dimanche, 18 mai 2008

[Poursuites] Sur un chemin de campagne (Partie 1/2)

C'était un triste après-midi de juin...

En attachant ses cheveux, Caroline dit à Jonathan qu'elle aimerait beaucoup aller se promener avec lui, on pourrait aller dans les champs et manger du gâteau sous un arbre. L'idée sembla romantique et, soumise par la fille avec laquelle Jonathan formait un couple depuis un mois, n'apparaissait pas refusable.

On irait donc se tenir par la main dans un champ de blé en cette fin d'après-midi, en plus le temps était beau et on était en vacances...

Peu de temps après en avoir décidé ainsi, sous le vert feuillage parasolaire d'un arbre isolé à l'intersection de deux champs, Caroline et Jonathan en vinrent à manger le gâteau qu'elle avait consciencieusement mitonné. Malheureusement il n'était pas très bon, ce gâteau, pour tout dire il était même raté, mais Jonathan n'en voulut rien dire, pour rien au monde il ne voulait blesser cette fille qu'il aimait tant embrasser.

Sous prétexte qu'ils habitaient un petit village, Jonathan et Caroline passaient dans leur lycée pour les deux nazes de la campagne, les bouseux qui ne connaissent que les vaches. Ils s'habillaient sans goût, n'avaient pour eux aucune distinction physique qui pût être tournée à leur avantage, et avaient bien conscience que cela divertissait ce que l'on appelle leurs camarades qui, regards amusés, chuchotements au creux de l'oreille, prise de distance physique, ne tentaient même pas de dissimuler le mépris avec lequel ils les considéraient. C'était d'ailleurs, sans doute, ce qui les avait rapprochés, assez vite ils en étaient venus à passer tout le temps possible ensemble, pauses et cantine. Tôt le matin, ils se retrouvaient devant l'établissement puis s'y retrouvaient à nouveau après les cours, et si l'un finissait avant l'autre il l'attendait au pied de la statue, sur la place devant. Assez naturellement ils en vinrent à éprouver des sentiments l'un pour l'autre, après tout c'était tout ce qu'il y avait de plus naturel dans leur situation.

Du coup ils en étaient là, sans doute amoureux tous les deux, appréciant les vacances ensemble sous un arbre.

Elle posa sa tête sur ses cuisses et ferma les yeux pour profiter, autant que possible, de la brise qui courait au sol.

On resta dans cette position-là pendant une bonne demi-heure, on ne se dit pas grand-chose - pour quoi faire ? -, on admira le paysage depuis cet endroit qu'aucun d'eux ne connaissait auparavant, on profita de la fraîcheur du soir juilletiste, et on s'endormit sans s'en rendre compte...

Un hibou hululant au dessus de leurs têtes, posé sur sa branche comme un culbuto, réveilla Jonathan et Caroline vers vingt-deux heures. Immédiatement la panique les gagna : à l'évidence ils avaient chacun loupé leur repas respectif et ils n'avaient plus qu'à s'empresser de rentrer chez eux pour assourdir la violence avec laquelle ils seraient accueillis par les darons... mais qu'est-ce que t'as foutu où t'étais, on s'est inquiété tu pourrais prévenir bon sang. Peut-être même qu'on leur interdirait définitivement de sortir à nouveau, pensèrent-ils ensemble, à coup sûr leur amour serait brisé par cette malheureuse incartade au règlement familial, alors qu'ils pensaient vivre leurs vacances ensemble ils les subiraient séparément, chacun chez soi avec pour seul compagnon les remords de cette trop longue sieste, et même peut-être, pourquoi pas après tout, les parents les renieraient et les jetteraient dehors pour en finir avec cette indigne progéniture.

Il était donc urgent de se mettre en route et de se dépêcher, malgré la nuit qui s'était presque complètement installée.

On eut du mal à retrouver le chemin mais à un moment il sembla qu'on était sur la bonne voie...

Main dans la main, Caroline et Jonathan la parcoururent longuement, cette voie - si longtemps qu'arriva un moment où ils se dirent qu'ils s'étaient possiblement trompés, ou en tout cas l'hypothèse devait être envisagée avec sérieux. Lors de cette prise de conscience la nuit s'était déjà faite complètement noire, et même revenir sur leurs pas ne leur apparût pas tout à fait évident.

Que fait un couple de lycéens perdu dans la campagne la nuit ? Il se serre et se soutient et ne sait pas quelle décision prendre. De tous côtés, aucune lumière qui eût pu signifier une forme de vie humaine ne se faisait voir, pas même un phare de voiture ci ou là. Bon, eh bien continuons sur ce chemin, proposa Caroline, ça doit bien mener quelque part de toute façon. Jonathan passa son bras autour de sa taille et ils se remirent à marcher.

A défaut d'avoir une nette vision de ce que serait l'avenir pour les vingt-quatre heures suivantes, ils purent discuter du passé, j'aimais voir les mains de mon grand-père manœuvrer le volant de sa vieille voiture, je n'ai jamais rencontré une fille comme toi, tous les mecs que j'ai connus étaient des cons, mon existence d'avant n'avait pas de sens, je me croyais trop laide pour séduire, enfant j'adorais Superman, gamine je ne ratais jamais le Club Dorothée...

Aussi longtemps qu'ils marchèrent ils conversèrent, puis vint un moment où tous deux se sentirent harassés.

Et l'on prit la décision de s'allonger pour dormir un peu, si ça se trouve le jour ne tardera pas à se lever et on s'y retrouvera plus facilement. Autant dormir plutôt que de perdre son temps à chercher une illusoire issue...

Jonathan et Caroline s'allongèrent sur les cailloux ronds qui recouvraient le chemin et, attachés l'un à l'autre comme à une bouée de sauvetage, s'endormirent....

mercredi, 14 mai 2008

GTA IV et les médias, 1

Désolé de pas être très actif en ce moment, mais j'ai beaucoup de boulot... retour très prochainement, promis, donc en attendant, encore un article sur le phénomène GTA IV. Enjouaillez !


La sortie de GTA IV mardi 29 avril aura été l’occasion de montrer que les médias français ont finalement peu évolué concernant les questions vidéoludiques. S’ils se laissent très facilement aller à l’ébahissement face à la vague des jeux s’adressant directement aux gentils adultes (WiiFit par exemple), ils ont toujours du mal à parler des jeux s’adressant aux faibles ados.

Encore une fois, on constatera que la circulation circulaire de l’information (il faut que je précise que ce terme est de Pierre Bourdieu) a fait son œuvre. Quelques termes n’ont pas pu être évités à chaque fois qu’il s’agissait d’évoquer le jeu : violent (voire ultraviolent), amoral (ou immoral, de toute façon c’est pareil pour la plupart des journalistes ayant abordé la question), (potentiellement) addictif, et surtout produit culturel (ou sous-culturel) le plus vendu du monde. Tous ces mots ne tombaient pas du ciel et ne relevaient sans doute pas, pour ceux qui les prononçaient, d’un jugement établi après une trentaine d’heures passées sur GTA IV. En réalité, ces termes avaient tous la même source : la Une du Libération du samedi 26 mars.

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Impossible de savoir si les journalistes généralistes ayant parlé de ce jeu par la suite ont pensé à ouvrir le journal. Dans son article, Libé traçait un portrait assez élogieux de GTA IV — chose que des joueurs n’ont pas compris en le plaçant dans le même sac que les autres, alors que Libé, avec une chronique quasi-quotidienne d’Olivier Séguret et un blog consacré aux loisirs vidéoludiques, est le seul quotidien de France à prendre le jeu vidéo pour ce qu’il est : un domaine culturel qui doit être considéré comme n’importe quel autre.

Tout le monde a donc repris les termes employés par Libération ; mais ces termes ne signifiaient pas la même chose dans la bouche de tout le monde. Lorsque Nadine Morano parle d’un «produit violent, immoral et potentiellement addictif qui consiste à se glisser dans la peau d'un personnage qui vend de la drogue, commet des assassinats, des vols de voitures ou des braquages de banque », ce n’est évidemment pas pour en fait l’éloge mais plutôt pour « exprimer ses inquiétudes ». Tant qu’on y est avec Nadine Morano, finissons-en une bonne fois pour toute avec ce qu’on appelle son franc-parler. La Morano ne pratique pas le franc-parler : elle pratique la langue de bois mais elle la beugle, ce qui lui donne l’air de parler franc.

Pour un joueur et pour Libération, le terme addictif est séduisant : il signifie que le jeu est tellement bon qu’il va nous amuser de longues heures. Mais pour les médias généralistes, un jeu addictif est un danger. Ainsi le 20 heures de France 2, dans le reportage qu’il a consacré à la sortie du jeu, a-t-il exécuté un somptueux glissement de sujet pour finir hors-sujet. Ca commençait pas mal : comme chez les autres, on nous rappelait que le jeu serait le produit culturel le plus vendu du monde (ce qui reste à prouver, et ce que personne n’a pu vérifier). On expliquait ensuite qu’il s’agissait peu ou prou de braquer des bagnoles et de tuer des gens, c’est-à-dire le résumé généralement fourni par les gens qui n’ont jamais touché à ce jeu et même, parfois, par ceux qui y jouent tant il serait difficile d’expliquer en détail ce qu’est l’essence de GTA. La journaliste en venait alors au mot addictif et le liait immédiatement à la nouveauté centrale : le multijoueur en ligne. Profitant de ces deux termes, addictif et jeu en ligne, le reportage basculait alors vers l’éternel problème des cyber-addicts, avec pour illustrer la question la reprise d’un sujet diffusé l’année dernière, qui montrait bien sûr un jeune dépendant et un psychiatre bienveillant. Comme le fait remarquer Dan Israel dans un article consacré au traitement médiatique de GTA IV sur le site d’Arrêt sur Images, le jeune dépendant de ce reportage était bien accro, mais aux jeux de rôles massivement multijoueurs (genre World of Warcraft). Genre auquel GTA IV n’appartient absolument pas.

France 2 se démarquait donc par ce hors-sujet total, tandis que les autres se concentraient uniquement sur la violence et l’impact du jeu. Je ne reviendrai pas sur le cas du Grand Journal car la lettre ouverte à Michel Denisot écrite par moi-même parle d’elle-même. Je passerai rapidement sur le reportage de LCI, accusé par JeuxActu.com d’avoir tronqué les propos de Maxime Chao, rédac chef du site, que les journalistes étaient venus interroger sur le sujet, et je vous renvoie à l’article du site : http://www.jeuxactu.com/article-29553-ja(..). Je note tout de même que le présentateur du journal d’LCI est parvenu à dire que le jeu consistait, pour partie, à violer des gens. Un énorme bobard qui a sans doute rassuré les parents inquiets, heureusement corrigé par la chaîne.

Je m’attarderai plutôt sur les 20 minutes de débat que Colombe Schneck et Patrick Cohen ont consacrées à GTA IV dans l’émission J’ai mes sources, sur France Inter, le 29 avril, jour de la sortie du jeu. Première chose à noter : Colombe Schneck avait fait l’effort de n’inviter que des journalistes touchant à l’univers vidéoludique, c’est-à-dire Erwan Cario, le monsieur jeu vidéo de Libé.fr, Clément Apap, le fondateur de Gamekult, et Erwan Higuinen, journaliste des Inrocks. Autant le dire tout de suite : ce fut une bonne émission, constructive et intelligente. Mais très drôle par ailleurs. Si les journalistes d’Inter avaient fait l’effort d’inviter des gens à même de parler correctement de ce jeu, leurs questions révélaient une grande méconnaissance du sujet, à l’évidence due à ce qui nous est rabâché depuis toujours concernant les jeux vidéo et leur dangerosité.

Au départ, Colombe Schneck reprend le matériel offert par la une de Libé : ultraviolent, immoral, subversif, addictif, ce jeu devrait être l’un des produits culturels plus vendus au monde (notez que Schneck met un bémol sur l’idée de produit culturel le plus vendu du monde avec un conditionnel, on sent bien qu’elle trouve ça trop gros). Puis elle tente de résumer le jeu, comme ceci : « c’est l’histoire d’un jeune homme immigré de l’est qui doit survivre dans une ville ressemblant à New York et il vole une voiture ». Là évidemment, les autres se marrent et s’empressent de lui dire que ça n’est pas que ça et qu’il y a une histoire et qu’il ne s’agit pas d’une apologie de la violence parce que le héros doute de ses actions. Ils expliquent que le jeu n’est pas immoral mais amoral, en ce sens qu’il a la morale que lui donne le joueur (ce qui me semble vrai).

Par la suite Cohen et Schneck font un réel effort pour découvrir le fondement du jeu et même s’ils ne peuvent pas s’empêcher d’orienter leurs questions vers la violence, ils acceptent volontiers l’idée que GTA n’est pas un jeu où cette violence est obligatoire.

Ce qui est génial ensuite, c’est que Cohen et Schneck semblent complètement fascinés par le fait que leurs interlocuteurs puissent s’amuser avec de la violence : alors le fait d’avoir une mitraillette et de pouvoir tuer plein de gens, qu’est-ce que ça procure comme sensations ? demande Colombe Schneck d’une voix qui appréhende la réponse. Les journalistes lui répondent que c’est un défouloir et il y en a un qui dit qu’il n’y a qu’à aller dans une salle de jeu en réseau pour voir que les joueurs de jeu vidéo sont doux comme des agneaux et que même, d’une certaine manière, ils ne sont presque pas assez rebelles, ce avec quoi je suis d’accord : les joueurs sont des pères-la-pudeur, j'y reviendrai.

Tout va bien pour le moment mais c’est alors que Colombe Schneck pose la plus belle question de l’émission : après avoir passé une trentaine d’heures sur le jeu, après y avoir joué toute la nuit on se sent dans quel état ? On voit ici que Schneck considère, qu’elle le veuille ou non, le fait de jouer à un jeu vidéo comme une activité comparable à l’absorption de psychotropes : alors qu’est-ce que ça fait, vous planez ? C’est un peu le sens de sa question. Les invités lui assurent en rigolant qu’ils vont bien mais elle ne peut pas accepter que cette pratique étrange (jouer au lieu de dormir, quelle idée) soit sans conséquence, donc elle les coupe : non mais en vrai, en vrai. Ce qui les amène à réaffirmer qu’il n’y a aucun problème et l’un d’entre eux à expliquer que ce qu’il préfère dans GTA, c’est se balader.

Au pire, explique le journaliste vidéoludique, le jeu nous oblige à prendre une voiture parce qu’on n’a pas d’argent pour en acheter une. A ce moment la conscience paternelle de Patrick Cohen se réveille et il précise : et en expulser son propriétaire quand même ! Ceci histoire de rappeler que le car-jacking tout de même, rien que ça, ça n’est pas très moral.

La conversation se poursuit sans problème jusqu’à la conclusion, où Colombe Schneck se trompe sur le prix (quand même 30 € annonce-t-elle, ce qui l’amène à subir un choc supplémentaire quand les journalistes rectifient et annoncent 70) et bafouille le nom du jeu (Grand GTA 4), avant de pirouetter en expliquant qu’elle est complètement bouleversée. Le simple fait d’avoir parlé d’un jeu amoral et violent a suffi à la retourner complètement.

Ces quelques exemples montrent qu’aux yeux des médias les jeux vidéo sont toujours :

1° un loisir pour gosses (qu’il convient donc de protéger) ; 2° à peine un espace de créativité, et encore moins de créativité artistique.

C'est pourquoi il y a quelque chose de pourri dans ce royaume, et je le complèterai dans la partie 2.

jeudi, 08 mai 2008

Libertéééé !

Liberté ! d'expression ! Liberté ! d'expression !

C'est con de gâcher sa liberté d'expression en la réclamant.

C'est con de revendiquer la liberté d'expression quand on a rien à exprimer.

C'est comme marcher pour qu'on vous donne des jambes.

Ça fausse le jeu.

Tenez, par exemple, que fais-je actuellement ? En vertu de la liberté d'expression qui m'est offerte via cette page, je débite des conneries au lieu de décoller des bites.

N'est-ce point là la preuve la plus flagrante de mon total manque de morale ?

Ce que je fais là, c'est utiliser la liberté d'expression pour vous dire que la liberté d'expression c'est de la merde. A-t-on déjà vu plus outrecuidant comportement chez un jeune de ma taille et de ma corpulence ? Et même d'une autre taille et corpulence : les obèses comme les affamés peuvent aussi être outrecuidants.

Ah, elle est belle, la liberté d'expression. Tellement belle que tout le monde se l'arrache, tout le monde s'en réclame, tout le monde la revendique.

La liberté d'expression me casse les couilles, alors qu'elle ferait mieux de me masser les mouilles.

Ca n'a pas de sens, hein, ce que je viens de dire ?

Et alors ?! Li-ber-té ! d'ex-pres-sion !

Savez-vous seulement ce qu'est la liberté d'expression, bande de bites ?

La liberté d'expression, c'est ce qui vous permet de vous plaindre de ne pas la posséder.

Elle est à la fois outil et objet de la plainte.

C'est comme le concept de respect de la personne humaine.

« Par respect pour la personne humaine, veuillez ferme la porte SVP ». Voilà ce que je peux lire sur la porte du local à poubelles d'un immeuble à deux pas de chez moi.

Ben ouais, c'est parce que voyez-vous, il suffit d'un rien pour lui manquer de respect, à la personne humaine.

Mais qui est la personne humaine, d'ailleurs au juste du reste ?

C'est tout le monde sauf vous.

La personne humaine, c'est cette personne que vous ne connaissez pas et que vous n'avez jamais vue mais à laquelle vous devez penser pour ne pas la vexer ou atteindre sa foutue liberté.

Personnellement quand je lis ce genre de panneau je n'ai qu'une envie : faire chier la personne humaine.

Après tout, l'homme est destiné à être emmerdé ; ce n'est qu'à partir du moment où il est contrarié qu'il devient drôle.

Regardez-moi : je suis comique à pousser des gueulantes dans le vent, non ?

Dès lors que l'homme se pose en opposition face à une chose où une idée et qu'il exprime cette opposition de manière forte, il est drôle, bien plus que de coutume.

Avouez que ça donne envie d'être chiant, quand même.

Par exemple, ce qui me fait le plus rire, ce sont les blogs qui revendiquent en caractère gras leur envie de liberté d'expression, comme si on était sous une dictature, en oubliant qu'ils sont en train de l'utiliser.

Notez que bien souvent ces blogs utilisent cette introduction pour mieux faire digérer leurs idées débiles et inutiles.

Pourquoi gueuler pour qu'on vous en donne le droit ?

Vous avez le droit de parler, alors fermez-la.

jeudi, 01 mai 2008

LA menace du XXI ème Siècle : les Gens !

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Et hop,voici un billet tiré d'une idée de Jenrathy - que son nom soit gravé dans la roche pour l'éternité - qui a décidé que je vous parlerai d'un terrible sujet : LES GENS !!

Amisanthropes (wow ça commence fort, déjà un jeu de mots tout pourri... ) bonjoir (au moins, que vous lisiez ce billet le matin, l'après-midi ou le soir, ça passe) !

Nous, associables, on aime bien squatter devant notre pc. On est tranquille, on joue, on discute, on achète des trucs, on partage, on découvre de nouvelles choses...

Mais voilà, des fois, il faut qu'on lève notre petit popotin pour faire des choses dans la vraie vie. Et forcément, si on sort de chez soi/sa chambre, on tombe forcément sur des Gens. Oui, "des Gens" !!!

*court dans tous les sens en agitant les bras en l'air*

Parmi la flopée d'actions qui requièrent de sortir et où l'on est susceptible de rencontrer un/plusieurs Gens : faire les courses, aller en cours, aller travailler, aller chez un(e) ami(e), sortir, aller faire le plein (voiture/frigo peu importe), aller au kébab/resto/pizzeria/garage/banque/mairie/gendarmerie/autre part, j'en passe et des meilleures...

Le misanthrope est pourtant rusé, il profite amplement du e-commerce pour se faire livrer les biens de premières nécessité (jeux vidéos, dvd, livres, pizza...) mais voilà, on ne peut pas tout acheter sur Internet. Le misanthrope est alors obligé de sortir de son domicile/antre/grotte/chambre et doit se confronter à l'un de ses plus grands ennemis (avec l'orage, la panne d'Internet et le FBI) : Les Gens.

Les Gens. Un mot bien vague qui représente pourtant la majeure partir de la population of the world ! (tout le monde sauf toi en fait.). Afin de vous préparer lors de ces sorties dans la vraie vie, sous ces dangereux rayons de soleil, nous allons voir ensemble sommairement les différentes formes de gens sur lesquelles vous pourriez tomber lors de vos pérégrinations IRL, et comment y faire face :


¤ Les Vieux (autres appellations : le 3ème âge, papy/mamie, l'ancêtre, etc... ). Le vieux ne travaille plus, il peut donc faire chier le monde à plein temps.

Leurs activités préférées : prendre les places assises dans les transports en commun, passer devant vous à la queue du supermarché quand vous êtes pressé (ils font exprès d'oublier le code de leur carte bancaire en plus, attention), être devant vous au guichet de la banque avec ses anciens francs, vous insulter copieusement tout en vous disant que c'était mieux avant (aussi appelé : Le Bon Vieux Temps).

Comment les éviter/s'en débarrasser : Les vieux ont plusieurs points faibles, on pourrait les classer dans la même catégorie que les zombies (sauf qu'au lieu d'essayer de vous manger le cerveau, ils regardent Derrick) : ils sont lents, ont une vue/ouïe défaillante et sont physiquement peu résistants (attention cependant à ne pas les confondre avec des zombies, vous pourriez avoir des problèmes lorsque vous raconterez votre histoire aux petits hommes en bleus au poste de police).

Utilisez les techniques classiques "j'accélère pour semer mamie et son déambulateur", "Je monte le son de mon Itruc© pour éviter d'entendre papy raconter la guerre des tranchées une énième fois" ou bien "Je brusque un peu le vieux pour lui faire comprendre que je suis pressé" (attention ! Le vieux est fragile, son coeur peut lâcher facilement).

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¤ Le Jeune con, (aussi appelé Pyjama, djeunz, petit con, petit branleur, sale gosse, racaille, sale jeune, petit puceau etc... ). Le jeune est un rebelle. Il n'apprécie pas l'autorité, que ce soit celle de ses parents, profs, des contrôleurs du bus ou bien de la police.

Leurs activités préférées : Occuper les places assises des transports en commun (les salauds ! ils sont de mèche avec les vieux !! ), avec en bonus foutre la merde et écouter sa musique bien fort (voire sur son téléphone portable pour en faire profiter toute la rame de métro / le bus). Il peut aussi vous demander une clope, voire des feuilles ou du feu.

Comment éviter ou se débarrasser d'un jeune con : Le jeune, bien que rebelle sur les bords, reste un petit con qui ne connait rien à la vie. De ce fait, utilisez votre savoir pour l'humilier ou lui faire peur. Par exemple si un petit con vous demande une cigarette, répondez lui "C'est parce que tu fumes que t'as pas de poils à ta petite bite". S'il ne s'enfuit pas en courant, ajoutez un "Petit Con" pour ponctuer votre phrase. Si le jeune n'a toujours pas l'air convaincu, finissez-le avec un "C'est ce qu'ils ont dit à TF1 (ou M6)" (source d'information universelle pour le jeune, avec skyrock et Myspace) et là il fera dans son pantalon, ce petit con.

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¤ Les casse-couilles (brise-ovaire pour les filles) : cette catégorie de Gens est faites pour te faire chier. Il n'y a pas d'autres mots pour le dire, leur objectif est de te pourrir la vie, sucer la moelle de ton temps libre ou pire, de ton porte monnaie.

Dans le groupe des casses-couilles (qui est assez large), on retrouve : Le mendiant, le mec des sondages useless, les éboueurs, les témoins de Jéhovah, La Poste, la caissière dyslexique, la DDE (doués pour faire des travaux au petit matin quand tout le monde part au taff), le connard de la Banque (fonctionne aussi avec le connard des impôts, de la douane, de l'aéroport... Oui y a beaucoup de connards ^^ ), le professeur qui t'aime pas (oui, TOI en particulier. Tu sais pas pourquoi, mais il te hait), les hippies, et encore pas mal d'autres... vous en trouvez à chaque coin de rue de toute façon.

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Le casse-couille est futé, il s'adapte en fonction de ton moyen de transport dans le monde IRL.

Ainsi, si tu conduis une voiture, tu vas te retrouver très probablement avec une voiture de l'auto école devant toi qui fait du 40 en ville et qui hésite à chaque intersection, un camion poubelle (si t'es vraiment chanceux tu l'auras juste à la sortie de ta rue pour qu'il te fasse bien chier un bon moment), des travaux, un accident bien stupide (genre on me rentre dedans et je sors de ma voiture sur la voie de gauche du périph' histoire de bien faire chier le monde), sans oublier le classique mais toujours plaisant embouteillage, rempli de beauf en 4x4, de monospace avec famille nombreuse et du gloglo de base qui cale sans arrêt car il est trop noob pour utiliser son embrayage correctement.

Si vous utilisez les transports en commun, le risque d'aggro est beaucoup plus important. Sans compter les vieux et les jeunes qui prennent toutes les places assises, vous avez aussi des puants (manque d'hygiène important), des clochards, la jeune maman avec sa poussette qui te roule sur les pieds et qui te demande de l'aide pour sortir du bus/metro, la daronne qui fait ses courses et qui se trimballe avec 12 sacs plastiques prêt à éclater, et si vous êtes de sexe féminin, le risque d'aggro est multiplié par 10 auprès des jeunes, pas de bol ("hé miss, t'a un zéro-six ?").
Leurs activités préférées : TE FAIRE CHIER ! Te faire perdre ton temps, ta patience, ton argent, le peu d'équilibre mental qu'il te reste, bref te casser les couilles (d'où le nom).

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Comment les éviter/s'en débarrasser : Si vous voyez un casse-couille s'approcher de vous, sortez vite votre portable et faites style d'être dans une grosse engueulade au phone, genre "Mais putain tu pouvais pas faire attention !! Je te prête la voiture une journée et tu la fous déjà en l'air ! Mais putain c'est pas croyable" en gueulant bien fort et en faisant des flexions des sourcils. Le casse-couille sera intimidé et n'osera pas s'approcher. Si il s'approche tout de même, interrompez la conversation abruptement et sortez un gros "QUOI ?!!?!" dans sa face avec les sourcils descendus jusque sur le nez. Il y a très peu de chance qu'il résiste à cet assaut, mais bon, si le casse-couille ne lâche pas prise, utilisez le très efficace "J'ai pas le temps" d'un ton net et cassant.

Je pense que rien que ces trois catégories regroupent la majeure partie des gens (les animaux et robots ne sont pas compris par contre).


J'ai omis volontairement la Famille, car cela dépend des personnes. Certains sont totalement asociaux et n'ont pas de contact avec leur famille, tandis que d'autres ont un minimum d'intéractions ("on mange", "c'est l'heure", "range ta chambre"... ).

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Pour terminer, voici quelques images récapitulatives pour ne pas se tromper ! A retenir absolument !!

Conclusion n°1

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Conclusion n°2

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Conclusion n°3

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Conclusion n°4

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Conclusion n°5

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mardi, 29 avril 2008

Faut-il avoir peur des jeux vidéo ?

Suite au truc écrit à destination de Michel Denisot, j'ai eu envie de ressortir un article que j'avais écrit en décembre 2006, suite à un débat de feu l'émission "L'Arène de France", présentée par Stéphane Bern, qui se basait sur la question suivante : Faut-il avoir peur des jeux vidéo ?

Essayez donc de vous remettre dans le contexte de l'époque, j'ai laissé ledît texte tel quel (il y aura donc sûrement des évènements qui, depuis, auront bougé, mais ça reste encore - malheureusement - bien d'actualité).

P.S.: Attention, article en haute teneur de guillemets ! ^^


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Faut il avoir peur des jeux vidéo ?

C'est la question qui est posée dans l'émission de Stéphane Bern "l'Arène de France" à laquelle le Grand Marcus (de GameOne) a participé il y a deux semaines et qui sera diffusée ce soir, Mercredi 27 Décembre à 22h40, sur France 2 (mais que j'ai eu le privilège de voir en avant-première, parce que piston, tout ça.. ).

La réponse est oui bien sûr ! **ironie inside**

Et ils étaient pas trop de deux avec Tom Novembre pour mettre en garde la ménagère de moins de cinquante ans et lui conseiller vivement de fermer ses volets, de couper l'électricité et de noyer ses gosses, qui de toute façon n'auraient pas échappé à ce terrible fléau !

Non, sans rire, pour une fois, le débat était plutôt sympa et constructif, et les représentants des "forces obscures" anti jeu vidéo plutôt mesurés et ouverts.
Allez tiens, je vais vous raconter un peu...

Et je vais en profiter au passage pour développer ici les arguments habituels que tous les amateurs de jeux vidéo ont en tête lorsqu'ils assistent atterrés à un débat télévisé sur le sujet.
Parce que je me suis rendu compte que, mine de rien, nous autres journalistes spécialisés (on peut aussi appeler ça "les gars payés pour jouer ") et gamers étions habitués à prêcher des convaincus, mais qu'on prenait finalement rarement la peine de réfuter devant le "grand public" les fausses idées véhiculées par les médias traditionnels, et notamment la télévision, à propos du jeu vidéo.
La seule occasion qui se présente est finalement d'aller "défendre la cause" dans des émissions de débats télévisés, même si ces émissions, qui ne se déroulent que très rarement en direct, sont ensuite souvent montées de manière partiale pour laisser plus de place aux adversaires du jeu vidéo... Pas forcément par méchanceté ou ignorance d'ailleurs, mais simplement parce que, de la même manière que les trains qui arrivent en gare n'intéressent personne, un seul joueur qui va mal est plus "télégénique" que les millions de joueurs qui vont bien.
Alors Marcus a décidé de s'y coller, et je vais essayer dans ce billet de rassurer un peu ceux que le jeu vidéo inquiète...

SI VOUS AVEZ PEUR DU JEU VIDEO, CE QUI SUIT EST POUR VOUS !

Revenons donc à l'arène de France....
Dans le camp des "pour", outre Tom Novembre (grand amateur de jeux devant l'éternel malgré sa mauvaise foi légendaire envers les manettes et l'impossibilité de parer dans Soul Calibur) et Marcus, on trouvait Sandrine Camus la créatrice de l'excellent site gamongirls.com (http://www.gamongirls.com/) que je vous recommande chaudement les filles, Shy'm, la jolie chanteuse de RnB (si si, ça existe) passionnée de jeu vidéo autant que de musique, Nicolas Gaume, l'ex patron du mythique studio de création Kalisto, et Michael Stora, psychologue clinicien toujours partant pour défendre les jeux vidéo et qui les utilise même dans le cadre de thérapies pour aider des adolescents.

En face, dans le camp des "contre", j'ai eu la surprise de retrouver pour la troisième fois sur un plateau de télévision Yves de Vaucresson, qui a sorti son fils du terrible enfer du jeu vidéo en réseau en l'envoyant faire un stage équestre à la campagne (au risque de le rendre accro aux jeux d'Alexandra Ledermann !). ;-)
Comme quoi, quand on cherche à faire témoigner des accros de jeux vidéo sur un plateau de télévision, on en trouve tellement peu qu'on retombe trois fois sur le même témoignage !
Il y avait aussi Sophie, une autre "droguée" du jeu en réseau qui, il y a quelques années, passait trop de temps sur World of Warcraft, mais qui s'en est sortie en rencontrant dans le jeu des joueurs qui sont devenus ses amis dans la vraie vie, et même plus si affinités (elle a aussi rencontré son petit copain dans WOW !)... Du coup, difficile de la compter vraiment dans le camp des "contre".
Même le représentant de "Familles de France", monsieur Bonnet, plutôt ouvert et mesuré, n'était pas contre les jeux destinés aux adultes, mais réclamait simplement une signalétique claire sur les boites de jeux pour éviter que des jeux déconseillés aux moins de 18 ans ne tombent entre les mains de jeunes enfants...

La signalétique existante, avec ses indications des différentes tranches d'âges auxquelles se destine chaque jeu, me paraît pourtant suffisamment claire, mais la journaliste de l'émission a confié que certains membres de familles de France pensaient que l'inscription "18+" sur une boite de jeu correspondait à la note obtenue par le jeu... Faudra juste que quelqu'un prenne le temps de leur expliquer.

POUR LES PARENTS INQUIETS...

Il y avait aussi dans le camp des "contre" Julie Rénaud, animatrice télé et jeune maman, qui s'inquiétait de voir un de ses deux jeunes fils de dix ans ne s'intéresser qu'aux jeux vidéo et craignait de le voir jouer à des jeux pour adultes.

Je suis toujours surpris de voir des parents s'inquiéter du fait que leurs enfants passent "trop de temps" (notion toute relative par rapport au temps passé devant la télé comme on le verra tout à l'heure) à jouer à des jeux vidéo, et se lamenter de leur apparente impuissance devant ce phénomène.
Il est important d'imposer aux enfants un temps de jeu raisonnable et de faire attention à ce que des jeux qui ne leur sont pas destinés (pour adultes) ne leur tombent pas entre les mains, et tout est fait pour aider les parents à assumer cette responsabilité...
Pour commencer, le prix des jeux (60 Euros en moyenne) et des consoles (de 150 à 600 Euros), font qu'un enfant n'a pas les moyens d'acheter sans le consentement d'un adulte.
La signalétique sur les boites de jeux permet de voir immédiatement les tranches d'âges auxquelles ils sont déconseillés, et certaines chaînes de magasins, comme Micromania que je connais bien (pour y avoir bossé), mettent en place des mesures qui permettent d'empêcher un enfant de 10 ans d'acheter un jeu déconseillé aux moins de 18 ans...
Lorsqu'un jeu déconseillé aux moins de 16 ou 18 ans passe en caisse, un programme informatique bloque la vente et affiche un message avertissant le vendeur, qui doit vérifier l'âge de l'acheteur avant de poursuivre la vente.

Par ailleurs toutes les consoles nouvelle génération (Wii, Xbox 360 et PS3) ont un système de code parental intégré qui empêche la console de lire les jeux déconseillés aux moins de 18, 16 ou 13 ans si les parents le souhaitent.
La Wii enregistre même dans un journal de bord intégré le temps passé sur chaque jeu, et le temps total passé sur la console chaque jour !
Le reste est donc juste une question d'autorité parentale et ne relève plus des jeux vidéo eux même...
Je conseille en tout cas vraiment aux parents de s'intéresser aux jeux de leurs enfants, et de les partager avec eux... Vous verrez, c'est pas si terrible que ça ! Une petite partie de bowling en famille sur la Wii c'est imparable !
Sur le plateau de l'arène de France, Tom Novembre expliquait d'ailleurs qu'il partageait avec plaisir l'univers de son fils (notamment en explorant avec lui le monde de Zelda) et que ça lui permettait en retour de l'amener dans son univers à lui.

L'ADDICTION AU JEU VIDEO

Parmi les autres invités de l'émission, dans le camp des "contre", on comptait également un médecin de la Clinique Marmottan (mais pas le Dr Marc Valleur pour une fois !) qui soigne les jeunes accros aux jeux vidéo et se prétend submergé de demandes.
D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec ce Monsieur un jour, sur un forum, et j'en ai profité pour lui demander de m'indiquer clairement combien de patients victimes d'addiction au jeu vidéo l'hopital Marmotant avait traités jusqu'à présent... mais il a refusé de répondre.
Bien sûr, il est important d'aider les personnes en détresse qui trouvent refuge dans le jeu vidéo de manière pathologique, mais j'en ai assez que la télévision tente de faire passer ces cas extrêmement rares pour une généralité, comme si ce risque guettait tous les joueurs.
Heureusement, l'immense majorité des joueurs "s'adonne" aux jeux vidéo avec modération...
Une étude réalisée par la SOFRES en Novembre 2006 montre qu'en France, les amateurs de jeux vidéos jouent en moyenne 5h45 par semaine (moins de 3 h par semaine pour la moitié d'entre eux), alors que les français regardent la télé 3h30 par JOUR (soit 24h30 par semaine !).

http://www.afjv.com/press0611/061122_marche_jeux_video_fr...

Il est quand même assez étonnant de voir que c'est le jeu vidéo qui est considéré comme une addiction alors qu'on passe quatre fois plus de temps devant la télévision sans se poser de questions !

J'étais donc sincèrement curieux de savoir combien de personnes sur les 13 millions de joueurs qu'on compte en France présentaient de réels problèmes d'addiction, mais je n'ai pas réussi à obtenir de réponse de la part du médecin de Marmottan...
Pour que le service de Marmottan, composé, j'imagine d'une demie douzaine de psychologues spécialisés (là encore mon interlocuteur n'a pas daigné préciser leur nombre) soit "submergé de demandes", une vingtaine de cas suffiraient, ce qui représente une quantité négligeable...
"Négligeable" statistiquement, mais pas à négliger pour autant...
Je suis évidemment le premier à prôner la modération en matière de jeux vidéo, et à soutenir toutes les initiatives qui permettent d'aider les joueurs qui s'enferment dans le jeu vidéo.
Je refuse en revanche qu'on dise que ces gens sont malades "à cause du jeu vidéo" alors que l'abus de jeu vidéo n'est finalement que le symptôme d'un malaise profond.
Pour ces rares cas pathologiques, la passion exagérée du jeu vidéo n'est souvent q'un refuge qui permet de fuir une réalité difficile (disfonctionnements familiaux, inadaptation sociale, pression des études, etc.), de la même façon que d'autres trouvent refuge dans les collections de Pin's ou l'amour de Claude François sans qu'on s'en inquiète outre mesure à l'hôpital Marmottan.


L'INTERDICTION TOTALE DES JEUX VIDEO POUR ADULTES

L'autre grand sujet de la soirée c'était le projet de loi déposé au mois de novembre dernier par trois députés - brillants d'habitude - de l'UMP (Bernard Depierre, Lionnel Luca, et Jacques Remiller) visant à interdire totalement en France la vente de jeux vidéo déconseillés aux moins de 18 ans.
Là, les trois gaillards avaient fait fort en balançant carrément des affirmations mensongères pour étayer leurs propos...
Voilà par exemple comment le député Bernard Depierre décrit le jeu Rules of Rose :
"L'action du jeu Rules of Rose se situe dans un pensionnat anglais dans les années 1930. Le but du jeu incarne un sadisme et une perversion inacceptables : il s'agit de violer dans les plus horribles conditions une petite fille puis de la torturer avant de la tuer dans la pire des souffrances. Celui qui aura fait preuve de l'ignominie la plus infâme, la plus répugnante, remporte la partie".
Evidemment il n'est pas absolument pas question de violer ni de tuer des petites filles dans ce jeu, qui est un survival-horror conçu pour plonger un joueur seul dans une ambiance angoissante à la Tim Burton, et en aucun cas un jeu multi-joueurs façon "Mario Party" où chacun rivaliserait de perversion pour faire un score !
A la place de l'éditeur du jeu je porterais plainte pour diffamation.

S'appuyant donc sur des affirmations mensongères, nos trois députés réclament l'interdiction totale des jeux vidéo "violents" déconseillés aux moins de 18 ans.
Or nos trois pieds nickelés, qui s'inquiètent naturellement de la mauvaise influence que peuvent avoir les jeux vidéo violents sur les enfants, font tous les trois partie du groupe d'étude sur la chasse de l'assemblée nationale et ne semblent pas inquiets du fait qu'en France on ait le droit à 15 ans d'avoir un permis de chasse qui vous autorise à avoir une vraie arme entre les mains les mains pour tuer de vrais êtres vivants.
Pire, en Novembre 2002 Lionnel Luca et d'autres députés demandaient la suppression de l'interdiction de chasser le mercredi en s'appuyant sur des arguments qui me semblent quelque peu discutables venant de la part d'ardents défenseurs de la protection de l'enfance face à la violence ...
Je cite :
"Interdire la chasse le mercredi, un jour où les enfants sont libres, contribue à couper un peu plus les jeunes de la nature. La pratique de la chasse est un moyen de mieux connaître la faune, et d'apprendre à respecter certaines règles de protection de notre patrimoine cynégétique. La chasse n'est pas seulement une tradition du monde rural, à laquelle nous sommes attachés, mais également une forme irremplaçable d'éducation à la nature, dans une ambiance de convivialité et d'échanges entre les générations."
Personnellement, je trouve une partie de Mario Kart en famille autrement plus saine et conviviale qu'une battue au sanglier ou la mise à mort d'une biche.
Mais le plus triste c'est que nos adeptes de la non violence (virtuelle uniquement) ont obtenu gain de cause puisque leur proposition a été adoptée en 2003 !
Désormais les enfants de 15 ans peuvent à nouveau flinguer des lapins innocents le mercredi, et avec un peu de chance toucher au passage d'autres enfants qui eux préfèrent faire du vélo dans les bois le mercredi.
Là encore il faudra qu'on m'explique comment on peut considérer que tuer de vrais animaux pour le plaisir est une activité saine qui enseigne le respect de la vie, et en même temps s'offusquer contre le fait qu'on puisse s'amuser à faire semblant de tirer sur quelques pixels représentant la plupart du temps des extraterrestres belliqueux ou de méchants nazis désireux d'envahir le monde.
Comment peut-on croire sincèrement qu'une manette de jeu est plus dangereuse qu'un vrai fusil ? (avec tout ça, vous allez penser que je suis un anti-chasse, alors que pas du tout, je tiens juste à mettre en avant quelques incohérences de raisonnement)
Je suis sûr que nos chers députés ont oublié le temps où eux même jouaient aux cow-boys et aux indiens dans les bacs à sable en prenant un bâton pour en faire un fusil et dégommer des "peaux-rouges" (un bon vieux classique).
Le bâton a été remplacé par des consoles à 400 Euros et les enfants d'aujourd'hui ont heureusement un sens du discernement et un second degré plus développé que celui des générations précédentes, ce qui leur permet de ne jamais confondre le jeu et la réalité.

À l'issue du débat, le public de l'émission, qui votait pour répondre à la question du jour : "Faut il avoir peur des jeux vidéo ?" a répondu non à 62 %.
Au début de l'émission, seulement 57% avaient répondu non à cette même question.
Si les téléspectateurs de l'autre côté du poste réagissent de la même façon ce soir, on pourra alors se dire que pour une fois, une émission de télé aura un peu fait avancer la cause du jeu vidéo !

Sur cette bonne nouvelle chers petits amis, je vous laisse en espérant que vous ayez passé de joyeuses fêtes de Noël !
Je pense que la déferlante de Wii qui s'est abattue dans les cheminées nous promet de sacrés progrès dans le domaine de la convivialité entre les générations !

;-)