, peut-être sa plus émouvante, en hommage à son pygmalion, Delmore Schwartz, qui lui aussi honnissait le rock d’ailleurs. A Delmore Schwartz, Lou Reed déclare :
Delmore, tout ton humour me manque ; toutes tes blagues, et toutes ces choses brillantes que tu disais me manquent.
Sorti du contexte, et traduit comme ça, ça n’est pas fabuleux mais je ne doute pas qu’un jour tu veuilles bien prêter l’oreille à ce morceau.
Pierre, laisse-moi donc te le dire, avec tout le respect que je te dois : tout ton humour me manque ; et toutes tes blagues et toutes les choses brillantes que tu disais me manquent également.
Pierre, tu sais, on ne va pas très loin avec une dizaine de bouquins de toi. On les lit, on les relit, on ne s’en lasse jamais mais on voudrait connaître ton avis sur les chômeurs, les pédophiles et les consanguins du Nord, sur Nadine Morano, sur la télé-réalité, sur le décret antitabac, toutes ces choses là.
Donc si tu pouvais m’envoyer de là-haut toutes les réflexions que tu te fais et que tu racontes à Dieu pour le faire marrer le soir en picolant du Bordeaux, ça m’arrangerait. Tu connais mon adresse, y a qu’à lire dans mes pensées, mais si tu veux m’envoyer ça maintenant tu peux, et si ça me tombe sur le coin de la gueule je pourrai annoncer fièrement : Pierre Desproges a frappé un grand coup.
J’attends. Et si tu ne m’envoies rien, alors cela signifiera qu’il y a bien, quoiqu’on en dise, quelque chose de pourri dans ce royaume.
01:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hommage, pierre, desproges
mardi, 08 avril 2008
Parasite Man
Depuis quelques années, une véritable plaie hante les rayons livres des Fnac de France et de Navarre. Non, pas ces clients se ramenant toujours avec des poussettes pleines de rescapés des méthodes contraceptives, ou ceux qui téléphonent en racontant tout fort leur vie minable. Nous parlons des squatters, qui choisissent une pile de livres et vont s'installer dans un coin pour les lire tranquillement et en toute impunité.
Tel un banc de moules accrochées à un poteau, ils sont là, glandant, parasitant, et se montrant d'une totale incorrection. Vous remarquerez que ce sont presque toujours des fans de mangas qui font ça. Plus rarement, on assiste au même spectacle aux rayons sport ou astrologie, sans oublier les amateurs de Harry Potter... Bref !
Alors, que cela ne soit qu'un aspect supplémentaire de la mauvaise éducation des Français dès que quelque chose est gratuit, passe encore. On est habitué. Regardez les comportements de certains dans les buffets à volonté, reprenant pour la huitième fois consécutive des crevettes, bien qu'ils soient totalement repus. Ils se remplissent pour le mois. Mais le pire vient de la Fnac elle-même, qui encourage ce genre d'attitude grossière. À la Fnac de la Rue de la République, on leur a installé des sortes de reposoirs en bois sur les murs pour faciliter leur confort de lecture et préserver leurs petits dos fragiles. On rêve ! L'allée des BD est presque infranchissable à cause de ça. Chercher un titre de manga dans cette assemblée de boulets relève de l'exploit. On les dérange même parfois. A quand les transats, les lampes à bronzer et des loufiats leur apportant de rafraîchissantes tournées de daiquiris gratuites ?
Bien sûr, le client a le droit de feuilleter le bouquin avant l'achat, d'ailleurs un exemplaire de démonstration est presque toujours disponible. Mais de là à s'installer et à lire tout le bouquin et ses suites, non. En plus, eux n'achètent jamais rien évidemment. Les plus mal élevées de ces ventouses humaines n'hésitent pas à s'asseoir dans un coin de l'escalator avec, à côté d'eux, une pile d'au moins 60cm de haut de manga. Leur journée sera bien remplie, pour une fois...
Ne vous étonnez pas ensuite, si vous achetez une BD ou un manga à la Fnac, d'y trouver des chapitres cornés voire abîmés, des traces de doigts ou de maquillage, quelques marque-pages capillaires bien graisseux, sans parler de feuilles collées par des postillons inconsidérés à cause d'un gag qui fit rire notre acarien de service, parce que l'humour, quand c'est drôle, ça le fait marrer... Amusant de voir la Fnac s'équiper à prix d'or de gros gorilles afin de coincer les éventuels chapardeurs à la sortie du magasin, alors qu'il y a du ménage à faire deux étages plus haut.
Mine de rien, ces miteux apprennent bien plus en restant affalés sur la rase moquette de la Fnac, à lire tranquillement le dernier Naruto, plutôt que de se choper de la corne au cul sur les bancs d'une école pourrie à écouter les explications d'un prof tout juste convaincu de ce qu'il enseigne. Ils découvrent les plaisirs de la paresse et de l'oisiveté bienheureuse, pendant que les autres s'usent la santé à travailler afin de faire tourner la machine jusqu'à ce que mort s'en suive, et c'est si reposant. Ils y prennent goût et cela leur donne à un moment ou à un autre l'idée du métier qu'ils voudront exercer plus tard. Un soir, après avoir enfin eu l'illumination, ils rentreront chez eux et diront à leurs parents, avec une forte motivation dans la voix : "Plus tard, je serai fonctionnaire !"
Vous êtes SDF ? Vous rêvez d'un endroit confortable et chauffé ? Oubliez votre grille de métro bruyante et nauséabonde, et courrez à la Fnac la plus proche ! C'est calme, il y a de la lecture gratuite, de la compagnie, et personne ne viendra vous demander vos papiers. Nocturne le jeudi et vendredi inclus...
21:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pas envie



